Critique : RBG – Conviction

RBG : Affiche du documentaire sur laquelle on découvre un portrait façon pop art de Ruth Bader Ginsburg.

Véritable icône des temps modernes, Ruth Bader Ginsburg est devenue en 1993 la deuxième femme nommée à la Cour Suprême des États-Unis. Aujourd’hui âgée de 85 ans, la juge est perçue comme l’un des plus gros symboles de la lutte contre les discriminations sexistes aux USA. Entre 1973 et 1976, l’ancienne avocate a notamment remporté notamment cinq cas sur six de discriminations portés devant la Cour Suprême.

La carrière de Ruth Bader Ginsburg est tellement dense qu’il était impossible de tout retracer en un peu plus d’1h30 de documentaire. Pour dresser un portrait exhaustif de la juge américaine critiquée en 2016 pour avoir qualifié Donald Trump d’« imposteur », les réalisatrices Betsy West et Julie Cohen ont axé RBG sur la personnalité de cette femme hors du commun.

Portrait de Ruth Bader Ginsburg, en tenue de juge, fait pour le documentaire RBG.

Dans ce long-métrage passionnant qui retrace son parcours de manière chronologique – ce qui n’est en rien un défaut puisque son ascension est totalement cohérente -, on découvre d’abord les préceptes que Ruth Bader Ginsburg a reçus de ses parents, et notamment ceux de sa mère qui a toujours prôné l’indépendance des femmes à une époque où elle semblait encore totalement absurde pour une grande partie de la population américaine.

L’implication dans le travail est l’un des autres aspects de son éducation que la juriste n’a cessé d’appliquer et qui ne cesse d’ailleurs d’impressionner son entourage. Constamment en activité, que ce soit pour donner une conférence ou pour effectuer une performance scénique, The Notorious RBG – surnom repris de Biggie Smalls, rappeur originaire de Brooklyn, comme elle – semble ne jamais s’arrêter et est surtout toujours autant guidée par ses engagements.

À travers des témoignages et des images d’archives, RBG retrace l’incroyable carrière d’une femme qui a su être le témoin de son époque pour mieux tenter de la faire progresser, en devenant par exemple en 1972 la co-fondatrice du « Women’s Rights Project », inspiré par le mouvement des droits civiques.

Photo de la juge siégeant à la Cour Suprême Ruth Bader Ginsburg, qui se trouve devant une fenêtre.

En plus de dépeindre avec des interventions toujours captivantes les actions de ce véritable modèle d’acharnement devenu une dissidente politique malgré elle, RBG dévoile par ailleurs la vie personnelle extrêmement touchante de la juge. Réservée, Ruth Bader Ginsburg a été mariée pendant plus de 50 ans à Martin Ginsburg, éminent avocat fiscal qui n’a jamais hésité à faire passer sa carrière au second plan pour que son épouse puisse gravir les échelons. Couple moderne qui semble avoir toujours préféré rire de cette situation plutôt que de s’en vanter, les Ginsburg ont vécu une histoire d’amour qui occupe une place fondamentale dans le film.

Leurs rapports révèlent la discrétion de Ruth Bader Ginsburg, qui n’hésitait pas à se mettre en retrait durant leurs apparitions publiques, en raison d’une timidité que son mari décédé en 2010 semblait savoir préserver à merveille. Ce trait de caractère n’a en tout cas jamais empêché RBG de faire valoir ses idées calmement à son auditoire, même lorsque ce dernier tenait des positions ultra conservatrices, voire totalement rétrogrades. Son élégance, associée à un argumentaire en béton lors de ses plaidoiries, est d’ailleurs elle aussi totalement perceptible dans ce documentaire actuel à ne pas rater, d’autant plus depuis que Brett Kavanaugh a obtenu son siège à la Cour Suprême des États-Unis.

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Critique : En Guerre – Solutions locales pour un désordre global

Affiche d'En Guerre de Stéphane Brizé, sur laquelle on découvre le visage de Vincent Lindon, qui paraît extrêmement déterminé.

Après avoir imposé de nombreux sacrifices financiers à ses employés et malgré un bénéfice record, la direction de l’usine Perrin, basée à Agen et spécialisée dans la sous-traitance automobile, décide de mettre la clef sous la porte. Porte-parole des 1100 salariés sur le point d’être licenciés, Laurent Amédéo met tout en œuvre pour qu’ils puissent récupérer leur emploi.

Avec En Guerre, Stéphane Brizé signe probablement son long-métrage le plus immersif et le plus prenant, qui révèle à merveille son alchimie avec Vincent Lindon. Dès la première séquence, durant laquelle les employés expliquent aux médias les raisons de leur colère, qui ne cesseront d’être minimisées dans chacun des interludes reprenant le format des chaînes d’information, le comédien est immédiatement reconnaissable parmi la foule.

Très rapidement, les caméras du réalisateur se resserrent sur l’acteur, sans pour autant délaisser les comédiens non professionnels, qui ne déméritent pas et rendent le travail de préparation autour des dialogues extrêmement ciselés et percutants totalement perceptible, sans que leur jeu ne paraisse démonstratif ou poseur. Au contraire, le réalisme et le naturel auxquels aspire Stéphane Brizé ont rarement été aussi bien retranscrits dans sa filmographie.

Photo tirée du film En Guerre sur laquelle Vincent Lindon est au centre, en train de participer à une manifestation.

À mesure que la lutte sociale s’intensifie, Laurent Amédéo redouble d’efforts et l’utilisation de la longue focale rend à la fois compte de l’étouffement auquel il tente de faire face et le besoin de combattre, lisible en permanence sur son visage. Ce ressenti trouve son point culminant lors d’une confrontation avec les CRS à Paris, où les salariés décident de monter pour tenter d’entamer des négociations avec un dirigeant influent, durant laquelle le porte-parole fait tout pour garder son sang-froid alors que le poids des corps qui s’entrechoquent est palpable.

Lors des séquences de discours, le spectateur oublie parfois qu’Amédéo est présent, jusqu’à ce qu’il prenne la parole pour appuyer un point précis du débat ou pour lancer un contre-argument à ses opposants. Ce sont aussi ces longues scènes d’échanges qui dévoilent l’implication d’un personnage qui ne faiblit à aucun instant, y compris lors de ses rares moments d’accalmie, et qui le rendent extrêmement touchant. Elles révèlent par ailleurs l’énorme travail de documentation fait par Stéphane Brizé et son co-scénariste Olivier Gorce, qui ne tombent à aucun moment dans la caricature à travers les situations abordées.

Photo tirée du film En Guerre sur laquelle on voit le visage de Vincent Lindon, que l'on devine au coeur d'un rassemblement.

La musique de Bertrand Blessing qui résonne lors des moments de révolte face aux injustices amplifie par ailleurs la tension permanente d’un long-métrage au rythme soutenu. Elle préfigure même une conclusion que le spectateur ne voit absolument pas venir et qui témoigne de l’engagement total du personnage principal. Sans prendre parti lors des débats, Stéphane Brizé donne son point de vue sur le sujet du film en collant au maximum à Laurent Amédéo, personnalité jusqu’au-boutiste dans sa façon de toujours faire passer son individualité au second plan.

Les rares séquences où il évoque ou passe du temps avec sa famille, et dans lesquelles il ne dévoile jamais le poids de ses responsabilités, contrecarrent habilement les images des chaînes d’informations ou celles filmées par un smartphone. La mise en parallèle de ces scènes diamétralement opposées appuie avec brio sur le décalage entre la mise en contexte que le sujet mérite et la facilité avec laquelle le traitement médiatique le réduit pour n’en garder que les frasques, déformant ainsi profondément son essence. En cela, En Guerre représente une très belle réussite, en plus du fait que le long-métrage nous rappelle que Vincent Lindon est l’un de nos comédiens les plus précieux.

En Guerre est à (re)découvrir en DVD et Blu-Ray.

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Critique : Otages à Entebbe – Desperate Hours

Affiche d'Otages à Entebbe sur laquelle on voit les personnages incarnés par Daniel Brühl et Rosamund Pike, que l'on ne distingue pas clairement étant donné qu'ils sont dans l'obscurité, sous l'avion détourné.

En juin 1976, un vol Tel Aviv-Paris est détourné par des membres du FPLP (Front populaire de libération de la Palestine) et du Revolutionäre Zellen. Alors que les otages sont retenus à l’aéroport d’Entebbe, en Ouganda, le gouvernement israélien ordonne aux forces militaires de préparer une opération pour les libérer.

Après les interventions pour le moins musclées des deux volets de Tropa de Elite et la présentation d’un Detroit fasciste et ultra-sécuritaire du décevant RoboCop, le cinéaste brésilien José Padilha continue d’explorer l’utilisation des policiers et militaires à des fins géopolitiques. Le réalisateur revient cette fois-ci sur un épisode majeur du conflit israélo-palestinien à travers différents points de vue, faisant quasiment passer les forces militaires israéliennes à l’origine d’une opération qui secoua le monde entier au second plan.

Photo tirée du film Otages à Entebbe de José Padilha, sur laquelle Rosamund Pike et Daniel Brühl surveillent les otages retenus dans l'ancien terminal d'Entebbe.

La forme d’Otages à Entebbe paraît classique dans le sens où la narration est scindée entre les sept jours de la prise d’otages. Elle permet cependant au réalisateur de présenter de manière exhaustive la pluralité des enjeux politiques et humains. D’un côté, les membres du FPLP et les deux Allemands sont convaincus du bien-fondé du détournement censé servir une cause qu’ils jugent nobles. D’un autre, Idi Amin Dada, qui avait pris le pouvoir de l’Ouganda cinq ans plus tôt, voit une occasion de briller avec ce chapitre de l’Histoire. A mesure que les jours passent, le dictateur se rend cependant bien compte que le fait d’avoir accueilli les preneurs d’otages pourrait nuire à certaines de ses relations diplomatiques. Enfin, Padilha se penche également sur les différentes motivations du gouvernement israélien, au sein duquel certains souhaitent un accord de paix, à l’image du Premier ministre Yithzak Rabin, tandis que d’autres comme le ministre de la Défense Shimon Perez prônent une intervention rapide.

En plus de ces preneurs de décision qui se démarquent tous par leur refus de neutralité et par une volonté de tirer profit des faits, que ce soit pour servir leur cause ou pour marquer un geste politique fort, se dressent les personnes qui se retrouvent malgré elles impliquées dans l’événement, à savoir l’équipage Air France, les otages et un militaire des forces israéliennes. En multipliant les points de vue, José Padilha parvient à éviter toute prise de position et toute morale, essayant plutôt de dépeindre la confusion autour de l’événement, renforcée par une absence totale de dialogue entre les différents camps qui débouchera sur l’assaut final.

Photo tirée du film Otages à Entebbe sur laquelle on découvre les militaires israéliens en action lors du raid.

Malgré la complexité du sujet et l’envie de le décrire de façon objective et exhaustive, à aucun moment Otages à Entebbe ne perd son spectateur. Le réalisateur parvient même à faire naître l’émotion à travers des scènes de dialogues entre les otages et Brigitte Kuhlmann et Wilfried Böse, interprétés par les excellents Rosamund Pike et Daniel Brühl, deux révolutionnaires allemands qui se présentent comme des « humanitaires » et dont l’engagement et les idéaux sont dévoilés de façon efficace à travers de courts flashbacks. Elle est renforcée lorsque Kuhlmann et Böse voient le détournement leur échapper totalement au moment où les otages sont triés en fonction de leur religion et leur nationalité.

Au-delà de l’appropriation de la prise d’otages opérée par chacun des camps et des réponses politiques et militaires qui s’ensuivent, le spectateur retient surtout le chaos ambiant du long-métrage, ce qui rend l’absence de prise de position de Padilha totalement cohérente. La scène finale, qui alterne entre l’assaut brutal enchaînant les ralentis et un ballet de la Batsheva Dance Company sur la chanson traditionnelle Echad Mi Yodea, finit d’appuyer cette sensation de confusion et d’incohérence inhérente à la plupart des œuvres de José Padilha. Otages à Entebbe confirme donc que le réalisateur est à l’aise pour filmer le tumulte de manière radicale et faussement maladroite, rappelant ainsi une nouvelle fois que la diplomatie est un leurre qui peine à être dissimulé.

Otages à Entebbe est à (re)découvrir en DVD et Blu-Ray à partir du 25 septembre 2018.

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Critique : Les Frères Sisters – Frangins malgré eux

Affiche des Frères Sisters de Jacques Audiard, sur laquelle les deux héros s'éloignent à cheval d'une grange enflammée, dans la nuit.

Charlie et Eli Sisters sont deux tueurs à gages employés par le mystérieux Commodore. Lorsque, ce dernier les charge de retrouver et d’abattre Hermann Kermit Warm, un prospecteur qui aurait trouvé une formule chimique permettant de dégoter de l’or facilement, une longue traque de l’Oregon à la Californie débute.

Après le mal-aimé Dheepan, relecture moderne du western injustement boudée à sa sortie, Jacques Audiard reste dans un genre qui ne lui était jusque-là pas familier et auquel il n’avait pas vraiment envie de s’essayer. C’était sans compter sur l’appel de John C. Reilly et son épouse Alison Dickey, qui ont proposé au cinéaste d’adapter le roman de Patrick DeWitt.

Avec ce long-métrage, le réalisateur d’Un Prophète démontre une nouvelle fois sa capacité à mettre sa mise en scène au service de protagonistes sublimes qui ne vont jamais dans les directions où le spectateur les attend. Lors d’une sanglante introduction nocturne magnifiée par la photographie de Benoît Debie, Audiard dévoile d’emblée les talents des frères Sisters, particulièrement efficaces lors de leurs exécutions même si certaines d’entre elles se révèlent parfois hasardeuses.

Photo tirée des Frères Sisters de Jacques Audiard sur laquelle John C. Reilly vise avec un revolver en direction de l'objectif.

D’un côté, Charlie est le leader qui semble n’avoir aucun état d’âme et dont l’ambition est d’un jour prendre la place de son commanditaire. De l’autre, Eli paraît nettement plus candide, trait de caractère pourtant loin d’être en accord avec sa profession, et rêve d’un avenir plus doux et éloigné d’une destinée qui semble toute tracée. Entre eux, la communication est au point mort même s’il est impossible pour le spectateur, et ce dès les premières minutes, des les imaginer séparés.

Jacques Audiard axe donc son récit et l’évolution de ses protagonistes sur une réconciliation indispensable à leur survie, qui leur permettra d’enfin se libérer d’un passé traumatisant. S’il n’a aucun mal à filmer les grandes étendues espagnoles et roumaines, qui font parfaitement illusion, le réalisateur se concentre souvent sur les visages de ses personnages, qui en disent aussi long sur eux que leurs nombreuses conversations qui tournent parfois à vide et révèlent ainsi habilement leurs contradictions.

Si la traque devient secondaire par rapport à la relation entre les deux frères, c’est elle qui leur permettra de changer, en offrant notamment à Eli la possibilité de récupérer son droit d’aînesse. Cela ne se fera évidemment pas de façon simple et la trajectoire des Sisters est marquée par une poisse qui les suivra jusqu’à la fin, et qui s’exprime soit par le biais de la nature, soit par leurs fautes, soit par les actes de leurs ennemis. En cela, leur odyssée rappelle celle de Jeremiah Johnson ou des récents et magnifiques Blackthorn et True Grit.

Photo tirée des Frères Sisters de Jacques Audiard sur laquelle Joaquin Phoenix se tient debout dans la nuit.

La cruauté inhérente au récit évoque par ailleurs celle des westerns d’Arthur Penn, influence revendiquée par Audiard, en partie parce que les personnages ne peuvent y échapper et décident d’y répondre à leur façon. En raison de tourments familiaux qui ne cessent de le suivre, Charlie plonge par exemple à corps perdu dans les tueries comme le faisait Jack Nicholson dans Missouri Breaks. Néanmoins, au-delà de la noirceur ambiante se construit également une histoire d’amitié inattendue et un parcours fraternel extrêmement touchant.

Les Frères Sisters se termine notamment sur un faux plan séquence magistral qui fait remonter toute l’émotion enfouie pendant le reste du film. Dans cette conclusion bouleversante, les Sisters tuent enfin leur père au sens figuré après que Charlie l’ait fait au sens propre enfant. S’ils ne sont en rien épargnés, les deux frères magistralement incarnés par John C. Reilly et Joaquin Phoenix ont donc enfin droit à l’apaisement duquel ils avaient été jusqu’ici privés. C’est d’ailleurs ce que voulait le spectateur grâce au regard de Jacques Audiard, qui réussit à nous convier à leur voyage et à nous donner l’impression de les connaître comme peu de cinéastes en sont capables.

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Critique : Sugarland – Nouvelle Cuisine

Affiche de Sugarland de Damon Gameau, sur laquelle la Terre n'est autre qu'une pomme d'amour.

Pendant 60 jours, Damon Gameau s’est appliqué à manger l’équivalent de 40 cuillères à café de sucre, nutriment qu’il avait totalement supprimé de son alimentation depuis plusieurs années. Comme prévu, l’acteur et réalisateur australien a vu son corps se dégrader à toute vitesse et a tenu à partager cette expérience avec des spectateurs à travers le long-métrage Sugarland.

Documentaire qui reprend la formule de Super Size Me de Morgan Spurlock, le film de Damon Gameau ne surprend malheureusement pas par sa forme, ni par son propos. Dans la mesure où les études sur la dangerosité du sucre se multiplient, Sugarland risque en effet de ne rien apprendre aux spectateurs adultes, que ce soit sur le côté addictif de la substance ou sur le fait qu’elle est l’une des plus efficaces pour boucher nos belles artères.

Photo tirée du documentaire "Sugarland" de Damon Gameau, sur laquelle on découvre un amas de morceaux de sucre sur une table.

Néanmoins, le long-métrage ne masque jamais sa volonté éducative et prend le temps de dépeindre tous les effets des friandises et autres sodas, mais également d’aliments apparemment sains, sur notre santé. Cela passe notamment par de courts interludes menés par des stars telles que Hugh Jackman, Isabel Lucas ou encore Stephen Fry, qui se prêtent au jeu pour faire passer de façon ludique le message évident du film.

Assisté par des médecins inquiets vis-à-vis de sa démarche de se placer en cobaye, Damon Gameau voit son dynamisme battre de l’aile à mesure que les jours passent. A la fin du documentaire, le spectateur a le sentiment que le réalisateur est tout simplement déprimé à cause de ses nouvelles habitudes alimentaires. Mais au-delà de son évolution personnelle, c’est lorsqu’il va à la rencontre de communautés isolées qui ont fait les beaux jours des industriels que le documentaire se révèle le plus captivant. L’objectif de ces rencontres est notamment de réfléchir à des alternatives possibles et parfois mises en place, même si certaines ont abouti sur des échecs cuisants en raison de la pression exercée par les lobbys.

Photo tirée du documentaire Sugarland de Damon Gameau, sur laquelle le réalisateur se trouve en miniature dans son cerveau.

Hélas, tous ces moments passionnants sont plombés par la démarche personnelle de Gameau, qui finit par devenir agaçante. Le clip qui conclut le film, dans lequel le cinéaste se met en scène dans la peau du sucre machiavélique au cours d’un rap médiocre, renforce d’ailleurs le sentiment que l’entreprise est aussi égocentrique que didactique. À l’image des passages nous immergeant dans le corps humain façon L’aventure intérieure et Il était une fois la vie, cette chanson plaira sans doute davantage aux plus jeunes, cible principale de ce documentaire qui réussit quoi qu’il en soit à aborder un problème de santé publique et ses nombreux enjeux de manière volontairement simple.

Sugarland est disponible en DVD depuis le 4 septembre 2018.

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