Critique : 21 Jump Street – 17 ans encore

Affiche du film 21 Jump Street sur laquelle les deux policiers incarnés par Jonah Hill et Channing Tatum sont assis sur le capot de leur voiture sur le parking de leur lycée.

Après la réappropriation des Muppets par l’hilarant Jason Segel (Sans Sarah rien ne va !), c’est au tour d’un autre acteur comique de dépoussiérer un univers mythique de sa génération. Il s’agit de Jonah Hill, jeune comédien talentueux qui tient une place importante dans le paysage de l’humour américain, que vous avez pu voir dans Supergrave ou Le stratège, et qui décide de remettre à jour 21 jump street.

Nous n’avons jamais regardé la série. Il faut dire qu’en France, au début des années 90, on préférait se pencher sur Hélène et les garçons ou Les filles d’à côté, qui avaient toutes les deux nettement plus d’allure et profitaient de leurs quelques années d’écart avec le show américain pour affirmer leur modernité. Mais fort heureusement, la compréhension du scénario s’est avérée plutôt facile.

Jenko et Schmidt ont eu une expérience opposée durant leur scolarité au lycée. Pendant que l’un était une véritable star, l’autre subissait les brimades de ses camarades. Lorsqu’ils se retrouvent tous les deux au concours d’entrée de l’école de police, ils se lient d’amitié et comprennent qu’ils sont complémentaires puisque l’un a les muscles et l’autre le cerveau. Malheureusement, leur début de carrière n’est pas vraiment comme ils l’avaient envisagé. Quand leur supérieur décide de les envoyer en infiltration dans un lycée pour démanteler un trafic de drogue, c’est le début d’une rechute dans un monde qui a fini par les dépasser.

Avec son exposition rapide et dynamique, ses ruptures de rythme aboutissant sur des gags réussis et la complicité de ses deux acteurs principaux, 21 jump street démarre bien. Humour potache, irrévérence totalement assumée, on reconnaît la patte de Jonah Hill, également co-scénariste. L’œuvre parodie assez bien les buddy movies qui ont nourri l’artiste pendant son adolescence et n’hésite pas à leur rendre hommage ouvertement, même si elle n’a aucunement la prétention de les égaler. Ne vous attendez pas à un Die Hard 3 ou à L’arme fatale à l’école, vous risquez d’être déçus. Hill préfère se concentrer sur l’humour, même si vous aurez l’occasion d’assister à quelques séquences d’action, mises en scène de manière assez plate mais qui ont au moins le mérite de nous faire rire. On est agréablement surpris, et ce jusqu’à la fin, de voir que les auteurs ont apporté un côté trash assez improbable pour un long métrage de ce calibre. Comme le récent Votre majesté, porté par Danny McBride (Kenny Powers), 21 jump street détourne intelligemment les codes du genre pour toujours faire ressortir le côté comique.

En revanche, si vous ne supportez pas la vulgarité américaine, ce film n’est absolument pas pour vous. Voir un mec ramassé sa kékette en morceaux avec ses dents, ça fait toujours plaisir mais ça risque d’en énerver quelques uns. Hélas, même s’il joue bien avec les clichés de l’adolescence et que les situations au sein de l’établissement sont dans l’ensemble originales, 21 jump street est malheureusement trop long et parfois répétitif pour convaincre pleinement. A l’inverse de Very Bad Cops avec Will « Dieu » Ferrell, qui allait jusqu’au bout de son délire, l’œuvre n’échappe pas à un certain conformisme. Vous aurez droit à la scène de teuf au ralenti sur le tube de LMFAO et au schéma habituel de ce genre de comédies qui intègre toujours une rupture entre les personnages avant l’éternelle réconciliation.

21 jump street ose un humour gras que nous aimons particulièrement mais qui peine à convaincre dans notre joli pays raffiné. Le gros point fort du film, ce sont ses deux têtes d’affiche, en particulier Channing Tatum (G.I. Joe) qui prouve que l’autodérision lui va bien. Même si la volonté de Jonah Hill d’utiliser son modèle pour se l’adapter sous un angle rafraichissant est bien visible, le long métrage n’évite pas certains stéréotypes qui pourront lui porter préjudice lors de sa sortie en salles, le 6 juin prochain.

Ce contenu a été publié dans Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *