Critique : 360 – L’effet papillon

Affiche du film 360 de Fernando Meirelles rappelant une ronde sur laquelle de nombreuses photos des personnages principaux sont visibles.

360 marque le retour de Fernando Meirelles, réalisateur salué par la critique et le public pour des œuvres telles que La cité de Dieu ou The constant gardener. Cependant, le  metteur en scène brésilien n’avait malheureusement pas convaincu avec Blindness, qui reçut un accueil très mitigé et ne rencontra pas le succès escompté. Il y a quelques semaines, son dernier film débarquait dans nos salles au même moment que The Dark Knight Rises et juste après The Amazing Spider-Man et L’âge de glace 4. L’œuvre est passée inaperçue malgré un casting solide. Est-elle sortie au mauvais moment ? Est-ce à cause de sa campagne de promotion quasiment inexistante ? Ou bien Meirelles a-t-il une nouvelle fois déçu son public ?

Dans 360, plusieurs individus se croisent aux quatre coins du monde. Certains se rencontrent, d’autres se retrouvent, se perdent, mais tous sont liés sans le savoir. Leurs décisions et leurs choix, même les plus insignifiants, auront des répercussions qui bouleverseront la vie des autres, de leurs proches mais aussi d’inconnus.

En s’attaquant au film choral, Meirelles opte pour un choix difficile et risqué car le genre a déjà été exploré sous de nombreux aspects. Il se penche sur la pièce La Ronde d’Arthur Schnitzer et la modernise, reprend son propos pour l’ancrer à notre époque. Comme dans l’œuvre originale, il est ici sujet d’amour, de couples en perdition, à l’image de celui interprété par le duo formé par Rachel Weisz (The fountain) et Jude Law (Closer), de personnes bloquées par leurs convictions, leur métier, qui décideront ou non d’aller vers l’être aimé. Tous les protagonistes sont bien développés, leurs histoires sont bien traitées mais Meirelles ne parvient pas à susciter notre émotion, sauf peut être lors d’un monologue brillamment effectué par Anthony Hopkins ou durant les scènes finales, très réussies. Les acteurs sont pourtant tous remarquables, en particulier ceux qu’on ne connaît pas, à l’image de Maria Flor ou Vladimir Vdovichenkov, deux révélations à suivre.

Meirelles s’attarde tellement sur la forme qu’il en délaisse le fond. Sa réalisation est extrêmement maîtrisée, subtile et il réussit à terminer cette ronde sans se perdre. Il cadre serré, opte pour un découpage dynamique qui n’est jamais trop lourd ou pesant. On sait où le cinéaste veut en venir mais on ignore où il va nous emmener, même si certains parcours sont assez logiques. Il effectue un très bon exercice de style et sa réalisation est plus séduisante que celle d’un film comme Collision, qui misait tout sur son scénario très consensuel. Il ne manquait qu’à Meirelles des personnages plus vivants, moins fades et des enjeux plus importants. Jamais durant le long métrage nous n’avons été pris aux tripes comme dans Short Cuts, Traffic ou Magnolia. Meireilles a trop privilégié la technique pour mettre en avant son analyse sur la relation de cause à effet et a oublié de nous immerger dans une histoire prenante.

360 est un film intéressant, irréprochable au niveau de la mise en scène et du jeu d’acteurs mais qui ne réussit pas à nous passionner, à cause de son scénario qui ne contient pas l’intensité des précédents longs métrages de son cinéaste. Néanmoins, si vous en avez marre des dessins animés et des bourrinades de l’été, jetez-y un coup d’œil, il en vaut largement la peine.

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