Critique : Argo – La confirmation

Affiche du film Argo qui mêle le paysage d'Hollywood, le visage du héros incarné par Ben Affleck et la prise d'otages du film.

Il y a quelques années, on était les premiers à cracher sur Ben Affleck et son visage gras qu’il exhibait avec tristesse dans des bouffonneries comme Daredevil ou Amours Troubles. Puis, en 2007, il nous filait une belle claque avec Gone Baby Gone, drame dur et poignant avec lequel il révélait son petit frère Casey Affleck (Gerry) au grand public. En 2010 il renouvelait l’exploit avec le polar The Town, qui prenait de nouveau place dans sa ville de Boston et s’avérait être un très bon film de gangsters avec des enjeux et des personnages classiques mais très bien développés. Pour le coup, Affleck s’offrait le premier rôle et ça lui allait plutôt bien. Il retente aujourd’hui l’expérience avec Argo, qui change complètement d’univers puisqu’il nous embarque dans le Hollywood et l’Iran des années 70. Finalement, comment vont les rouflaquettes et les pattes d’eph à ce bon vieux Ben ?

Téhéran, 1979. L’ambassade des Etats-Unis est assiégée. Les occupants souhaitent le retour du Shah, réfugié aux USA, pour organiser son jugement et le tuer. 52 personnes sont prises en otage. Six américains réussissent à s’échapper et à se cacher dans la demeure de l’ambassadeur canadien. Activement recherchés, ils sont conscients qu’ils sont en danger de mort. Exfiltreur professionnel, Tony Mendez va alors imaginer un plan pour les sortir de là. Il ira lui-même à Téhéran pour tenter l’opération de sauvetage.

En portant une barbe, une infâme coupe de cheveux et en choisissant le nom de Tony Mendez, Ben Affleck se tirait une balle dans le pied. Et pourtant, malgré ces trois ridicules fardeaux, il parvient à dégager une classe inhabituelle, qu’il n’a jamais réussi à avoir malgré toute sa bonne volonté dans Armageddon ou Pearl Harbor. Comme dans The Town ou The Company Men, il incarne un héros au grand cœur et l’on ressent une certaine naïveté dans son traitement du personnage, qui fait contraste avec la violence du sujet et la vision cynique du Hollywood des 70’s. Malgré tout, le comédien rend Mendez attachant et Affleck fait un bel hommage à l’homme à l’origine de cet événement.

Photo de John Goodman, Alan Arkin et Ben Affleck dans le film Argo. Les trois personnages trinquent avec un verre de whisky dans un appartement.

On ne peut que saluer le générique, qui nous rappelle quelque peu celui du Royaume et dresse un bilan de la situation politique en Iran et des relations qu’entretient le pays avec les Etats-Unis dans les années 70. Après cela, nous assistons à une séquence d’introduction prenante et stressante. Affleck confirme encore une fois qu’il est un metteur en scène brillant et Argo comporte probablement certaines des séquences les plus tendues de l’année. On ne va pas crier au chef d’œuvre mais en tout cas, c’est du cinéma à l’ancienne, efficace, instructif et divertissant. Que demander de plus ?

Comme dans tous ses films et malgré la noirceur du propos, Affleck n’oublie pas un élément important, l’humour. Grâce aux personnages d’Alan Arkin (Sunshine cleaning) et John Goodman (The Big Lebowski), le long métrage comporte une coolitude comme on n’en fait plus à l’image de celle que dégageaient des oeuvres comme L’inconnu de Las Vegas. On ajoute à cela des enjeux intéressants et des personnages investis façon Les hommes du président et l’on obtient ce petit coup de cœur que représente Argo, film qui ne se la pète pas et qui sait faire plaisir à son spectateur.

Après des années de haine, de lettres d’insultes et de tentatives de meurtre ratées, on a fini par apprécier Ben Affleck. Le type intelligent qui avait écrit à l’époque le script de Will Hunting semble être revenu pour de bon. Même les traversées du désert ont leurs avantages.

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