Critique : Astérix & Obélix, Au service de sa Majesté – C’est reparti !

Affiche du fim Astérix et Obélix Au Service de Sa Majesté sur laquelle les personnages principaux sont alignés devant le drapeau de la Grande Bretagne. La troupe menée par Vincent Lacoste est visible en bas de l'affiche et court vers l'objectif pour une bataille.

Astérix au cinéma, c’est pas la joie. Mis à part celui d’Alain Chabat, on peut clairement dire que les autres sont des daubes franchouillardes. Mais évidemment, quand une saga fait des millions d’entrées à chaque épisode, on continue de l’exploiter, surtout quand on sait que le public sera au rendez-vous puisque le petit blond fait partie de notre patrimoine culturel. Cette fois-ci, on change tout, enfin presque, puisque l’on garde tout de même Depardieu qui incarne ce bon vieux Obélix mieux que personne. Laurent Tirard (Molière) a-t-il réussi un blockbuster populaire ou a-t-il encore plus enfoncé une série de films dont on ne retiendra finalement pas grand chose ?

Lorsque César envahit la Bretagne, la Reine du pays décide d’envoyer son fidèle serviteur Jolitorax chercher les irréductibles gaulois Astérix et Obélix pour un petit coup de main. Les deux compères en profiteront pour emmener un tonneau de potion magique et Goudurix, un adolescent rêveur à qui ils comptent bien apprendre la virilité et le goût pour les combats.

Ce nouvel opus surpasse aisément le premier réalisé par Claude Zidi et la catastrophe des Jeux Olympiques. Plus subtil que ses prédécesseurs, Tirard opte pour une certaine légèreté qui n’était aucunement présent dans les deux films cités même si certains gags s’avèrent bien trop lourds et récurrents pour nous convaincre. En choisissant Edouard Baer (Mensonges & Trahisons), il redonne au personnage un charisme depuis longtemps disparu et l’acteur apporte au héros une sensibilité et un côté dépressif réjouissants. Pour une fois, Depardieu, toujours à l’aise, n’éclipse pas son compère et les deux bonhommes forment un duo sympathique. Tirard appuie sur le côté « vieux couple » des partenaires sans trop forcer et leur relation est certainement la plus réussie de la saga. La meilleure surprise vient cependant de Vincent Lacoste (Les beaux gosses) qui vole la vedette à tout le monde avec son rôle d’adolescent en pleine puberté et nous fait toujours autant rire.

Photo d'Edouard Baer et Gérard Depardieu dans Astérix et Obélix : Au Service de Sa Majesté. Les deux héros sont dans une demeure en bois et regardent avec interrogation un troisième protagoniste.

Lucchini (Dans la maison) lâche quelques punchlines savoureuses, Tirard fait des références humoristiques à la situation actuelle bien senties. Malheureusement, tous ces gags se perdent dans un scénario inexistant qui tourne en rond et provoque l’ennui profond du spectateur. On a l’impression que certains seconds couteaux tels que Dany Boon (Bienvenue chez les ch’tis) ou Bouli Lanners (Louise Michel) sont là pour faire leur petite vanne mais leurs rôles n’ont pas d’utilité. Sur la fin, Tirard les sacrifie et les oublie. On n’a rien contre Catherine Deneuve (Les demoiselles de Rochefort), Guillaume Galienne (Narco), Valérie Lemercier (Les visiteurs) ou Charlotte Le Bon mais les entendre parler avec un accent anglais pendant tout le long métrage qui paraissait déjà suffisamment long, ça finit par taper sur le système. A part quelques romains qui s’envolent, il n’y aura rien à se mettre sous la dent au niveau des scènes d’action et le périple se révèle bien plat même si les deux protagonistes principaux sont bien traités. L’univers de Goscinny et d’Uderzo a beau être respecté, on reste persuadé que celui qui s’est le mieux approprié leur travail, c’est Chabat avec Mission Cléopâtre même s’il est également celui qui se détachait le plus des bandes dessinées.

Au final, Astérix & Obélix – Au service de la majesté comporte quelques bonnes idées et l’on ressent l’implication du metteur en scène qui souhaite avant tout rendre hommage aux deux créateurs. Malheureusement, ces bons côtés se perdent dans un ensemble trop mou et bâclé qui nous laisse sur notre faim. Ce n’est pas le désastre espéré mais c’est déjà oublié et dépassé.

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