Critique : Attack the Block – Alienz ‘n the Hood

Affiche du film Attack The Block par Joe Cornish. Nous y voyons les héros du film devant leur bâtiment, prêts à le défendre d'une menace qu'on ne voit pas. Des météorites semblent tomber du ciel.

Réalisé par Joe Cornish, l’un des scénaristes du Tintin de Spielberg, Attack the block est un film d’horreur britannique, véritable surprise au croisement de Shaun of the Dead (2004) et de la série Misfits.

Le film démarre avec une scène semblable au début de The Thing (1982) de John Carpenter, où l’on voit un alien débarqué sur terre, sur fond de musique électronique. Mais la rupture se fait très vite. Ici nous ne sommes pas au pôle nord mais dans la banlieue londonienne. Ce n’est pas une équipe de scientifiques que nous allons suivre, mais de jeunes teenagers qui vont tout faire pour défendre leur bloc. Enfin, il n’y aura pas qu’une seule créature mais des dizaines.

Dans les premières scènes, nous sommes témoins de l’agression d’une femme orchestrée par la bande. Ils seront par la suite obligés de faire équipe pour s’en sortir. Les créatures débarquent par une nuit de feux d’artifice autour du bloc. Personne ne les voit mise à part nos antihéros. Le schéma est classique. Le spectateur est conscient qu’il finira par apprécier ces jeunes moins méchants qu’ils n’y paraissent et tous interprétés par des acteurs charismatiques. Mais cela n’empêche pas le film de fonctionner.

Ponctué de scènes gores et d’autres drôles, le long métrage ne perd jamais son rythme et c’est en cela qu’il se rapproche des autres oeuvres d’Edgar Wright. Cependant, il contient plus de points communs avec l’excellente série britannique Misfits dans le sens où le scénario est basé sur un élément fantastique autour duquel de nombreux sujets annexes sont développés. Photographie tirée de la saison 2 de la série Misfits. Noys y voyons tous les héros regarder vers l'objectif. Un mystérieux homme costumé les surplombe. Dans la série, les personnages principaux sont eux aussi de jeunes antihéros forcés d’accomplir des travaux d’intérêt général et qui seront par la suite dotés de pouvoirs. Là ou Misfits aborde toujours avec humour des thèmes aussi larges que la religion, la vieillesse ou la drogue, Joe Cornish a su, sans jamais tomber dans le ridicule, insérer des messages sur la tolérance et la situation sociale en Angleterre.

Enrichi de personnages secondaires remarquables dont le génial Nick Frost, compère de l’équipe de Joe Cornish et Edgar Wright, Attack the block est un film avec un véritable contenu. Ce qui aujourd’hui n’est pas le cas de la plupart des œuvres horrifiques qui bénéficient souvent d’un meilleur budget et d’une meilleure distribution, notamment dans l’Hexagone. Cela ne peut qu’enrichir la « mauvaise » réputation du cinéma de genre. Et pourtant, un film d’horreur peut contenir beaucoup plus de qualités qu’une masturbation auteuriste…

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3 réponses à Critique : Attack the Block – Alienz ‘n the Hood

  1. « Entre Shaun of The Dead et Misfits ». Ou comment me donner une envie folle de voir un film.

  2. Je l’ai regardé hier soir, c’est effectivement une bonne surprise ! On retrouve donc un peu de l’univers de Misfits, en bien plus « gangsta » puisque dans ce film ce sont des vrais ghetto-youth alors que les Misfits sont juste des losers paumés.
    Après comme on dit, ce film ne casse pas des briques : le jury du festival de Cannes lui chierait probablement dessus, mais c’est un très bon moment, 1h30 pas perdue !
    J’approuve.

    • Kévin Romanet dit :

      Eh ben figure-toi qu’il a eu pas mal de prix dans les festivals qui s’intéressent à ce genre de films ! C’est pas un chef d’œuvre, mais il y a quelques trouvailles et une ambiance, contrairement à certains remakes (Griffes de la nuit…) !

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