Critique : Battleship – Le jour où la mer s’arrêta

Affiche du film Battleship sur laquelle Taylor Kitsch et Rihanna sont lourdement armés sur un porte-avion. Des vaisseaux extraterrestres sont visibles dans le ciel.

Depuis sa sortie, plusieurs débats sur le film de Peter Berg ont eu lieu. Assistons-nous à une montagne d’effets spéciaux venue couvrir un scénario qui dépasse les limites de la stupidité ? Ou au contraire, sommes-nous en train de visionner un grand spectacle ultra jouissif qui n’hésite pas à remettre en cause tous les ingrédients des productions de Michael Bay (Transformers) avec un second degré omniprésent ?

Dès le début du film, j’ai d’abord penché pour la première option. Images sérieuses de la NASA façon Armageddon, explications foireuses des scientifiques qui sont là uniquement pour justifier la présence des aliens, tout y est. Lorsqu’on découvre un Taylor Kitsch (Friday Night Lights, John Carter) séduisant Brooklyn Decker (Le mytho), la Megan Fox du film, on se dit qu’on est bien parti pour assister à deux heures qui feront baver les beaufs. Quand la bande de kékés derrière moi s’est mise à siffler dès la première apparition de l’actrice, je me suis dit que c’était foutu. Puis est venue cette fameuse réplique : « J’aimerais un burrito au poulet ». Ensuite, j’ai vu Kitsch cavaler comme un dératé pour aller lui chercher cette foutue tortilla de maïs. Evidemment, j’ai été ému par cet acte d’amour et de sincérité. Mais, avant de tomber dans le piège, j’ai réussi à me faire l’inception de prendre tout le long métrage au quinzième degré afin d’éviter la lobotomisation.

Photo de Brooklyn Decker et Taylor Kitsch s'étreignant dans le film Battleship de Peter Berg.

Battleship, c’est l’histoire de trois navires de l’US Navy qui jouent à la Bataille navale contre des extraterrestres. Mais comment Peter Berg a-t-il réussi à rendre cette adaptation du jeu d’Hasbro intéressante ? C’est justement à travers toute sa crétinerie et son inutilité que Battleship réussit à susciter notre intérêt. Rempli de personnages secondaires qui en font volontairement des caisses (on espère) mais qui sont mal exploités, à l’image d’un Liam Neeson (Taken) cabotin comme jamais dans le rôle de l’amiral, d’idées aussi débiles que jouissives comme l’utilisation de vétérans de la Seconde Guerre Mondiale pour la résolution du conflit, le long métrage n’hésite pas à repousser les limites de la bêtise pour nous faire rire et nous captiver.

Du côté des combats, le film met le paquet et les scènes d’action sont lisibles, visuellement irréprochables et beaucoup moins lourdes que celles de Transformers 2. On retiendra d’ailleurs un faux plan séquence magistral qui vaut largement le détour. On se prend même à aimer les séquences justifiant l’adaptation de la Bataille navale qui sont agrémentées de la bande originale réussie de Steve Jablonsky. Moins gras, moins long, mais pas plus intelligent, on préfère Battleship aux derniers Michael Bay car sa volonté de ne pas se prendre au sérieux est beaucoup plus affirmée. Taylor Kitsch est convaincant dans le rôle de cet abruti à qui on a envie de donner des claques du début à la fin mais qui parviendra à sauver le monde. Pour ses débuts au cinéma, Rihanna la joue badass et alimente l’image de bad girl qu’elle véhicule. Toutes les répliques de durs, c’est elle qui se les cogne, jusqu’à l’excès, et là encore on se dit que Peter Berg n’a pas fait ce choix sans arrière pensée comique. En revanche, pour ce qui est de Brooklyn Decker et Alexander Skarsgard (Les chiens de paille), ils sont transparents, et l’intrigue secondaire de la première n’est là que pour justifier sa présence, c’est bien dommage.

Photo de Rihanna tirant à la mitrailleuse sur un bateau dans le film Battleship de Peter Berg.

Battleship, c’est sûr que ça ne vaut pas une dictée de Bernard Pivot. Mais Peter Berg prouve, comme il l’avait fait avec Bienvenue dans la jungle ou Hancock, qu’il sait mettre en scène des blockbusters crétins et sympathiques. A voir, après une dure journée de labeur ou après avoir réussi le mot croisé du 20 minutes.

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