Critique : Bienvenue à bord – En essayant de trouver un titre drôle, pourrais-je tomber aussi bas que le film ?

Affiche de Bienvenue à bord d'Eric Lavaine sur laquelle les personnages principaux posent sur le bateau.

Cette année, le cinéma français a connu plusieurs tentatives artistiques qui ont rencontré pas mal de succès et pas mal de prix comme The Artist, Polisse, La guerre est déclarée, Intouchables et bien d’autres. Mais n’oublions pas que de beaux matchs cinématographiques inutiles et vains ont également eu lieu, comme l’affrontement entre les deux Guerre des boutons mais surtout ces deux comédies de bateaux qui se sont battues pour leurs titres : La Croisière et Bienvenue à bord.

C’est de ce dernier dont nous allons parler, à l’occasion de sa sortie en DVD et du naufrage du Costa Concordia, que l’on pouvait présager avec ce résultat filmique. En voyant le nom du réalisateur, Eric Lavaine, on rit avant même d’avoir ouvert le lecteur. On avait trouvé marrant le festival Dubosc dans Incognito, oeuvre la plus subtile du cinéaste, c’est dire. Mais rappelons-nous de Poltergay, et surtout de l’immonde beauferie  Protéger et servir, tous les deux avec le porté disparu Clovis Cornillac.

Tout commence avec une voix off. Celle de Valérie Lemercier. Ah, on l’aime bien Valérie, on se remémore son sketch avec Les Nuls, dans lequel Alain Chabat lui crache dessus. Mais ici, on sent que l’on va plutôt se rapprocher d’Agathe Cléry. Voire même pire. Elle nous présente une galerie de personnages tous plus caricaturaux les uns que les autres, prenant place dans un scénario pitoyable dont la seule chose qui ressortira est la suivante : les Croisières, ça coute cher. Evidemment, on ne peut s’empêcher de rire de Dubosc. Ce ne sont pas ses répliques qui nous titillent, mais son faciès. Et à chaque marrade, c’est la culpabilité qui s’installe.  « Je ris devant ce film, je vais être décridibiliser, je ne connais rien au cinéma… ». L’angoisse, le malaise. Mais que fait Darmon à bord de cette noyade ? Low Cost et celui-ci la même année. On aura toujours nos souvenirs de La cité de la peur, de ses clapiottes et de son doigt de whisky pour rattraper tout ça. Mais il faut que ça cesse.

Je me souviens avoir vu un reportage sur le montage du film, dans lequel Lavaine racontait sa façon de procéder. En voyant le découpage catastrophique, je me dis qu’il a dû tailler le bout de gras avec l’intervieweur après le tournage du reportage (meilleur que le film) et que son stagiaire n’a pas su comment gérer les boutons et le logiciel. Devant la parodie de Titanic, inévitable, je comprends alors que j’assiste à la suite d’un véritable chef d’œuvre : le magnifique Cinéman. A la fin, le seul débat qui se posera dans ma tête est le suivant : lequel est le pire ?

Bienvenue à bord, c’est pas tip top du tout, et ça rejoint les bonnes poilades franchouillardes de l’année précédente que furent Rien à déclarer et L’élève Ducobu. Il faut de tout pour faire un cinéma français.

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