Critique : Broken City – Rotten Apple

Affiche du film Broken City sur laquelle nous voyons Mark Wahlberg et Russell Crowe côte à côte avec un montage photo de New York au second plan. Wahlberg tient une arme tandis que Crowe le regarde avec un air sombre.

Dans les années 70, les films sur les scandales politiques saupoudrés d’espionnage faisaient partie des meilleures œuvres de l’époque et restent aujourd’hui inégalés. Des longs métrages comme Les hommes du président ont marqué leur temps et l’on constate que de nombreux jeunes réalisateurs s’en inspirent et tentent de leur rendre hommage. Celui qui a le mieux réussi son incursion dans le genre ces dernières années reste Kevin Macdonald avec l’excellent Jeux de pouvoir, déjà avec Russell Crowe. On retiendra également le sublime Ghost Writer du maître Polanski mais ce dernier n’en était pas vraiment à son coup d’essai.

Aujourd’hui, Allen Hugues se sépare de son frère Albert avec lequel il avait mis en scène le culte Menace II Society et l’efficace From Hell pour réaliser Broken City, une œuvre moins subtile que celles citées précédemment mais agréable et prenante.

On y suit le parcours de Billy Taggart, un ancien flic mis à la porte pour le meurtre d’un violeur. Devenu détective privé, Billy est engagé quelques années après sa suspension par le maire de New York, Nicholas Hostetler, pour découvrir qui est l’amant de sa femme (Catherine Zeta-Jones). Comme c’est souvent le cas dans ce genre d’affaires sordides, Billy va être embarqué dans une terrible machination et va devoir de nouveau sortir les armes pour s’en sortir.

Broken City est en effet moins subtil que ses prédécesseurs dont nous venons de parler car son scénario est beaucoup moins complexe et s’avère relativement prévisible. Les pourris, nous savons dès le départ de quel côté les chercher. Nous sommes loin du scandale du Watergate et même si Hugues tente de mettre l’aspect social en avant grâce à une intrigue évoquant des trafics immobiliers, le spectateur n’y accorde que peu d’importance et Broken City s’impose plus comme une série B de qualité que comme un brulôt contre le système politique américain. Il faudrait comparer le long métrage aux Marches du pouvoir plutôt qu’aux Hommes du président. En revanche, le film se prend moins au sérieux que celui de Clooney qui pouvait décevoir par son twist simpliste.

Photo de Mark Wahlberg dans le film Broken City. Près d'une rive de New York, l'acteur est face à l'objectif et semble enquêter.

L’intérêt de Broken City réside dans l’évolution du personnage de Mark Wahlberg qui se retrouve seul face à l’homme qui souhaite conserver le pouvoir coûte que coûte. Ce dernier est incarné par un Russell Crowe cynique et cabotin et son rôle peut être rapproché de celui qu’il tenait dans Mensonges d’état. Wahlberg est quant à lui excellent et ses différents choix (Ted, Fighter) prouvent qu’il prend du recul par rapport à sa carrière. Le comédien n’hésite pas à choisir des œuvres modestes qui n’ont aucune autre vocation que celle de divertir leur public. Son comportement vis à vis d’un acteur dans Broken City prouve qu’il a acquis une certaine maturité et qu’il n’est plus le prétendu bad boy de ses débuts. C’est également un plaisir de revoir Barry Pepper (True Grit) et Jeffrey Wright (Syriana), deux éternels seconds couteaux à qui l’on ne peut jamais rien reprocher. Hugues prend le soin d’éviter tout manichéisme et de ne pas conclure son long métrage avec l’éternel happy end hollywoodien.

Broken City manque clairement de rythme et l’on espérait mieux du cinéaste qui a secoué le public au début des années 90. C’est dommage surtout lorsqu’on voit le casting prestigieux qui était à sa disposition. Malgré tout, dire que l’on s’est ennuyés serait un mensonge et ce petit film classique pourra aisément combler une soirée pluvieuse.

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