Critique : Cadavres à la pelle – Glousse Brothers

Affiche de Cadavres à la pelle de John Landis dans lequel Simon Pegg, Isla Fisher et Andy Serkis mettent

Cadavres à la pelle est le dernier film de John Landis. Le cinéaste a réalisé Le loup garou de Londres, Hamburger film sandwich et les Blues Brothers. C’est donc l’un des meilleurs réalisateurs des années 70-80. N’étant pas revenu au long métrage depuis douze ans après un passage par plusieurs séries et la case Masters Of Horror (qui a permis à pas mal de grands auteurs comme lui de pouvoir refaire dans le gore), il a décidé de revenir aux genres qu’il maîtrise parfaitement, la comédie et l’horreur, pour ce nouveau projet.

Avec Cadavres à la pelle, Landis adapte l’histoire de Burke & Hare, deux loubards en rade d’argent qui décident de tuer de pauvres innocents pour vendre les corps. Pour le moment, tout ça est plutôt habile. En plus de ça, il réussit à engager Simon Pegg, l’un des meilleurs acteurs comiques anglais (Hot Fuzz, Mission Impossible 4), et Andy Serkis, au faciès qui ne laisse pas indifférent lorsqu’il n’est pas déguisé en gros singe qui se traîne sur l’Empire State ou en petit crawler en slip amoureux d’une bague. Encore une fois, les présages ne peuvent être que positifs.

Photo de Simon Pegg et Andy Serkis mettant un cadavre dans un tonneau dans le film Cadavres à la pelle.

Dans les premières scènes on découvre cette capitale d’Ecosse qu’est Edimbourg dans les années 1820 et les deux acolytes en panne d’inspiration pour se faire de la maille. Ils en font des tonnes, l’humour est grotesque à souhait, de drôles de caméos ont lieu lorsque les zygotos découvrent leur vocation. Mais rapidement, on ne peut s’empêcher de penser que la comédie a vingt ans de retard. Certes, Landis le fait volontairement. Le problème est qu’il n’apporte rien de nouveau et que les effets de mise en scène ont déjà été utilisés, à l’excès parfois. La déception s’installe. Les meurtres ne sont ni gores, ni tordants. Les vannes finissent par ne plus faire l’effet escompté malgré ma bonne volonté et mon envie d’y croire. L’aspect amoral de l’œuvre, qui veut que les meurtres participent (en quelque sorte) à la bonne évolution de la société, est exploité mais jamais l’on n’atteindra un politiquement incorrect digne du nom du metteur en scène. Le film n’a pas dû bénéficier d’un énorme budget et cela se ressent à travers les décors plutôt limités. Sans être mauvais, Cadavres à la pelle ne nous surprend en rien durant la première heure et les quinze premières minutes de la deuxième. Il n’est pas désagréable, mais tellement convenu. Puis viennent les dix dernières minutes où l’on se réveille, où tout va très vite et où on laisse place à une fin qui elle, est plutôt originale. Quelle tristesse ! Ô infamie ! Pourquoi n’était-ce pas comme cela pendant la première heure et les quinze premières minutes de la deuxième ?

Cadavres à la pelle est comme son titre, son affiche et cette critique, c’est ringard et dépassé. Mais ça reste sympathique. Après la déception The Ward du Maître Carpenter, c’est le deuxième film qui prouve que ces auteurs ont du mal à trouver leur place dans le paysage du cinéma actuel, à l’image d’autres génies comme Joe Dante (Gremlins), Richard Donner (L’arme fatale) ou John McTiernan (Die Hard). Et l’on est quasiment certain que ce n’est pas vraiment de leur faute.

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