Critique : Comme des frères – Sur la route

Affiche du film Comme des frères d'Hugo Gélin sur laquelle les quatre comédiens principaux s'étreignent sur un montage rappelant une affiche cornée.

Il a l’air sympa Nicolas Duvauchelle. On avait l’habitude de le voir dans des rôles dramatiques intenses façon Braquo ou Polisse et depuis qu’on a découvert une nouvelle facette du personnage dans l’agréable Mariage à Mendoza, on aurait presque envie de l’inviter boire un café et de discuter quelques minutes avec lui. Ce sentiment n’est pas commun avec les acteurs français. On ne convierait pas Dany Boon chez Courtepaille. On aurait presque peur d’aller se faire un grec avec Benoît Poelvoorde. Mais c’est différent avec Duvauchelle. Il fait partie de cette génération de trentenaires mal rasés qui dégagent une certaine nonchalance et que beaucoup apparentent à des bobos parisiens suffisants. On les comprend. Mais en le voyant se marrer sur l’affiche de Comme des frères avec Coluche, on a voulu connaître l’origine de cette poilade et savoir ce qui pouvait leur donner la pêche à ce point.

Pourtant, on ne rit pas vraiment lorsque le long métrage démarre. On retrouve les trois trublions du poster à un enterrement, celui de leur meilleure amie Charlie. S’ils avaient tous une relation particulière avec elle, Charlie représentait pour les trois un équilibre et un rempart auquel ils se rattachaient constamment. Pour lui rendre hommage, les trois hommes qui ne se connaissent pas décident de faire le voyage qu’ils avaient planifié avec elle.

Les road movies sont à la mode en ce moment en France. Après le fabuleux 10 jours en or avec le grand Franck Dubosc (oops !), après le succès surprise Radiostars et avant Mariage à Mendoza, Comme des frères est arrivé en salles et aujourd’hui en DVD et nous prouve que même si elle connaît une grosse panne d’inspiration, la comédie française peut encore nous réserver de jolis moments.

Oscillant entre flashbacks dans lesquels nous découvrons les rapports que les compères avaient avec la jeune fille et leur périple, Comme des frères bénéficie d’une réalisation assez habile et efficace mais qui appuie malheureusement trop sur les émotions. Certaines séquences larmoyantes gâchent parfois notre plaisir et font contraste avec l’alchimie que les comédiens parviennent à dégager. Evidemment, certains passages sont obligatoires comme l’annonce de la maladie ou la découverte de la mort et s’ils sont toujours joués avec justesse, c’est du côté de la mise en scène qu’il y a un problème. Hugo Gélin met le paquet sur les moments dramatiques et ce manque de subtilité représente le gros point faible du film.

Photo de François-Xavier Demaison, Pierre Niney et Nicolas Duvauchelle dans le film Comme des frères. Les trois acteurs rient ensemble sur une falaise près de la mer.

Par ailleurs, Comme des frères parvient à être populaire sans tomber dans la beauferie et s’il est loin d’être parfait, il amène tout de même un brin de fraicheur dans un cinéma qui se regarde et se contente d’enchaîner les daubes sous prétexte que « les familles françaises ont besoin de légèreté sur grand écran ». Malgré le sujet pesant, c’est avec le sourire que l’on termine le film et cela grâce au casting qui est ici un sans faute. Il faut admettre que l’on n’est pas fans de François Xavier Demaison et Mélanie Thierry. Si le premier nous agace lorsqu’il est dans le cabotinage comme dans Tellement proches, la seconde nous paraît plate et insipide dans des œuvres telles que Babylon A.D. ou Chrysalis. Mais ici, tous ces défauts disparaissent et Demaison est d’une sobriété exemplaire tandis que Thierry est probablement le personnage le plus attachant de ce quatuor. Quant à Duvauchelle et Niney, rien à dire sur leurs performances, elles sont parfaites. On espère que Niney ne sera pas enfermé trop longtemps dans le rôle de l’éternel adolescent. Duvauchelle est clairement l’un des meilleurs comédiens de sa génération qui réussit à donner un intérêt à des longs métrages insipides comme Happy Few ou Parlez moi de vous.

Comme des frères est l’une des bonnes surprises DVD du moment, qui réussit à allier un humour intelligent et jamais vulgaire à un thème difficile qui aurait peut être mérité un traitement plus délicat. Même s’il est moindre, l’espoir est encore là.

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2 réponses à Critique : Comme des frères – Sur la route

  1. PKCiné dit :

    « Mais ici, tous ces défauts disparaissent ». Comme tu y vas. C’est surtout parce qu’on la voit peu.
    🙂

    • Kévin Romanet dit :

      Haha je parlais aussi pour Demaison ! %ais honnêtement j’ai été très agréablement surpris par les deux. Habituellement je ne les supporte vraiment pas 🙂

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