Critique : Contagion- Renforcez vos défenses naturelles

Affiche du film Contagion réalisé par Steven Soderbergh. L'affiche est jaunie pour représenter le sujet du film et évoquer la panique. Nous voyons les portraits des interprètes du film, qui semblent tous en alerte, malades ou inquiets.

Pour son nouveau film, Steven Soderbergh s’est attaqué à un sujet universel, la propagation d’un virus dans le monde entier et les conséquences que cela peut engendrer.

Pendant une heure et demie, nous suivons plusieurs personnages, de milieux et d’origines différentes, qui sont tous touchés directement ou non par le virus. Parmi eux, un homme (Matt Damon) venant de perdre sa femme, l’une des premières contaminées, qui essaye tant bien que mal de s’en sortir et de protéger sa famille ; plusieurs professionnels du domaine médical tentant de trouver un antidote et d’éviter une terrible épidémie (Fishburne, Winslet, Cotillard) ; un blogueur (Jude Law) défenseur de la théorie du complot qui aime titiller le gouvernement et qui finira par foutre la panade.

L’une des grandes forces du film, c’est bien sûr son casting quatre étoiles. Tous les interprètes, même les seconds rôles discrets comme Elliott Gould ou John Hawkes, sont excellents. Certains pourront penser que la multitude de personnages est une faiblesse et que le long métrage en devient brouillon. Cependant, c’est toujours avec plaisir que l’on suit les intrigues de chacun. A travers leurs regards, nous découvrons la difficulté pour les médecins de gérer une telle crise et d’y trouver un remède, la panique de la population face à un tel chaos ou chacun ne souhaite qu’une seule chose : s’en sortir et le caractère dangereux que peuvent prendre les réseaux sociaux.

Photographie de Jude Law tirée du film Contagion réalisé par Steven Soderbergh. Nous y voyons le personnage incarné par Jude Law déposer un flyer d'alerte sur une voiture. Il est en tenue spéciale afin d'éviter toute contamination et contact avec l'air extérieur.

Le réalisateur d’Ocean’s Eleven (2001) a donc la possibilité d’explorer de nombreuses pistes et de garder ses spectateurs captivés. C’est en cela que la multitude de protagonistes demeure une idée cohérente et efficace. Le principal défaut du long métrage est de concentrer son récit principalement sur les Etats Unis dans sa deuxième partie alors qu’une vision globale du monde aurait été plus pertinente. La fin bâclée laisse également le spectateur sur sa faim.

Contagion n’en reste pas moins un bon film doté d’une mise en scène paranoïaque qui nous montre avec brio que chacun de nos gestes peut aboutir à de terribles conséquences. Vous êtes prévenus : lavez-vous les mains et mangez vos cinq fruits et légumes par jour.

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4 réponses à Critique : Contagion- Renforcez vos défenses naturelles

  1. Quentin dit :

    Je l’ai vu hier soir, et pour ma part, j’ai été plutôt déçu… J’ai trouvé que le film était trop concentré sur les aspects scientifiques, qui comme dans la plupart des films de ce genre, sont plutôt compliqués et je me suis lassé plutôt vite (la VO sous-titrée espagnol aidant aussi).
    J’aurais préféré que le film soit un peu plus concentré sur la lutte pour la survie, notamment autour du personnage joué par Matt Damon et sa fille (ce qui aurait pu rappeler légèrement On the road). D’ailleurs, Damon est excellent, c’est vraiment mon « histoire » préférée.
    Pour moi, les histoires parallèles n’ont pas été assez développées : on voit finalement moins Damon que Fishburne et ses potes scientifiques, et l’histoire de Cotillard passe presque complètement à la trappe…
    Après, il y a forcément des très bons côtés : j’ai adoré la scène d’ouverture avec tous les gros plans sur les mains des gens touchant divers objets du quotidien et le fait de suivre quelques malades dont l’état empire petit à petit, ça a le don de mettre mal à l’aise.
    En tout cas, ce film devrait être synonyme de jackpot pour les marques de gel antibactérien, c’est vrai qu’on en ressort un peu parano!

    • Kévin Romanet dit :

      C’est vrai que le gros point faible du film c’est le manque de développement des personnages et au final on reste centrés principalement sur les États Unis. Après son traitement scientifique c’est une approche pas très originale mais que Soderbergh assume jusqu’au bout, même s’il bâcle la fin. Une approche comme The Road aurait été aussi efficace, mais il y en a eu plusieurs ces deux dernières années (Infectés, The Crazies, 28 semaines plus tard)…

      • Quentin dit :

        Ouais c’est bien ce que je me disais, cette approche aurait été un peu déjà vu… toi aussi alors, tu penses que la fin est bâclée?? J’étais en mode « What the fuck?! » quand le générique a commencé!

  2. Quentin dit :

    Tout ça pour dire que même si c’est un bon film j’attendais mieux de Soderbergh 🙂

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