Critique : Attaque à Mumbai – Du sang et des larmes

Affiche du film Attaque à Mumbai, sur laquelle on découvre les visages en détresse des personnages principaux, ainsi que l'hôtel Taj Mahal en flammes.

En novembre 2008, une série d’attentats terroristes a lieu à Bombay. Après avoir attaqué plusieurs lieux publics, certains assaillants se regroupent au prestigieux Taj Mahal Palace Hotel, dans le but d’éliminer ses clients et ses employés. Un groupe de survivants parvient alors à se réunir et se mettre à l’abri au cœur du palace. Parmi ces individus se trouvent le Chef cuisinier de l’hôtel ainsi que l’un des serveurs, qui vont tout faire pour protéger les rescapés pendant trois jours.

Premier film d’Anthony Maras, qui s’était déjà intéressé à ce sujet avec le court-métrage The Palace, Attaque à Mumbai revient sur les attentats ayant provoqué la mort de 179 victimes dans le centre financier indien. Le long-métrage s’ouvre sur les assaillants arrivant dans la ville avant de se séparer pour attaquer différents lieux extrêmement fréquentés, parmi lesquels la gare centrale ainsi qu’un restaurant touristique. En parallèle, Le cinéaste s’intéresse à la vie de personnes ordinaires qui s’apprêtent à vivre l’enfer à l’intérieur du Taj, à commencer par Arjun, serveur incarné par Dev Patel.

Photo de Dev Patel dans Attaque à Mumbai, sur laquelle on le voit marcher, visiblement bouleversé, dans une rue de Bombay quadrillée par les autorités. Sa chemise est tâchée de sang.

L’équilibre qu’il parvient à trouver dans cette ouverture, partagée entre tension et développement des protagonistes bref mais suffisamment évocateur, Anthony Maras réussit à le conserver tout au long du film. Une fois que les personnages principaux sont réunis dans l’hôtel après les assauts brillamment mis en scène, à l’image de l’attaque glaçante du Léopold Café, le rythme ne faiblit jamais et l’attachement au groupe hétérogène de survivants ne fait que croître.

Le réalisateur ne cherche en aucun cas à masquer la cruauté des terroristes, mais ne tombe pas pour autant dans le voyeurisme. À l’intérieur de ce lieu réservé aux privilégiés, le cinéaste souligne le fait qu’une telle menace met un terme à toute notion de caste, et ramène les victimes à la même échelle. Si le message paraît facile et évident, la violence de certaines séquences permet au propos de prendre de l’ampleur, au même titre que l’entraide naissante entre les rescapés. Le besoin de solidarité de ces différentes personnalités, brillamment communiqué par des comédiens remarquables, rappelle par ailleurs la nécessité de s’unir, inhérente à certains classiques du film catastrophe tels que La Tour Infernale.

Photo tirée du film Attaque à Mumbai, sur laquelle on voit trois terroristes avancer dans l'un des couloirs de l'hôtel Taj Mahal.

Anthony Maras s’intéresse également au comportement et aux motivations des terroristes, qui occupent une place aussi importante que leurs victimes dans le film. Guidés au téléphone par leur donneur d’ordres, les assaillants ont eux aussi des personnalités opposées. Pendant que certains nourrissent leur haine, d’autres sont progressivement pris par la peur et les regrets.

Malgré leurs états d’âme, leurs craintes, leurs instincts et leurs moments de bravoure mis en exergue intelligemment par le réalisateur, les nombreux protagonistes d’Attaque à Mumbai n’échappent jamais à la fatalité des événements. C’est cette notion qui ressort avant tout du long-métrage. Ce drame haletant et sans prétention dépeint en effet cette triste réalité en s’intéressant avant tout à la psychologie de ses personnages. Il évite par ailleurs les effets de style outranciers, héritiers de Paul Greengrass (Vol 93, Green Zone), qui rappellent à chaque instant que les faits ont bien eu lieu. En contournant ces écueils et en privilégiant la dimension humaine de son récit, le film fait naître l’émotion naturellement chez le spectateur, jusqu’à la conclusion poignante et libératrice.

Attaque à Mumbai est à découvrir en e-cinéma à partir du 4 juilllet 2019.

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