Critique : Captain America, Civil War – Jarhead

Affiche de Captain America - Civil War. Nous avons le bouclier de Captain America et devant se tiennent en face à face les deux camps adverses menés par Chris Evans et Robert Downey Jr.

Après avoir démoli les buldings du monde entier pendant quelques heures de films, les Avengers prennent conscience des victimes collatérales qui ont subi leurs affrontements. Tony Stark a vaincu son traumatisme mais est mis face aux dégâts que lui et ses compères ont causés. Il va alors proposer aux autres super-héros un traité qui permettrait que leurs actions soient régies par les Nations Unies. Captain America est le premier à s’opposer à ces accords.

Si la ligne politique prise dans la première partie justifie de sympathiques séquences à l’image de la mission d’introduction, elle est rapidement oubliée au profit de conflits beaucoup plus intimes. Au lieu de se concentrer sur la légitimité des Avengers à opérer seuls ou sur le contrôle d’institutions corrompues par de sombres intérêts, les frères Russo préfèrent traiter leur film avec un schéma plus classique, celui de la vengeance personnelle comme base de tout antagonisme et de la scission du groupe.

Photo de Chris Evans et Robert Downey Jr. dans le film Captain America - Civil War. En tenue de super-héros, les deux acteurs sont face à face et semblent tendus.

Cette ligne permet aux réalisateurs de ne jamais sortir des sentiers battus et de faire de Captain America : Civil War un divertissement familial où les oppositions ne sont jamais réellement marquées et dans lequel on ne trouve aucun signe de transgression. Cela n’empêche pas à l’œuvre de comporter des passages et des personnages très réussis à l’image de Black Panther. Certains protagonistes sont creusés alors que d’autres n’apparaissent que lors de la tant attendue bataille qui, au lieu de renforcer le désaccord, n’est qu’un festival où chacun y va de sa petite vanne et dévoile tous ses talents.

Le paradoxe de Captain America : Civil War est à l’image de cette bataille. Les personnages souffrent, les coups sont lourds mais personne n’est à terre. Quand c’est le cas, il ne faut pas attendre bien longtemps avant que la situation ne redevienne légère. Le long métrage démarrait sur une problématique d’envergure mondiale mais se termine autour de quatre protagonistes. Cette manière qu’ont les films Marvel de voir large avant de resserrer leur récit et de malmener leurs héros sans jamais les torturer continue de nuire à l’évolution des personnages et à l’impact que pourrait avoir ces œuvres bien trop sages.

Photo d'Anthony Mackie, Paul Rudd, Jeremy Renner, Chris Evans, Elizabeth Olsen et Sebastian Stan dans le film Captain America - CIvil War. L'équipe de Captain America court dans un aéroport, prêts à affronter l'équipe d'Iron Man.

Captain America : Civil War comporte pourtant beaucoup d’éléments intéressants. Ils sont parfois gâchés par des bavardages pompeux où sont exposés avec un sens de la formule solennelle des états d’âme redondants. On retiendra néanmoins la présence d’un Tony Stark bien plus sobre et profond, qui retrouve quelque peu l’ambiguïté qui le caractérisait dans le premier Iron Man. En choisissant Daniel Brühl, les frères Russo nous ont présenté l’un des méchants les plus énigmatiques, les plus froids et les plus nuancés que l’on ait vu dans le Marvel Cinematic Universe.

De manière générale, les comédiens fournissent tous une interprétation solide et la trajectoire de Captain America laisse entrevoir des éléments intéressants pour la suite. Ces possibilités ambitieuses seront sans doute gâchées par l’esprit étriqué d’un studio dont les prouesses visuelles peinent à masquer le cloisonnement d’histoires en constante retenue.

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