Critique : Captain America, le Soldat de l’Hiver – Les incorruptibles

Affiche de Captain America : Le Soldat de l'Hiver sur laquelle nous voyons tous les personnages principaux sur un fond de bataille. Captain America est au centre et avance serein.

Nous sommes rarement sortis pleinement satisfaits du cinéma après la découverte d’un film Marvel. Cela n’est arrivé que deux fois, pour Iron Man et Captain America. On attendait beaucoup plus de ce deuxième volet des aventures de Steve Rogers que de n’importe quel long métrage des héros qui forment les Avengers.

L’ambiance sombre et paranoïaque, la présence de Robert Redford et d’un bad guy énigmatique nous donnaient l’impression que ce Soldat de l’Hiver était un long métrage plus adulte, moins lourd et moins calibré Disney. Alléluia, c’est le cas.

Ici, Captain America touche vraiment le fond. Le leader ultra charismatique qu’il était est obligé de se transformer en espion forcé de se cacher, traqué par une organisation corrompue jusqu’au plus haut point. S’il n’y a pas de réelles surprises au niveau du scénario, le déroulement des faits est très intéressant. C’est d’ailleurs la première fois que l’on est convaincus que chaque péripétie a sa place et que l’intrigue est cohérente du début à la fin dans un film sur l’un des Vengeurs.

On attendait que Nick Fury gagne en épaisseur et se dévoile. Le directeur du S.H.I.E.L.D devient enfin le personnage central qu’il mérite d’être et Samuel L. Jackson nous rappelle au passage qu’il est le maître en matière de coolitude. Il nous bluffe lors d’une scène d’action brillamment exécutée, à l’image de toutes les autres séquences du long métrage.

Photo de Chris Evans et Scarlett Johansson dans le film Captain America : Le Soldat de L'Hiver. En tenue de civils, Captain America et Black Widow semblent faire face à une menace et sont en alerte.

Dès l’ouverture, on sent que Captain America donne de vrais coups. Le Soldat de l’Hiver est plus sec et plus brutal que les précédents films Marvel. On pense notamment à une séquence au sein du S.H.I.E.L.D où personne n’est épargné. Anthony et Joe Russo ont choisi le meilleur traitement pour leur œuvre où les trahisons et les meurtres sont monnaie courante. L’hommage aux thrillers des 70’s est évident. La limite entre le patriotisme et le discours réactionnaire est bien abordée et l’on prend plaisir à retrouver ces questionnements dans un divertissement censé divertir un public très large. Au final, Le Soldat de l’Hiver est plus calibré pour les adultes que pour les mioches venus à la séance avec la figurine de leur personnage préféré. Les amateurs du Comics seront satisfaits et le film arrive à faire la passerelle entre les deux Avengers tout en ayant sa propre identité et en réussissant à faire évoluer ses héros.

Chris Evans s’affirme de plus en plus et abandonne toutes les phrases clichées qui nous énervaient profondément dans le premier opus. Le film est certes bourré de symboles mais le personnage n’hésite pas à remettre ses valeurs en question et à rouler pour sa pomme, ce que l’on n’aurait pu imaginer dans Avengers.

Côté casting, mis à part les blagues foireuses de Scarlett Johansson et des comédiens ridicules dans les scènes d’introduction, c’est un sans faute. Le Soldat de l’Hiver impressionne avec son attitude badass. On ne l’entend quasiment pas et c’est selon nous un avantage qui donne encore plus de mystère autour de son identité et surtout de ce qu’il est devenu. On l’avait déjà dit dans le passé mais Anthony Mackie est un comédien qui mérite plus d’attention. S’il est discret dans le rôle du Faucon, il s’impose tranquillement et réussit à envoyer quelques punchlines bien senties.

Captain America, le Soldat de l’Hiver est la meilleure suite que l’on pouvait imaginer au film de Joe Johnston. Les frères Russo sont, en termes de mise en scène, bien plus talentueux que Joss Whedon. Ils réussissent parfaitement à faire le lien entre le scénario du premier et l’intrigue du deuxième et nous laissent penser que Marvel est sur la bonne voie. Captain America semble s’être parfaitement adapté au monde moderne. Et ce dernier lui réussit plutôt bien.

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