Critique : Dernier Train pour Busan – Unstoppable

Affiche du Dernier Train pour Busan sur laquelle nous voyons une gare dévastée et des zombies sautant sur des hélicoptères.

Gestionnaire d’actifs, Seok-woo est un père absent qui s’éloigne de sa fille Su-an de jour en jour. Censé l’accompagner chez sa mère pour son anniversaire, Seok-woo devra la protéger durant un voyage dans un train rempli de zombies en direction de Busan, une ville apparemment à l’abri d’une terrible pandémie.

Les scènes qui précèdent l’entrée dans le train établissent des enjeux dramatiques simples. De l’apparition du virus jusqu’à l’arrivée d’un contaminé dans un wagon, Yeon Sang-Ho déclenche rapidement l’inquiétude du spectateur. Les protagonistes n’ont aucune idée de l’existence du virus et ne voient pas les curieux événements autour d’eux.

Photo de Yoo Gong dans le film Dernier Train pour Busan qui tente de protéger sa fille dans un train rempli de zombies.

Dès lors que les portes se ferment, l’horreur débute. Yeon Sang-Ho isole ses personnages comme Bong Joon-ho dans le génial Snowpiercer. A l’instar des protagonistes interprétés par Chris Evans et Song Kang-ho, les héros doivent remonter les wagons afin de survivre et retrouver leurs proches. Brillamment incarné par Yoo Gong (The Suspect), Seok-woo est le personnage principal confronté à son rôle de père durant un trajet chaotique mais ses alliés ont aussi des évolutions particulièrement bien amenées. A travers eux, le cinéaste évite tout manichéisme et montre aussi bien les actes salutaires que les réactions lâches et égoïstes.

Au lieu de se contenter de péripéties linéaires, le réalisateur provoque plusieurs ruptures de rythme. Il évoque avec ironie la culpabilité des actionnaires de l’entreprise responsable de la pandémie, la tentative de dédramatisation du gouvernement et la propagation du phénomène sur la toile. Alors qu’ils sont confinés, les héros prennent conscience de l’ampleur du drame et de la perte progressive des proches qu’ils pensaient à l’abri. Obligés de s’adapter à leurs ennemis, leurs parades sont ingénieuses et semblables à celles des humains reclus dans un supermarché dans Zombie et son remake L’armée des morts.

Photo des héros du film Dernier Train pour Busan sur laquelle les héros sont en route pour affronter des zombies.

Durant les nombreux affrontements féroces et jouissifs, le réalisateur fait durer ses plans fixes. La lisibilité est totale, tout comme l’implication du spectateur. La horde de morts-vivants qui encercle les personnages est oppressante mais ces derniers réagissent avec une bravoure donnant lieu à des scènes épiques. Une fois qu’il est attaché au petit groupe, le public se réjouit des coups que chacun envoie à des zombies primaires et parfois stupides, représentatifs de l’aspect sarcastique de l’œuvre et rappelant bien sûr les créatures de George A. Romero.

En abordant des émotions comme le désespoir, l’instinct de survie ou l’abandon face à la catastrophe, Yeon Sang-Ho varie les tons et montre des réactions humaines dans un horrible moment. Il nous offre un pur film de genre qui joue parfaitement de son cadre réduit comme certaines références à l’image de The Thing. Dans la dernière partie, l’intensité ne faiblit pas et le cinéaste se libère de certains parti-pris. La conclusion est aussi audacieuse que le reste de l’œuvre et Dernier Train pour Busan est un long métrage jusqu’au-boutiste qui n’oublie jamais d’en mettre plein les yeux à un spectateur totalement comblé.

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2 réponses à Critique : Dernier Train pour Busan – Unstoppable

  1. Clement dit :

    Pour un film d’horreur j’ai quand même beaucoup ri. Les clichés sont énormes mais la mise en scène tellement parfaite qu’on lui pardonne totalement! J’i vraiment passé un bon moment

    • Kévin Romanet dit :

      Certaines réactions sont vraiment très drôles, le côté sarcastique est bien assumé je trouve. C’est vrai qu’on se laisse totalement porté par la mise en scène et qu’elle nous fait pardonner certains passages obligatoires…

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