Critique : Don Jon – Young Adult

Affiche du film Don Jon de Joseph Gordon-Levitt . L'acteur est face à l'objectif, fier et les mains derrière la tête. A gauche de l'affiche sont énoncés les choses auxquelles Don Jon tient.

Lorsque vous allez en boîte, vous pouvez tomber sur trois types de mecs. Il y a tout d’abord ceux qui sont tranquilles, dansent un verre à la main et se foutent de ce qu’il se passe autour d’eux. Il les gars qui veulent absolument se battre et qui pourront peut-être contraindre les premiers à répondre à leurs exigences. Le point commun entre ces personnes est qu’elles sont venues pour s’amuser même si elles le font d’une manière assez différente. Puis, il y a la dernière catégorie qui regroupe des individus qui ne sont pas venus pour passer un moment fun et décontracté. Pour eux, le club est un lieu de travail. Dans la vie de tous les jours, on les appelle les chasseurs. Et Don Jon fait partie de ces types.

Dans la vie de Don Jon, cette activité est régulière, systématique. Chaque vendredi soir, le tombeur raye cette tâche de son calendrier. Dans son quotidien, il n’y a pas grand chose d’autre qui l’intéresse mis à part son corps, son appartement, sa voiture, sa famille et son église. Don Jon est un véritable homme moderne. Gominé, épilé et habillé essentiellement en cols V, il possède tout, absolument tout, pour séduire la gente féminine. Alors lorsqu’il rencontre Barbara, elle n’a aucun mal à tomber dans ses bras. Mais quand la jeune femme surprend son homme en train de se masturber, celle qui croyait au grand amour voit son monde s’écrouler et Don Jon comprend qu’il va être obligé de changer ses habitudes.

A première vue, Joseph Gordon-Levitt avait tout pour nous offrir un film corrosif, trash et évitant la bien-pensance des comédies romantiques américaines qu’il s’amuse à singer. En relatant l’évolution d’un homme qui préfère ses films de boule au vrai sexe, l’acteur devenu scénariste et réalisateur avait la possibilité de transcender un genre qui a tendance à se reposer sur ses lauriers.

Photo de Julianne Moore et Joseph Gordon-Levitt dans son film Don Jon. Les deux acteurs sont assis sur un banc et discutent. Moore sourit à Gordon-Levitt.

Hélas, on est déçus de la première œuvre de celui qui fait des choix généralement très intéressants et intelligents (Looper, Inception). Dès le départ, on est dans l’excès et l’on comprend que c’est le ton le plus approprié pour une histoire de la sorte. Rapidement, on découvre que Gordon-Levitt a préféré rester sage et ne s’est lâché que sur ses effets de mise en scène répétitifs qui finissent par taper sur le système. Don Jon est loin d’être une œuvre inintéressante et désagréable mais elle est simplement banale et sans grand intérêt.

L’évolution du personnage est prévisible et même si la fin est jolie, elle n’est d’aucune originalité. Le point fort du long métrage, ce sont ses personnages à peine caricaturaux qui sont le reflet d’une génération élevée aux stéroïdes et aux tests psychologiques Marie Claire. La critique n’est pas nouvelle mais Gordon-Levitt aime se moquer d’eux et cela donne lieu à des séquences réussies et très drôles. Si le personnage de garce superficielle de Scarlett Johansson (Vicky Cristina Barcelona) est rapidement passé à la trappe, on se réjouit de retrouver une Julianne Moore (The Big Lebowski) toujours aussi élégante. Celle qu’on voit le moins a pourtant le rôle le plus intéressant, celui d’une bonne vivante qui envoie gentiment balader les valeurs puritaines représentées par Don Jon, sa famille de losers (mention spéciale pour Tony Danza) et sa girlfriend, des coquilles vides qu’on adore détester.

Si vous avez participé à L’île des vérités ou La belle et ses princes, Don Jon sera peut-être une révélation pour vous, alors foncez. Pour les autres, vous n’apprendrez rien de cette morale mais ne passerez pas un mauvais moment devant ce film mineur et vite oublié.

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