Critique : Edge of Tomorrow – Une guerre sans fin

Affiche du film Edge of Tomorrow réalisé par Doug Liman. Nous y voyons Tom Cruise et Emily Blunt dans des armures robotisées debout sur un champ de bataille.

Après Oblivion, Tom Cruise reste dans l’univers de la science-fiction avec Edge of Tomorrow, nouveau long métrage de Doug Liman (Mr & Mrs Smith), qui n’avait rien sorti au cinéma depuis le thriller politique Fair Game. Relecture spectaculaire d’Un jour sans fin sur fond d’invasion extra-terrestre, le film tient amplement ses promesses et nous fait redécouvrir le Tom Cruise de Jack Reacher, plein d’autodérision et toujours aussi impressionnant dans les scènes d’action.

C’est la présence au générique de Christopher McQuarrie, metteur en scène du fameux Jack Reacher, qui a attiré notre attention vers le projet. Etant donné que Doug Liman n’avait pas brillé lors de sa première incursion dans le genre (Jumper) et que Tom Cruise était redevenu fragile dans Oblivion, on s’attendait à une œuvre incohérente et surtout traitée au premier degré. Heureusement, ce n’est pas du tout le cas et l’on retrouve ici le dynamisme du Doug Liman de Mr & Mrs Smith et l’humour de Christopher McQuarrie.

Dans la première partie, le scénariste, accompagné ici des frères Butterworth (Fair Game), ne ménage pas la star de Mission Impossible. Dans la peau d’un publicitaire chargé de représenter l’armée américaine, Cruise est exécrable. Tentant de convaincre tout le monde avec son plus beau sourire qu’il n’est pas le soldat idéal pour faire face aux extraterrestres, il va néanmoins être forcé de les combattre. C’est alors qu’apparaît le don. A chaque fois que Cruise meurt, sa journée recommence.

Ce concept, en plus de donner lieu à des séquences très drôles, permet au personnage principal d’évoluer rapidement. Cruise passe du péteux prétentieux au guerrier surentraîné en un rien de temps. Liman gère parfaitement les répétitions, parfois par le biais d’ellipses, parfois à travers les dialogues ou en filmant les nombreuses morts du héros. Lorsque certaines séquences sont réutilisées à l’identique, c’est uniquement pour permettre au spectateur de se situer ou pour déboucher sur des gags qui fonctionnent relativement bien. Une fois que les bases sont posées et que le public est pleinement dans l’intrigue, Liman donne une véritable cadence à son film, prend des raccourcis toujours cohérents et fait de Cruise une sorte de guide dans cet univers futuriste. Nous sommes donc bien loin du lâche pantin qui nous avait été présenté au début. Lorsqu’il enfile pour la première fois son armure, on rit de sa démarche sans se douter qu’il est sur le point de devenir une machine de guerre blasée.

Photo d'Emily Blunt et Tom Cruise dans le film Edge of Tomorrow. Dans un entrepôt militaire, les deux personnages sont face à face dans des armures robotisées.

Le fait de voir un héros ayant le contrôle des événements est un aspect assez singulier pour le genre. Généralement, tout repose sur l’élément de surprise et la capacité du protagoniste à s’adapter face à la tournure des événements, que ce soit dans des films catastrophes ou des actionners bourrins. Cela donne lieu à des séquences très réussies à l’image de celle de la ferme durant laquelle on sait ce qui attend les deux personnages principaux, ce qui donne d’autant plus envie de les voir déjouer leur destin.

Edge of Tomorrow pioche dans de nombreux univers, que ce soit celui de la comédie (Un jour sans fin), du film de guerre (la scène du débarquement), de la science-fiction (La guerre des mondes) ou même de la comédie romantique. A l’arrivée, nous avons un popcorn movie réussi et équilibré mais hésitant parfois entre ses différentes influences, ce qui provoque quelques passages maladroits. On pense bien sûr à la fin qui oscille entre le ton badass et romantique. Si elle provoque un léger sourire, elle s’avère cependant bien trop consensuelle pour convaincre. Tout le concept est alors bafouillé au profit d’un happy end qui n’a pas de logique et remet en cause le principe du long métrage.

Il faut également souligner la présence d’Emily Blunt, toujours à l’aise lorsqu’il s’agit de jouer des personnalités fortes et singulières (Looper, Sunshine Cleaning). Elle incarne ici une sorte de valkyrie moderne et n’a pas de mal à faire de l’ombre à Cruise, qui ne peut s’empêcher de monopoliser l’écran. Visuellement impeccable malgré sa mise en scène quelque peu formelle, Edge of Tomorrow est le sympathique rendez-vous annuel avec une star obligée de nous rappeler qu’elle est toujours capable de sauver l’humanité.

Ce contenu a été publié dans Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *