Critique : Frankenstein Junior – Braindead

Affiche de Frankenstein Junior sur laquelle nous découvrons les personnages principaux en haut du château de l'héritier de Victor Frankenstein.

Frederick Frankenstein est un scientifique dont la crédibilité est constamment remise en question. Petit fils de l’ignoble Victor Frankenstein, il est sans cesse interrogé à propos des travaux sur la réincarnation menés par ce dernier. Après avoir reçu le testament de son aïeul, il se rend dans le château familial en Transylvanie où il est étrangement accueilli. Il sombre alors rapidement dans la folie en reprenant les travaux de Victor.

Meilleure collaboration entre Mel Brooks et Gene Wilder, Frankenstein Junior est une comédie parfaite. Parodie qui reprend à merveille l’univers créé par Mary Shelley, le long métrage renouvelle en permanence ses gags et son ton comique.

Dans la première partie, le côté pince-sans-rire de Gene Wilder ouvre le bal lors d’une séquence à l’université où le spectateur n’en peut déjà plus. Vient ensuite l’irrésistible arrivée en Transylvanie où nous faisons la connaissance d’Igor, interprété par Marty Feldman, et ses légendaires indiscrétions. Le complice du docteur s’adresse directement au public. Il témoignera au fil de l’œuvre du comportement bizarre de Frederick. La complicité du spectateur, en plus de ses rires, est gagnée. Frederick et Igor, avec l’aide précieuse de la laborantine Inga, peuvent désormais lancer les recherches afin de donner naissance à une nouvelle créature.

Photo de Teri Garr, Gene Wilder et Marty Feldman qui paraissent stupéfaits dans le film Frankenstein Junior de Mel Brooks.

La mise en place de Frankenstein Junior est rapide, drôle et nous plonge dans un contexte qui rappelle l’adaptation de James Whale et ses suites mais aussi des classiques de l’épouvante gothique comme The Haunting ou The Uninvited. Chaque détail est particulièrement soigné et tout est prétexte à rire, des murmures dans la maison aux géniales expressions d’un Gene Wilder au sommet de son art.

Petit à petit, le rythme s’intensifie et gagne en dynamisme. L’absurdité est prononcée mais le récit reste cohérent. L’équipe a pris tellement de plaisir sur le tournage que Mel Brooks n’a pas hésité à rajouter des éléments au script. Que ce soit lors d’un passage musical ou durant les interventions d’un policier au bras mécanique très utile, les écarts vont crescendo. Mel Brooks alterne entre les registres humoristiques et joue de la cadence de la narration. Le public termine Frankenstein Junior comme il termine The Party, admiratif devant l’ingéniosité et la constance des situations comiques.

Photo de Gene Wilder et Peter Boyle effectuant un numéro de claquettes dans le film Frankenstein Junior de Mel Brooks.

Mel Brooks multiplie les clins d’œil au roman et aux précédents films, notamment lors de la rencontre entre la Créature en fuite et un aveugle bienveillant mais quelque peu maladroit incarné par Gene Hackman. Le cerveau anormal du monstre et la folie de Frederick rendent néanmoins les protagonistes bien moins tourmentés que leurs ancêtres.

A la découverte des sentiments humains et la désillusion, Mel Brooks et Gene Wilder préfèrent montrer les conséquences de l’hystérie de Frankenstein et des farces d’Igor. Sans dénaturer le mythe et les œuvres dont ils s’inspirent, les deux artistes en tirent tout le potentiel comique avec une inspiration rarement égalée et toujours aussi impressionnante.

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