Critique : Gravity – Noël avant l’heure

Affiche du film Gravity d'Alfonso Cuarón. Nous y voyons Sandra Bullock en tenue de cosmonaute en train d'être éjectée de sa navette spatiale et de de se perdre dans l'espace.

C’est le film dont tout le monde parle en ce moment. Du hipster du canal Saint-Martin à l’aborigène d’Acapulco, tout le monde se démène pour acquérir le ticket qui permet de découvrir le Graal. Mais tout ce tapage médiatique est-il vraiment justifié ? Comme l’a dit un journaliste mexicain, il est difficile de tourner dans l’espace mais Alfonso Cuarón a réussi à le faire. On ne peut que saluer le travail de Bullock et Clooney qui n’ont pas hésité à enfiler les combinaisons pour aller planer si haut. Yann Arthus Bertrand devrait en prendre de la graine, un cinéaste a réussi à compiler tous ses albums en une heure et demi de vidéo. En plus de cela, il a réussi à nous impliquer dans une histoire passionnante et à nous faire arracher la moquette des sièges du MK2.

La tension de Gravity arrive au bout de vingt minutes. Mais avant cela, aucun ennui puisque Cuarón nous met une claque dès le premier plan (qui dure d’ailleurs vingt minutes). Le travail est immense, la technique parfaite. Il est clair que l’on n’avait jamais vu ça au cinéma auparavant. Et pour un premier essai, nous pouvons remercier le cinéaste pour la maestria de sa mise en scène. Celui qui nous avait terrassés avec le magnifique Les fils de l’homme a mis toutes ses tripes dans Gravity et sa générosité nous donne l’impression que tout ce qu’on a pu voir avant ce chef d’œuvre cette année est insipide.

Gravity est une proposition de cinéma, une innovation qui prouve au même titre que Pacific Rim que les véritables auteurs ont encore leur place à Hollywood et qu’ils peuvent nous offrir des films de genre avec une liberté totale. Sur la toile et notamment les réseaux sociaux, beaucoup ont reproché à Gravity son absence de scénario.

Photo de Sandra Bullock et George Clooney dans le film Gravity d'Alfonso Cuarón. En tenue de cosmonaute, les deux acteurs réparent un élément de leur navette spatiale.

Comme dans Les fils de l’homme, l’instinct de survie et l’importance de la vie elle-même sont très bien abordés. Gravity est une leçon d’abnégation puissante et rare qui nous rappelle que l’être humain n’est rien mais que sa nature est de se surpasser. Le final darwinien renforce le propos et nous laisse sur les genoux, littéralement. James Cameron a affirmé que Gravity était le meilleur long métrage sur l’espace jamais réalisé. Et ce n’est pas nous qui allons le contredire.

On n’était pas les derniers à cracher sur Sandra Bullock, quadragénaire ratée qui a tout de même joué dans Speed 2 : Cap sur le danger et partage depuis toutes les comédies romantiques périmées avec sa concurrente Jennifer Aniston. Mais là, nous allons être forcés d’admettre qu’elle est magistrale. Si elle décroche une nomination à l’Oscar, elle ne l’aura pas volée. Et cette remarque s’applique à tous les potentiels vainqueurs de statuette qui ont planché sur Gravity. A chacune de ses apparitions, George Clooney est rassurant et s’il parvient à aider Bullock, il réussit également à calmer le spectateur qui a rarement été autant impliqué dans une aventure cinématographique. La relation que Cuarón crée entre ces deux protagonistes est profonde et poignante. On a envie de développer quelques paragraphes dessus mais il est important de ne pas gâcher la surprise.

Gravity, c’est également un travail de recherche méticuleux et impressionnant, une 3D pertinente et immersive, des mouvements de caméra à apprendre par cœur et à apprécier encore et encore mais surtout des effets spéciaux (oui, le journaliste mexicain s’était trompé) qui prouvent que l’on vient encore une fois de passer une étape dans l’Histoire du Cinéma.

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