Critique : Horns – The Devil Inside

Affiche du film Horns d'Alexandre Aja. Nous y voyons Daniel Radcliffe dans un bois arborant des cornes de bouc. Derrière lui se tient Juno Temple dans une robe blanche qui l'étreint.

Depuis Piranha 3D, Alexandre Aja avait délaissé la réalisation pour se concentrer sur la production et l’écriture du sanglant Maniac, mis en scène par son confrère Franck Khalfoun. C’est donc avec une certaine allégresse que nous sommes allés découvrir Horns, nouveau projet de celui qui nous avait retournés avec son excellent remake de La colline a des yeux.

Dès les premières minutes, nous retrouvons l’esprit du cinéaste et sa volonté de proposer une narration inhabituelle. Nous faisons connaissance avec Ig Perrish, traqué par les médias depuis le meurtre de sa bien-aimée. Aux yeux de la petite communauté avec laquelle il vit, Ig est coupable. Un matin, le jeune homme voit des cornes lui pousser sur la tête et les gens lui demander la permission d’accomplir les péchés qu’ils réfrènent. Ig est-il le diable sur lequel tout le monde s’acharne ? La descente en enfer ne fait que commencer et le jeune démon risque de faire de nombreuses découvertes bouleversantes.

L’ouverture de Horns est très réussie. Aja réussit à nous faire immédiatement douter sur la culpabilité de Ig, amoureux transi qui clame son innocence mais que personne ne veut croire. Rapidement, les cornes apparaissent et l’on comprend que la solution du meurtre n’est finalement pas le sujet principal du film. Nous entrons alors dans la partie la plus intéressante du long métrage, dans laquelle Aja s’amuse à dépeindre les vices cachés de chaque individu de la bourgade. Entre journalistes sanguinaires et serveuse rêvant de célébrité, nous suivons à travers les yeux ébahis de Radcliffe la ville sombrer dans un chaos qu’il prend de plus en plus de plaisir à déclencher.

Photo de Daniel Radcliffe dans le film Horns d'Alexandre Aja. L'acteur arborant des cornes se tient devant une voiture avec une fourche.

Evidemment, le film n’est pas qu’un défouloir contre les dérives de l’American Way of Life. Aja n’oublie pas la dimension religieuse et l’on trouve une fois encore des idées extrêmement intéressantes. Les cornes représentent la perte de foi totale de Radcliffe. On ne sait durant tout le long métrage s’il est le véritable démon ou si la rédemption sera salvatrice. Ig n’est finalement ni meilleur, ni pire que les personnes qui l’entourent. Produit de son environnement, il n’est qu’un bouc émissaire qui a perdu sa pureté après la mort de l’amour de sa vie. Evidemment, nous souhaitions qu’Aja soit méchant jusqu’au bout et que la chute de cet homme soit irréversible, à l’image de celle du héros de La colline a des yeux.

Hélas, tout l’aspect symbolique est caricaturé dans la dernière partie. Aja se déchaîne, tombe dans une violence graphique élégante mais vaine et nous envoie des révélations finales prévisibles qui viennent gâcher le concept du film. Horns n’est finalement pas l’œuvre subversive que l’on attendait. On est extrêmement déçu par la conclusion niaise qui donne l’impression que l’on est passé d’un film noir traitant de la culpabilité et du fait de vaincre ses propres démons à un teen movie horrifique sans subtilité. C’est dommage car le long métrage parvient à mettre mal à l’aise lors de l’apparition des cornes qui ne choquent que le héros et poussent les individus à dévoiler leurs secrets. Daniel Radcliffe donne à ce personnage toute l’épaisseur nécessaire et livre une prestation solide, jamais ridicule. Juno Temple (Killer Joe) interprète quant à elle toujours aussi bien l’innocence et la grâce. Mais ils n’arrivent malheureusement pas à nous faire oublier les clichés du récit que l’on aurait aimé moins conventionnel.

Horns est donc un long métrage au postulat de départ terriblement excitant qui ne cesse de perdre en intensité et nous laisse sur notre faim. On gardera tout de même en mémoire certaines séquences gratuites et jouissives, malheureusement plombées par une fin à l’eau de rose digne d’un Direct To Video. Tant pis.

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Une réponse à Critique : Horns – The Devil Inside

  1. Hubert Bonisseur de la Bath dit :

    Un « bouc » émissaire.

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