Critique : Jane Got a Gun – La prisonnière du désert

Affiche du film Jane Got A Gun. Nous y voyons Natalie Portman qui semble avancer à cheval devant un paysage terne et orangé.

En remplaçant au pied levé Lynne Ramsay à la réalisation, Gavin O’Connor (Warrior) s’est mis en danger avec Jane Got A Gun, western à la production catastrophique qui est loin de l’échec que l’on avait imaginé.

Natalie Portman y incarne Jane Hammond, héroïne prête à tout pour protéger son mari blessé poursuivi par son ancienne bande de hors-la-loi. Pour le sauver, elle fait appel à une vieille connaissance interprétée par Joel Edgerton. Ensemble, ils vont se préparer à l’arrivée imminente de leurs ennemis.

Photo de Natalie Portman dans le film Jane Got A Gun. L'héroïne rentre dans la rue principale d'une ville qui ne semble pas très animée.

Une nouvelle fois chez Gavin O’Connor, le poids du passé est extrêmement lourd et plus dur à affronter que la bande de criminels. Le réalisateur dévoile des flashbacks au bon moment et si l’on n’est jamais surpris par ce qu’ils révèlent, ils confèrent une profondeur aux personnages que l’on ne cesse de découvrir.

Jane est une héroïne très forte dans la lignée de celles de Johnny Guitar et Quarante Tueurs. Son inflexibilité et la froideur de l’homme qui lui vient en aide évitent aux passages romantiques de tomber dans la mièvrerie. Une nouvelle fois après Warrior, Joel Edgerton est excellent en taiseux aux regards particulièrement expressifs. Quant au mari de Jane interprété par Noah Emmerich, acteur fétiche du cinéaste, il évolue jusque dans la conclusion malgré des dialogues limités.

La photographie terne et le cloisonnement dans le désert retranscrivent parfaitement l’amertume des protagonistes qui s’efforcent de survivre. Cette âpreté prend une véritable ampleur dans la dernière partie où la menace se rapproche et où il est nécessaire de se reconstruire pour affronter l’avenir.

Photo de Joel Edgerton dans le film Jane Got a Gun. L'acteur pointe son arme sur un homme couché dans le désert qu'il vient de maîtriser.

Jane Got a Gun n’a pas la puissance émotionnelle et symbolique de The Homesman ni la radicalité de The Salvation mais Gavin O’Connor traite son récit de manière cohérente jusqu’au bout. Comme dans ses précédents films (Le prix de la loyauté), l’action se fait rare. Elle est toujours prétexte à dévoiler une nouvelle facette de ses personnages. Jane Got a Gun est une histoire de règlements de compte où l’attente met les protagonistes face à eux-mêmes. Malheureusement, Gavin O’Connor ne parvient pas à mettre en parallèle leur parcours et l’histoire du pays comme c’était le cas dans Il était une fois dans l’Ouest.

Au lieu de privilégier les grands espaces ou de montrer le conflit, le récit de Jane Got A Gun est confiné dans des lieux réduits à l’image de la ferme de Jane, la petite ville voisine ou le convoi itinérant mené par le cruel Ewan McGregor. Cela l’étouffe et limite parfois les idées de mise en scène. Gavin O’Connor aura néanmoins réussi à garder une constance dans son rythme et l’implication de ses comédiens malgré les déboires de production et l’abandon du projet par de nombreuses personnalités.

Pochette du DVD de Jane Got a Gun sur laquelle nous voyons Natalie Portman au premier plan tenant un fusil et Joel Edgerton au second plan qui s'apprête à tuer un homme.

Jane Got a Gun est disponible en DVD et Blu-Ray de puis le 7 juin.

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