Critique : John Wick – Killing Them Hardly

Affiche du film John Wick, sur laquelle nous voyons Keanu Reeves pointer une arme en plein vers l'objectif.

Après Equalizer, c’est un autre vigilante movie à l’ancienne qui débarque en salles et nous réconcilie avec un cinéma d’action que l’on avait perdu de vue. John Wick, porté par un Keanu Reeves magistral, est probablement l’un des films les plus jouissifs de l’année.

L’histoire est simple. Keanu est un ancien tueur à gages qui s’est rangé pour profiter pleinement de la vie avec sa moitié. Lorsque cette dernière meurt des suites d’une maladie, notre héros est bouleversé. Peu de temps après l’enterrement, Keanu reçoit sur son palier un chiot, envoyé par sa femme pour lui redonner espoir. Quand des gangsters russes massacrent l’animal et lui volent sa Ford Mustang, l’ancienne machine à tuer est décidée à reprendre du service.

Le scénario de John Wick n’est qu’un prétexte au déchaînement auquel le spectateur assiste durant une heure et demie. Sans temps mort, le thriller démarre vite et l’on comprend que le générique n’apparaîtra qu’après la mort de tous les criminels associés de près ou de loin à l’agression effectuée sur Keanu. Mis en scène par deux cascadeurs, David Leitch (300, Speed Racer) et Chad Stahelski (Matrix, Expendables), John Wick bénéficie de scènes d’action fluides, lisibles, nerveuses et souvent très drôles.

Dans sa posture et sa manière d’utiliser ses armes, Keanu Reeves est d’une classe affolante. Pour une fois, le héros a besoin de recharger, de faire des pauses. Evidemment, le film ne brille pas par sa crédibilité mais propose quelque chose de singulier dans le sens où les réalisateurs allient parfaitement le spectaculaire aux difficultés que peut subir le personnage principal. Keanu Reeves n’est plus tout frais et en est pleinement conscient. A l’inverse d’un Schwarzenegger qui essaye de nous faire croire qu’il a vingt ans de moins, Reeves profite du fait qu’il n’est plus un jeune premier et cela lui donne encore plus d’allure.

Photo de Keanu Reeves dans le film John Wick. L'acteur avance armé face à l'objectif dans un entrepôt très endommagé.

Nous avons là un taiseux fatigué mais efficace qui replonge dans un métier aux codes très particuliers. Cela donne lieu à des passages burlesques comme on en voit rarement à l’écran. Dans son ton à la fois cool et méchant, John Wick rappelle parfois Payback. On trouve dans le long métrage d’excellentes idées, comme celle de l’hôtel réservé aux tueurs à gages, dans lequel les professionnels n’ont aucunement le droit d’exercer leur activité.

Si Keanu Reeves porte le film sans difficulté, il est entouré de seconds rôles habitués du genre à l’image de John Leguizamo (L’impasse), Willem Dafoe (Spiderman), Ian McShane (Sexy Beast) ou encore Lance Reddick (The Wire). Dans la peau du parrain local, Michael Nyqvist (Millénium) cabotine mais signe probablement la prestation la plus comique, oscillant constamment entre folie et humour noir.

Thriller survitaminé rempli d’idées de mise en scène à l’inverse des tendances actuelles, John Wick nous fait oublier Expendables 3, Sin City 2 et tous les longs métrages qui se revendiquent badass et funs sans jamais l’être une seconde. Comme il le dit lui-même, Keanu Reeves est bel et bien de retour. On espère que c’est pour de bon.

Ce contenu a été publié dans Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *