Critique : La Belle et la Bête – Renaissance

Affiche de La Belle et la Bête de Christophe Gans sur laquelle les deux personnages principaux se suivent dans un escalier fleuri et illuminé par la lumière naturelle.

En France, Christophe Gans est sans aucun doute l’un des plus grands défenseurs d’un cinéma de genre populaire qui a tendance à disparaître. Si ses films sont inégaux et que l’homme n’est pas un directeur d’acteurs exceptionnel, il reste un maître de la mise en scène qui n’hésite pas à prendre des risques et imposer une vision moderne à un cinéma hexagonal qui s’essouffle de plus en plus.

Comme Crying Freeman, Le pacte des loups et Silent Hill, La Belle et la Bête est un projet colossal, ambitieux et surtout extrêmement risqué. Plus de soixante ans après le magnifique long métrage de Jean Cocteau, Christophe Gans s’attaque à un mythe qui fait désormais partie du patrimoine. On voyait déjà les détracteurs se déchainer sur l’inutilité d’une nouvelle adaptation, vingt-trois ans après le dessin animé oscarisé, lui-même transformé en comédie musicale au succès retentissant.

Christophe Gans serait-il devenu un yes man répondant à la demande des studios ? En aucun cas. L’homme est passionné par son bébé. Il transparaît de ce conte une naïveté tellement rare qu’il en devient immédiatement touchant et passionnant. Chaque plan a son importance et comme dans les autres longs métrages du réalisateur, nous retrouvons un univers visuel extrêmement riche qui rappelle parfois le Pacte des loups dans ses ralentis, la noirceur de Silent Hill mais également des éléments qui font penser au cador Guillermo Del Toro.

Il y a très longtemps que nous n’avions pas vu dans un film français une telle importance accordée à la mise en scène. Christophe Gans sait, à la manière d’un Spielberg, concilier divertissement populaire et maestria technique. Evidemment, le résultat n’est pas aussi abouti mais nous en prenons plein les yeux.

Photo de Léa Seydoux dans le film La Belle et la Bête de Christophe Gans. L'actrice est vêtue dans une robe, assise sur le sol d'une luxueuse pièce enchantée.

Cependant, il y a tout de même de nombreuses maladresses dans cette nouvelle version de La Belle et la Bête. On n’est malheureusement pas convaincus par les comédiens. C’est d’ailleurs souvent le cas dans les longs métrages de Gans. Vincent Cassel et Léa Seydoux sont loin d’être mauvais mais on a du mal à croire à leur histoire d’amour développée trop rapidement à notre goût. On espère d’ailleurs découvrir une version longue lors de la sortie DVD. Au niveau des seconds rôles, André Dussollier et Eduardo Noriega (Blackthorn) en font volontairement des tonnes mais cela ne fonctionne malheureusement pas.

La Belle et la Bête est un conte très bien équilibré, à la fois sombre et utopiste. L’objectif n’est pas de nous offrir un festival d’action à l’inverse du sympathique Blanche Neige et le chasseur. Christophe Gans signe une fable universelle capable de rassembler un public très large. Si le déroulement est prévisible et que les révélations ne sont pas très surprenantes, on reste fascinés par le personnage de la Bête, figure tragique errant dans sa tour d’ivoire.

Cette nouvelle adaptation n’est ni kitsch, ni ridicule. Gans sait utiliser certains procédés sans en abuser et cela fait de son œuvre un régal visuel qu’il serait dommage de rater en salle malgré ses défauts évidents.

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