Critique : La Planète des Singes, Suprématie – Duel

Affiche de La Planète des Singes - Suprématie de Matt Reeves sur laquelle les singes menés par César s'approchent des hommes, vus de dos, pour les affronter.

Alors que les hommes perdent peu à peu le contrôle de la planète, César et les singes sont réfugiés dans la forêt et tentent de vivre à l’abri des attaques. Ils sont rapidement forcés de fuir lorsque le Colonel découvre leur cachette, déterminé à tous les exterminer.

La Planète des Singes – Suprématie s’ouvre sur une bataille haletante qui laisse présager un blockbuster aux nombreuses scènes de bravoure aboutissant à la prise de contrôle totale des singes sur la Terre. Pourtant, un événement vient rapidement remettre en cause leur parcours et notamment celui de César, leader forcé de se séparer du reste du groupe pour assouvir sa soif de vengeance.

A travers les décisions qu’ils prennent et les émotions que l’on peut lire sur leurs visages grâce à une maîtrise technique bluffante, les singes ne sont jamais apparus aussi touchants dans cette nouvelle trilogie, à commencer par César. Hanté par le fantôme de Koba, qui mit fin à tout espoir de paix entre les deux espèces dans le précédent opus, le leader est pris de nombreux doutes.

Photo tirée de La Planète des Singes - Suprématie de Matt Reeves. Vu de dos, César met sa main sur les épaules de deux singes de façon affectueuse.

Au lieu d’enchaîner les séquences spectaculaires mécaniquement, Suprématie préfère s’attarder sur les remises en question de César, isolé durant une longue partie de l’œuvre. Les erreurs qu’il commet ont un véritable impact sur le reste des singes. Le pouvoir que le Colonel parvient à reprendre sur eux permet à Matt Reeves de limiter son cadre aux immenses forêts où vivaient les singes puis à la base militaire où certains sont emprisonnés.

Le combat entre le groupe du Colonel et celui de César donne un aperçu de ce que devient la planète malgré le peu de lieux choisis pour planter l’action. Matt Reeves est suffisamment évocateur pour faire comprendre au spectateur l’enjeu du conflit à l’échelle mondiale mais parvient également à préserver un mystère autour de ce qu’il se passe sur le reste de la Terre.

Le cinéaste fait également évoluer le désastre provoqué par le virus qui touche les humains depuis le premier volet. L’inversion des rôles entre les hommes et les singes s’accentue. Pour le démontrer, Matt Reeves n’a besoin que d’un discours d’un Woody Harrelson habité par la détermination du personnage qu’il interprète. Le Colonel souhaite mettre un terme au conflit de manière radicale et définitive. Ses points communs avec César sont nombreux mais son incapacité à combattre son animosité le rend pathétique, contrairement au héros incarné avec brio par Andy Serkis qui ne cesse de lutter contre sa colère.

Photo tirée de La Planète des Singes - Suprématie de Matt Reeves. On peut voir des singes à cheval dans la forêt munis d'arcs. Ils semblent être en train de chevaucher vers une bataille.

La base militaire devient dans la deuxième partie de l’œuvre le théâtre de leur affrontement. Comme dans toute guerre, les deux camps trouvent leurs raisons et Matt Reeves les amène avec énormément de nuances. Le cadre réduit donne l’impression d’un blockbuster simple et expéditif. Il permet au contraire au réalisateur de se focaliser sur les tourments du leader et du reste des singes. La Planète des Singes – Suprématie réussit à aborder des questions universelles et convoquer l’imaginaire du spectateur en ne lui donnant pas toutes les clés du récit.

La mise en scène favorise l’efficacité et la lisibilité aux effets grossiers. Chaque personnage secondaire enrichit les arcs narratifs, à commencer par l’enfant recueillie par César. La fin paraît finit d’ériger César en héros symbolique et dévoué à son peuple sans jamais tomber dans la mièvrerie. Blockbuster subtil qui évite tout manichéisme et va toujours à l’essentiel, La Planète des Singes – Suprématie est la conclusion idéale d’une trilogie riche et singulière qui s’inscrit parfaitement dans la mythologie créée par ses prédécesseurs.

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