Critique : La vie rêvée de Walter Mitty – La Science des Rêves

Affiche de La vie rêvée de Walter Mitty. Nous voyons Ben Stiller courir dans New York, tenant une mallette. Sur les murs de la ville, nous voyons plein de scènes imaginaires desquelles il est le héros.

On a souvent sous-estimé Ben Stiller à cause de ses comédies familiales convenues et gentillettes (Le casse de Central Park ; La nuit au musée). Pourtant, l’artiste est l’un des meilleurs héritiers du cinéma burlesque américain. Ses collaborations avec les frères Farelly (Mary à tout prix ; Les femmes de ses rêves) en sont la preuve mais ce sont ses réalisations qui en témoignent le plus. De Génération 90 à Tonnerre sous les tropiques, le cinéaste a toujours su surprendre son public avec des œuvres trash et beaucoup moins conformistes qui reflètent parfaitement sa liberté d’auteur.

Liberté, c’est peut-être le mot qui s’associe le mieux avec La vie rêvée de Walter Mitty, projet personnel moins furieux que ses prédécesseurs mais qui file une petite claque grâce à son scénario bourré d’inventivité et sa réalisation ambitieuse.

Walter est un homme normal qui mène une vie confortable. Directeur des publications photographiques du magazine Life, le solitaire passe son temps à rêver d’une vie d’aventurier dans les plus beaux coins du monde. Lorsque le magazine est obligé de supprimer son tirage papier, Walter se rend compte qu’il a perdu la photographie de couverture du dernier numéro. Afin de la retrouver, le héros va s’échapper de sa routine et concrétiser son rêve.

Comme son personnage, Ben Stiller est un véritable passionné. Grâce au sujet du film, il réussit à mettre en scène un parcours initiatique onirique avec lequel il abandonne beaucoup de ressorts comiques qui caractérisaient ses précédents longs métrages. Le projet reflète une étape supérieure dans la maturité cinématographique de son créateur. Walter Mitty ne manque néanmoins pas de dynamisme et de surprises, notamment lorsqu’on bascule dans le rêve.

Photo de Ben Stiller dans son film La vie de Walter Mitty. L'acteur est dans dans un paysage montagneux d'Islande et tient un long board et un sac à dos.

Plus calme, plus touchant et plus maîtrisé, La vie rêvée de Walter Mitty prouve que Stiller n’a rien perdu de son engagement, de son mépris envers une Amérique beauf et de sa défense de l’imaginaire contre le cynisme qui caractérise Hollywood. Son message, il parvient à le transmettre de manière moins enragée et cela redouble son impact.  Ben Stiller vient de réaliser un voyage poétique qui nous emmène dans des paysages magnifiques et nous rappelle que le chemin vers la liberté peut être plus court qu’on ne le croit.

Si Walter Mitty est un solitaire réservé, ce sont pourtant ses relations qui le poussent à changer sa vie. Les personnages secondaires sont très réussis, à commencer par celui de la géniale Kristen Wiig (Mes meilleures amies), muse de Walter qui n’ose pas l’approcher. On retiendra également les courtes apparitions de Patton Oswalt (Young Adult) et surtout celles Sean Penn, réalisateur d’Into the wild, autre oeuvre qui prônait l’évasion et la découverte de soi à travers le voyage.

Ôde à la liberté et premier coup de cœur de 2014, La vie rêvée de Walter Mitty prouve que Ben Stiller est l’opposé de l’idiot qu’il incarne souvent. A la fois poétique, drôle et rempli de péripéties inattendues, le long métrage nous rappelle l’importance du rêve et les conséquences magnifiques qu’il peut engendrer.

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