Critique : L’arme fatale 3 – 2 Guns

Affiche de L'arme fatale 3 de Richard Donner. Nous y voyons Mel Gibson et Danny Glover face à l'objectif, tenant chacun leur arme. Joe Pesci est derrière eux et tente de se faire une place sur l'affiche.

La saga de L’arme fatale fait partie de ces madeleines de Proust cinématographiques qui nous ramènent directement sur le canapé de notre enfance où l’on admirait les exploits de Roger Murtaugh et surtout Martin Riggs, l’un des duos les plus attachants du cinéma américain. Avec ces longs métrages, le grand Richard Donner (La malédiction, Superman) a donné au même titre que Walter Hill ses lettres de noblesse au buddy movie.

Si l’on adore les quatre épisodes, il faut avouer que ce sont les trois premiers qui nous ont le plus marqués. L’amour que l’on porte à ces trois opus est en grande partie dû à la coupe de cheveux de Mel Gibson, qui se préparait pour Braveheart.

Dans L’arme fatale et L’arme fatale 2, nous découvrions la naissance de ce duo improbable, le renforcement de leur amitié et surtout leur complémentarité dans leur job. Grâce à la plume de Shane Black et la mise en scène de Richard Donner, nous avions eu droit à deux films d’action parfaitement équilibrés. Les deux œuvres ne tombaient jamais dans la démagogie grâce à leur part sombre et la finesse d’écriture du scénariste. En clair, elles évitaient tous les défauts qui caractérisent les lourdingues Showtime et Top Cops.

Il en est de même pour le troisième épisode. A l’inverse de ses prédécesseurs, L’arme fatale 3 est une véritable comédie. Si les deux premiers avaient leurs moments comiques, l’ambiance restait très noire et Riggs, ne parvenant pas à faire le deuil de sa femme, était très torturé.

Photo de Mel Gibson, Danny Glover et Joe Pesci discutant sur un parking dans le film L'arme fatale 3 de Richard Donner. Gibson et Glover sont adossés à une voiture alors que Pesci hurle, un bras dans le plâtre.

Ici, on comprend dès la première scène que les partenaires sont dans l’humour et la légèreté. Richard Donner assume complètement ce parti pris et c’est finalement ce qui fait de L’arme fatale 3 une véritable réussite et non une tentative échouée d’installer un ton différent. Nos héros ont changé, il était donc normal de faire évoluer la réalisation avec eux. Pour enfoncer le clou, Donner offre à Joe Pesci un rôle plus conséquent et permet au petit taré de nous faire un numéro de cabotinage parfaitement maîtrisé. Malheureusement, il manque à cet épisode LA réplique culte qui pourrait égaler la magnifique sentence du deuxième volet : « Les gars comme toi crèvent pas sur les chiottes ».

Si L’arme fatale 3 est un divertissement familial, Richard Donner n’hésite pas à lui insuffler quelques touches de noirceur et une certaine violence qui permettent au film de ne pas tomber dans la farce façon Amos & Andrew.

Cet épisode est également celui qui introduit le personnage de Rene Russo, qui deviendra indispensable dans l’épisode final tant son évolution est bien amenée. Nous avons une autre preuve que la saga est cohérente de bout en bout et que son metteur en scène a tenu à conserver l’esprit originel. L’arme fatale est donc le parfait contre-exemple à la série des Die Hard qui aurait dû rester sous la tutelle du génie John McTiernan et qui a préféré troquer son identité contre quelques millions de dollars provenant de fans déçus.

L’arme fatale 3 nous procure tellement de plaisir qu’on en arrive à trouver la coupe mulet de Mel Gibson ravissante. La complicité qu’il a avec Danny Glover est devenue légendaire et reste à ce jour inégalée. Si vous voulez des scènes d’action efficaces montées proprement et des séquences hilarantes portées par des comédiens à leur meilleur, vous serez servis. Les années 90 avaient du bon finalement…

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