Critique : Last Days of Summer – Le temps d’un week-end

Affiche de Last Days of Summer de Jason Reitman. Josh Brolin semble retenir en otage Kate Winslet et son fils mais l'actrice s'accroche à son bras.

Depuis Thank you for smoking, Jason Reitman a fait son petit bonhomme de chemin. On pensait que le fils du créateur de S.O.S Fantômes et surtout Un flic à la maternelle n’était qu’un gros cynique qui, malgré l’apparente ironie de ses films, laissait transparaître des émotions et des messages assez démagogiques. Malgré toute la tendresse que l’on a pour Juno, c’est ce qu’on en avait retenu. Avec In The Air, son meilleur long métrage à nos yeux, les personnages étaient plus nuancés et l’on n’avait pas l’impression que l’œuvre était bourrée d’étiquettes Festival de Sundance. On avait complètement perdu le cinéaste avec Young Adult, œuvre profondément ennuyeuse qui était néanmoins sauvée par la géniale Charlize Theron.

Et voilà qu’est arrivé Last Days of Summer, sur lequel peu de communication a été faite. L’affiche fait plus penser à Sam Mendes (Les noces rebelles) qu’au fils Reitman. On ne s’attendait pas du tout à une œuvre aussi sérieuse et premier degré de la part de ce dernier. Car Last Days of Summer est un drame romantique qui ne laisse aucune place au cynisme qui représente tout le reste de sa filmographie.

Evidemment, le scénario laisse planer le doute jusque dans sa dernière partie et l’on s’attendait à un retournement de situation prouvant que le cinéaste n’avait pas totalement renié son « engagement ». Et pourtant, le long métrage va jusqu’au bout de son postulat de départ, et ce pour le plus grand plaisir du public. Nous suivons un adolescent et sa mère dont le quotidien est perturbé par l’arrivée d’un fugitif qui se réfugie chez eux durant quelques jours.

Last Days of Summer est une œuvre douce où l’on flirte constamment avec le danger comme c’était le cas dans Stand By Me de Rob Reiner. Les deux longs métrages ont d’ailleurs beaucoup de similitudes. Nous entrons dans la peau d’un homme qui évoque un souvenir marquant de son enfance, déterminant pour son passage à l’âge adulte. Comme dans Stand By Me, le climat tient une place capitale.

Photo de Josh Brolin et Kate Winslet dans le film Last Days of Summer. Brolin et Winslet cuisinent avec le fils de cette dernière.

Ici, la chaleur omniprésente amplifie l’attraction des corps. Lorsque Kate Winslet et Josh Brolin s’échangent des regards en trempant leurs mains dans des fruits, cela donne un résultat moins neuneu que Patrick Swayze et Demi Moore avec la poterie dans Ghost. L’alchimie entre les deux comédiens est totale. S’il faut reconnaître que Kate Winslet interprète souvent des rôles de quadragénaires angoissées, il est également nécessaire d’admettre qu’elle reste la meilleure dans ce registre. Quant à Josh Brolin, il est parfait dans la peau de ce dur à cuire mystérieux et plein d’humanité.

Last Days of Summer ne nous dévoile cependant pas un couple mais un trio. Winslet et Brolin sont accompagnés du jeune Gattlin Griffith, la révélation de L’échange de Clint Eastwood très à l’aise face à ses deux partenaires chevronnés.

On regrettera tout de même certains effets de style maladroits, à l’image des flashbacks répétitifs qui amènent vers une conclusion prévisible. En revanche, on est ravis de la jolie fin qui prouve que Reitman s’est laissé aller. Le réalisateur nous offre un film sobre, classique et élégant dont le seul but est de présenter à ses spectateurs une famille attachante avec laquelle on adore passer ce long week end. Rien de révolutionnaire mais il émane de Last Days of Summer une douceur agréable qui fait beaucoup plus de bien que le pseudo contestataire Young Adult.

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