Critique : Le Bonhomme de Neige – Dead Snow

Affiche de Le Bonhomme de Neige de Tomas Alfredson sur laquelle Michael Fassbender s'approche d'un bonhomme de neige ensanglanté.

A Oslo, le détective Harry Hole reprend du service lorsqu’une femme disparaît. L’enquêteur comprend qu’un serial killer, recherché depuis près de dix ans, recommence à tuer. Aidé par une recrue brillante, Hole se lance à sa poursuite alors que les meurtres sordides s’enchaînent.

Après le sublime La Taupe, Tomas Alfredson était extrêmement attendu avec cette adaptation d’un polar de l’auteur norvégien Jo Nesbø. Hélas, son long-métrage au postulat prometteur ne tient jamais ses promesses et perd le spectateur dans une enquête sinueuse qui passe de nombreux éléments à la trappe.

Le scénario n’étant pas terminé au moment du tournage, 10 à 15% de l’intrigue n’ont pu être filmés, selon les estimations du cinéaste. Cela se ressent énormément à l’écran, et ce malgré la tentative de Thelma Schoonmaker de donner une cohérence à l’ensemble. La monteuse attitrée de Martin Scorsese, producteur exécutif du film, a fait des merveilles en début d’année avec Silence mais peine ici à combler les trous du récit.

Photo de Val Kilmer au sommet d'une montagne dans Le Bonhomme de Neige de Tomas Alfredson.

Le gouffre se ressent dès l’introduction, où l’on comprend l’origine du traumatisme d’un tueur qui se révèle de moins en moins effrayant à mesure que le long-métrage avance. Certaines coupes sont extrêmement brutales, ce qui enlève toute profondeur à des personnages pourtant intéressants.

La maîtrise de Tomas Alfredson se ressent néanmoins dans certains plans magnifiques, où le froid glacial d’Oslo et des grands espaces est toujours perceptible. Certaines scènes sortent clairement du lot et laissent entrevoir ce qu’aurait pu être Le Bonhomme de Neige s’il n’avait pas souffert de ses problèmes de production. C’est notamment le cas lors de la découverte d’un cadavre par Val Kilmer, personnage touchant mais malheureusement sacrifié à cause du montage et des séquences manquantes.

Il en va de même avec l’enquêtrice incarnée par Rebecca Ferguson, protagoniste centrale qui se retrouve expédiée dans un dernier acte laborieux et prévisible. Sa rencontre avec Michael Fassbender est complètement anodine, alors que leur lien constitue l’un des arcs narratifs les plus riches qui n’a, là encore, pas l’ampleur qu’il mérite.

Photo de Rebecca Ferguson et Michael Fassbender discutant près d'une voiture dans Le Bonhomme de Neige de Tomas Alfredson.

Fassbender est quant à lui impeccable dans le rôle d’Harry Hole. Néanmoins, son alcoolisme est bâclé en trois plans durant lesquels le détective se réveille dans les rues d’une ville enneigée. Ils symbolisent d’ailleurs parfaitement les raccourcis scénaristiques de l’œuvre, qui deviennent encore plus problématiques lorsqu’ils concernent des révélations finales qui tombent à plat.

Les manques dont souffre Le Bonhomme de Neige sautent aux yeux, notamment parce qu’ils s’opposent à des scènes parfois efficaces, à l’image de la traque de la première victime. Le film s’impose comme l’une des plus grosses déceptions de l’année, qui ne laisse que l’envie de voir Tomas Alfredson revenir le plus vite possible avec un projet à la hauteur de son talent.

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