Critique : Le dernier pub avant la fin du monde – Buveurs & Envahisseurs

Affiche de Le dernier Pub avant la fin du monde d'Edgar Wright. Simon Pegg et Nick Frost regardent dans la pancarte détruite d'un pub vers l'objectif. Ils sont poursuivis par une bande d'extraterrestres.

Les geeks les plus talentueux d’Angleterre ont effectué un retour fracassant en 2013 pour clore la trilogie Cornetto entamée avec les excellents Shaun of the Dead et Hot Fuzz. Avec un peu de recul, on peut clairement affirmer que Le dernier pub avant la fin du monde est la meilleure conclusion que l’on pouvait espérer mais aussi l’un des longs métrages les plus réussis de l’année dernière.

Avec cette histoire de beuverie, le trio infernal formé par Edgar Wright, Simon Pegg et Nick Frost part d’un concept assez simple. Nous suivons 5 amis d’enfance se retrouvant pour effectuer une dernière tournée des bars dans leur ville d’origine, la paisible Newton Haven. Après avoir bu quelques pintes, les anciens camarades se rendent compte que quelque chose d’anormal se trame et que la population est devenue très étrange.

On remarque en ce moment dans le cinéma de genre une volonté de proposer des histoires logiques fondées sur des explications claires. Si certaines sagas (The Dark Knight) ont réussi à ancrer des icônes culturelles dans un univers prônant le réalisme, on assiste tout de même à un refoulement de l’imaginaire contré par des auteurs comme Peter Jackson, Guillermo Del Toro et Edgar Wright. L’homme est d’ailleurs à l’origine du chef d’œuvre barré Scott Pilgrim qui revendiquait toutes les valeurs geeks fondamentales et rendait hommage à une contre culture riche et sous-estimée.

C’est également le cas du Dernier pub avant la fin du monde qui traite du passage à l’âge adulte avec beaucoup de nostalgie et surtout beaucoup d’humour. On croit que le personnage principal, brillamment interprété par un Simon Pegg en roue libre, n’est qu’un individu immature et imbuvable. Ses amis ont une situation confortable, lui n’a aucun équilibre dans sa vie.

Photo Martin Freeman, Paddy Considine, Simon Pegg, Nick Frost & Eddie Marsan dans le film Le dernier pub avant la fin du monde. La bande marche en ligne dans une banlieue anglaise, menée par Simon Pegg.

Quand la situation dérape, nous sommes témoins de l’émergence d’un héros qui gagne énormément en charisme et semble parfaitement à sa place dans le chaos. L’adolescent stupide devient alors un vaillant combattant. C’est l’évolution de toute la bande qui est passionnante dans le film. Nick Frost (Good Morning England) est une nouvelle fois l’ami loyal tandis que Martin Freeman (Le Hobbit) et Eddie Marsan (Tyrannosaur) interprètent deux lâches bien trop propres sur eux.

Evidemment, on retrouve l’humour irrésistible qui caractérisait les deux premiers opus. Ces derniers abordaient les mêmes thèmes mais sans l’amertume du Dernier pub avant la fin du monde qui nous confirme que la trilogie est bel et bien terminée.

En plus d’être un brillant auteur, Edgar Wright est un metteur en scène accompli. Il filme des scènes de combat hallucinantes. En concentrant un passage dans les toilettes d’un pub, il signe une séquence impressionnante où il n’a pas peur de défier les lois de la physique et de se faire plaisir comme un gamin se foutant totalement de la rationalité des situations qu’il imagine. On retiendra également la conclusion spectaculaire dans le pub qui rappelle celle de Shaun of the Dead dans laquelle Simon Pegg a du mal à lâcher sa pinte face à une horde d’assaillants plutôt agressifs. 

Le dernier pub avant la fin du monde est un délire assumé de bout en bout. Edgar Wright s’amuse à jouer avec les codes du film d’envahisseurs et n’hésite pas à surprendre son spectateur jusque dans sa dernière scène qui nous fait comprendre que l’on devient adulte uniquement lorsqu’on choisit ce que l’on est.

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