Critique : Le Hobbit, la désolation de Smaug – L’infidélité intelligente

Affiche du Hobbit : La désolation de Smaug sur laquelle nous découvrons tous les personnages principaux sur un montage photo.

En ce moment, Peter Jackson ramasse de nombreuses critiques par rapport au deuxième volet du Hobbit. Trop d’effets spéciaux, trop de rajouts, trop de personnages, trop long, trop éloigné du roman original. Lorsqu’un blockbuster de ce calibre sort, il n’y a que deux camps : celui des réfractaires et des adorateurs.

S’il fallait choisir, on prendrait sans hésiter le deuxième. Evidemment, on peut faire énormément de reproches à Peter Jackson sur sa gourmandise et ses excès inutiles. Mais nous restons convaincus que la liste des qualités surpasse aisément celle des défauts. Jackson n’a pas détruit un mythe créé par Tolkien, génie du XXème siècle qui continue de faire rêver des générations. Il n’a en rien trahi l’imaginaire du créateur, il se l’est approprié et y a apporté sa contribution comme n’importe quel véritable artiste aurait dû le faire.

Transposer sur grand écran cette œuvre colossale était le rêve de Peter Jackson. Aussi puissant soit le modèle, qu’est ce qui justifierait qu’un successeur n’ait pas le droit d’y apporter sa vision pour enrichir l’ensemble ? A nos yeux, c’est exactement ce que le cinéaste fait avec ce deuxième épisode de la saga du Hobbit. Ce qui nous impressionnera toujours, c’est cette capacité à regrouper un grand nombre d’axes narratifs dans un ensemble aussi cohérent et fluide. Bien sûr, il y a du gras mais chaque personnage a sa place, son évolution et surtout son apport à une intrigue large dans lequel le spectateur n’est jamais perdu.

Les personnages de Tauriel et Legolas interprétés par Evangeline Lilly (Lost) et Orlando Bloom en sont le parfait exemple. Non, ils n’étaient clairement pas nécessaires mais leur parcours devient essentiel et Jackson réussit à amener avec eux de nouveaux enjeux dramatiques à commencer par le destin d’un nain qui gagne énormément en épaisseur, Kili (Aidan Turner). Grâce aux elfes, nous avons droit à une séquence de combat dans l’eau qui regorge de plans hallucinants et qui nous rappelle que Le Hobbit est avant tout un  divertissement familial comme on en voit trop peu.

Photo d'Evangeline Lilly dans Le Hobbit : La désolation de Smaug. L'elfe tient un arc et s'apprête à tirer. Elle est au dessus d'une rivière.

S’il se fait plaisir, Jackson ne perd jamais le fil et chaque bataille, chaque séquence d’action est totalement justifiée. Le cinéaste nous offre sa fresque, réinvente le mythe créé par Tolkien pour un support pour lequel les ajouts sont pertinents. S’il l’avait adapté en étant le plus fidèle possible, La désolation de Smaug aurait-il eu ce souffle épique ? On est convaincus que non. Jackson a compris qu’il ne fallait pas appréhender le cinéma comme la littérature et il a ainsi transformé un conte pour enfants en parcours initiatique qui ne laisse aucun répit.

Car ce deuxième volet est plus sombre, aborde des destins plus tragiques comme celui du Bard (Luke Evans), pointe les failles de héros en apparence invincibles tels que Thorin ou Gandalf. Tout cela est allié à une perfection visuelle qui nous laisse le souffle coupé. Cette année, on a remercié Guillermo Del Toro (Pacific Rim), Alfonso Cuarón (Gravity) et maintenant Peter Jackson. La dernière partie axée sur Smaug est incroyable et vient nous achever après les deux premières heures impressionnantes déjà passées dans la salle.

Long, décevant dans sa partition musicale toujours signée Howard Shore, Le Hobbit : la désolation de Smaug est imparfait et l’on s’empresse de pointer du doigt ces petits ratages. Mais ils ne représentent rien en comparaison avec l’aspect colossal de ce projet abouti, qui a totalement sa place aux côtés des meilleurs films d’heroic-fantasy et dans une franchise qui ne cesse de nous épater.

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