Critique : Le Musée des merveilles – Le Voyage fantastique

Affiche du Musée du merveilles de Todd Haynes sur laquelle deux enfants marchent dans les rues de New York à deux époques distinctes.

Le Musée des merveilles présente les parcours des jeunes Rose et Ben à deux époques distinctes. Alors que Rose se lance à la recherche d’une énigmatique star du cinéma muet, Ben cherche quant à lui à rencontrer son père. L’histoire mènera les deux enfants dans les rues de New York. Leurs points communs les rassembleront, à deux époques différentes, à travers les merveilles du Muséum d’Histoire Naturelle, où de nombreux secrets seront révélés.

Après le sublime Carol, Todd Haynes signe l’un des films les plus émouvants de l’année avec Le Musée des merveilles. Dans ce nouveau long-métrage, le spectateur retrouve la tendresse et l’affection avec lesquelles le cinéaste construit ses personnages, comme c’est le cas dans le drame porté par Cate Blanchett et Rooney Mara.

Dès les premières minutes, les quêtes des deux enfants sont parfaitement expliquées par la mise en scène du réalisateur. Grâce à un montage qui paraît d’abord hasardeux, Haynes parvient à expliciter la colère de Ben, qui ignore pourquoi il est séparé de son père. Par ailleurs, la surdité de Rose et son amour pour le cinéma muet rendent le choix du noir et blanc totalement pertinent. Sa fascination pour une comédienne l’emmène dans un voyage empli de mystère, à l’instar de celui de Ben.

Tout comme ce dernier, le spectateur attend de nombreuses réponses de leurs périples. Todd Haynes sait susciter l’émerveillement pour renforcer notre curiosité. C’est le cas durant la scène où la foudre frappe Ben. Dès son arrivée à New York, c’est l’énergie de la ville à la fois chaude et inquiétante qui transporte le spectateur. A l’inverse, la traversée que Rose effectue dans les rues d’une Grosse Pomme à mille lieux de celle des années 70 rassure et donne l’impression d’une ville où la magie existe vraiment.

Photo de Millicent Simmonds arrivant dans New York dans Le Musée des merveilles réalisé par Todd Haynes. La photo est en noir et blanc, à l'image de ses passages dans le film.

Todd Haynes fait vivre son film à travers le regard des enfants mais prend suffisamment de distance avec eux pour que le spectateur puisse pleinement les comprendre. Leurs réactions malicieuses et leur refus de toute peur donnent l’impression que leur soif de découverte est inaltérable. Elle ne fera d’ailleurs que se renforcer lorsqu’ils pénètreront dans le Muséum d’Histoire Naturelle.

Dans cet immense endroit, les trésors sont nombreux et l’enchantement permanent. Grâce à leur audace, les enfants découvrent des merveilles et se retrouvent en comprenant le véritable sens de leur quête. Le voyage permet de se connaître et Todd Haynes nous le rappelle d’une brillante manière.

Plus les deux héros avancent dans le récit, plus les transitions s’effectuent en douceur. Le long-métrage est à l’image d’un livre passionnant que l’on découvrirait enfant, empli d’énigmes que l’on veut voir durer malgré l’envie de les résoudre. Teinté de mélancolie mais jamais nostalgique, Le Musée des merveilles regarde l’avenir avec optimisme tout comme le jeune Ben observe le ciel avec passion.

Photo de Jaden Michael, Oakes Fegley et Julianne Moore qui observent le ciel en se tenant la main dans Le Musée des merveilles de Todd Haynes.

Porté avec brio par les jeunes Millicent Simmonds et Oakes Fegley, Le Musée des merveilles bénéficie également de la présence des bouleversantes Julianne Moore et Michelle Williams. Cette dernière n’a besoin que d’une courte apparition pour laisser une trace indélébile au récit, tandis que Julianne Moore est magistrale dans le magnifique épilogue.

Après Martin Scorsese et son ambitieux Hugo Cabret, Todd Haynes nous livre une nouvelle adaptation cinématographique très réussie de Brian Selznick. Le Musée des merveilles se classe, aux côtés d’A Monster Calls qui aborde des thématiques similaires, parmi les longs-métrages les plus touchants de l’année. A l’image de la partition de Carter Burwell, le film provoque un enivrement rare que l’on aimerait voir durer le plus longtemps possible.

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