Critique : Les 7 Mercenaires – A l’Ouest, rien de nouveau

Affiche de Les Sept Mercenaires d'Antoine Fuqua sur laquelle les 7 Mercenaires sont alignés et avancent héroïquement.

Ayant fait équipe sur Training Day, Denzel Washington et Antoine Fuqua se sont retrouvés en 2014 pour l’adaptation cinématographique de la série The Equalizer. Ils s’attaquent désormais aux 7 Mercenaires, grand western de John Sturges qui reprenait la trame des 7 Samouraïs d’Akira Kurosawa.

Alors que les héros de la version de 1960 venaient en aide à des paysans mexicains soumis à la tyrannie du bandit Calvera, la bande menée par Denzel Washington défend quant à elle un village victime de la pression de Bartholomew Bogue, industriel sanguinaire qui exploite les habitants pour travailler sur une mine d’or.

Si le contexte a légèrement changé, les thématiques et le traitement des personnages sont quasiment identiques à ceux de la version originale. Denzel Washington remplace Yul Brynner et rassemble des combattants aux motivations propres et aux nombreuses divergences. A travers un casting talentueux, Antoine Fuqua a prôné la diversité dans l’équipe à l’heure où Hollywood croule sous les polémiques du white washing.

Photo des 7 Mercenaires d'Antoine Fuqua sur laquelle les héros menés par Denzel Washington sont alignés, à cheval.

La complicité entre les différents membres est présente et tous ont droit à leurs moments forts. Ils n’égalent cependant pas les prestations de leurs prédécesseurs. Chris Pratt n’est pas aussi cool que Steve McQueen malgré tous ses efforts et il est difficile de nous faire oublier la présence silencieuse de James Coburn et Charles Bronson. Les traits de caractère comme l’impertinence de certains et la lâcheté d’autres sont réutilisés et si ces protagonistes reflètent les choix du cinéaste, ils ne se démarquent jamais à travers leur personnalité de l’ancienne bande.

Il en va de même pour la présentation des habitants. La version de Sturges présentait la pauvreté du village et les rapports attachants mais sans complaisance avec les mercenaires, malgré la présence difficile de Horst Buchholz. Les rares apparitions du méchant incarné par Eli Wallach et son gang amenaient une véritable tension.

Photo des 7 Mercenaires d'Antoine Fuqua sur laquelle les héros se suivent à cheval dans les grands espaces.

Dans le film de Fuqua, la cruauté de Bogue incarné Peter Sarsgaard est sans surprise et sa présence est loin d’être aussi menaçante que celle de Leonardo DiCaprio dans Django Unchained. On connaît déjà les issues de la lutte non pas parce qu’elles sont semblables à celles de l’original mais parce que le réalisateur peine à créer le moindre suspense tant sa bande est cool et douée au revolver. On assiste à des séquences poseuses où les dialogues nous en disent très peu sur leur nature et leur passé. Lors de la bataille finale, les péripéties téléphonées s’enchaînent et les répliques finissent de réduire les personnages à des archétypes redondants.

Antoine Fuqua est doué pour filmer l’action mais ne parvient pas à développer des enjeux dramatiques provoquant l’implication du spectateur. Les travellings à toute vitesse sur des cavaliers chevauchant et les plans sur les mercenaires alignés dans les grands espaces sont élégants mais servent un récit extrêmement formel. On se réjouit d’entendre l’ultime composition de James Horner, des gunfight propres et carrés, du charisme de Denzel Washington à l’aise dans tous les genres et de certains seconds rôles légèrement nuancés comme Ethan Hawke. Malheureusement, ces qualités ne masquent pas le vide du scénario de cette nouvelle version des 7 Mercenaires qui n’atteint jamais le plaisir suscité par son modèle.

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