Critique : Match Retour – Let’s do it again

Affiche du film Match Retour qui rappelle les annonces de matchs de boxe, sur laquelle Stallone et De Niro sont face à face en position de combat.

En 1976, Sylvester Stallone devenait une star mondiale avec Rocky, énorme succès récompensé par trois Oscars dont celui de meilleur film. La même année, Martin Scorsese et Robert De Niro repartaient avec la Palme d’Or du Festival de Cannes pour Taxi Driver. Quatre ans plus tard, le duo mythique nous offrait leur deuxième meilleur long métrage, Raging Bull, biographie féroce de Jake La Motta qui valut à De Niro l’Oscar du meilleur acteur. Depuis, Stallone a créé une autre saga culte, joué dans de nombreux navets (Driven, Over The Top) et signé un retour salvateur avec Rocky Balboa, John Rambo et Expendables. De son côté, Robert De Niro a d’abord enchaîné les chefs d’œuvre (La Valse des pantins, Brazil, Les Affranchis) avant de sombrer dans le néant à la fin des années 90 malgré quelques prestations remarquables (Happiness Therapy, Monsieur Flynn).

17 ans après leur rencontre sur le très bon Copland et à l’heure où la nostalgie touche toutes les icônes des années 70, les deux monstres se retrouvent avec Match Retour dans lequel ils reprennent les rôles qui ont fait leur légende. Stallone est Razor, homme de la rue et ancienne gloire de la boxe qui a raccroché au profit d’une vie paisible. De Niro interprète Kid, un teigneux dont l’uppercut n’a d’égal que la grandeur de sa bouche qui continue à penser qu’il est la star d’antan. Adversaires et ennemis dans le passé, les deux hommes vont devoir remonter sur le ring pour un dernier combat qui risque de changer leur vie.

Les défenseurs du Bon Cinéma vont encore nous envoyer de jolies roses sur les réseaux sociaux mais il faut reconnaître que Match Retour est loin d’être la catastrophe attendue. Oui, Peter Segal a réalisé le film avec ses pieds, comme à son habitude (Max La Menace, Amour et Amnésie). Le bougre n’a aucun sens du cadre et l’on pleure devant le combat final qui n’a aucune âme et durant lequel les papys s’envoient des mandales sans réfléchir et sans aucune classe. Oui, le long métrage dégouline de bons sentiments. C’est d’ailleurs le principal défaut de Stallone, qui interprète une nouvelle fois l’homme au grand cœur ayant renoncé à la célébrité pour retourner dans la rue. Non, De Niro n’a pas cessé de cabotiner et l’on a droit aux mimiques insupportables qui caractérisent son jeu depuis l’affreux Rocky & Bullwinkle. Non, le film n’offre rien de nouveau et celui qui s’exclamera « J’en étais sûr ! » à la fin n’aura probablement rien vu d’autre que Joséphine Ange-Gardien dans sa courte existence.

Photo du film Match Retour, sur laquelle Stallone et De Niro se toisent avant un combat de boxe.

Pourtant, on doit avouer que l’on ne s’est pas ennuyés une seconde et que l’attachement pour ces deux retraités bien trop vieux pour ces conneries est toujours présent. Entourés par des seconds rôles talentueux, à commencer par un Alan Arkin dément et un Jon Bernthal extrêmement sobre, Stallone et De Niro enchaînent les punchlines et parviennent à nous décrocher plus d’un sourire. C’est simple, on n’avait pas vu De Niro aussi décontracté et drôle depuis depuis le premier Mafia Blues. Les deux acteurs jouent de leurs erreurs et prennent du recul sur leur carrière, ce qui leur évite de devenir pathétiques.

Match Retour est un divertissement calibré pour le grand public, oubliable mais agréable. Après une carrière qui force le respect, Stallone et De Niro comprennent qu’ils sont dépassés mais tiennent à rappeler qu’ils n’ont jamais quitté la partie malgré leurs nombreuses incartades. Il ne manquait à Match Retour qu’un vrai metteur en scène et un scénario moins conventionnel pour être une réussite.

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