Critique : Mea Culpa – Tandem

Affiche du film Mea Culpa de Fred Cavayé. Dans une ruelle, un enfant court poursuivi par un homme au visage masqué par un casque de moto.

En deux films, Fred Cavayé s’est imposé comme le nouveau spécialiste du cinéma d’action français. En voyant l’affiche calquée sur A bout portant, on avait peur que Mea Culpa ne soit qu’un simple mélange des deux premiers longs métrages de celui qui avait pourtant réussi à nous faire oublier les médiocres productions Europacorp.

Le réalisateur a réuni Gilles Lellouche et Vincent Lindon, les deux héros des précédents films et une nouvelle fois, nous avons droit à une course poursuite effrénée entre gangsters et durs à cuire voulant à tout prix protéger leur famille.

Les thèmes sont les mêmes, le déroulement est semblable et l’on retrouve toujours dans Mea Culpa cette efficacité indéniable et cette maitrise des séquences tendues qui font le charme des œuvres du cinéaste. Cavayé a réussi avec ce nouveau long métrage ce que Frédéric Jardin avait échoué avec Nuit Blanche, long métrage auquel nous n’avions pas du tout accroché. Ce dernier avait concentré son récit dans un lieu (une boîte de nuit) tandis que Cavayé a choisi trois endroits pour les plus grosses scènes d’action. Il sait gérer son espace et installer un véritable suspense en fonction de son cadre. Cela donne lieu à des passages mémorables qui ne révolutionnent en rien le genre mais fonctionnent toujours.

Photo de Gilles Lellouche et Vincent Lindon dans le film Mea Culpa de Fred Cavayé. Les deux acteurs sont dans une boîte de nuit et semblent chercher quelqu'un.

On retrouve d’ailleurs une séquence dans une boîte de nuit qui rappelle Michael Mann et notamment l’excellente introduction de Miami Vice et la séquence centrale du génial Collatéral. Cavayé abandonne Paris où il avait très bien exploité les bouches de métro dans A bout portant et concentre son récit sur Marseille, cité qui lui laisse de nouvelles possibilités.

Il recycle ses thèmes de prédilection sans nous laisser penser que Mea Culpa n’est qu’une suite ratée ou un remake déguisé de Pour elle et A bout portant. Le problème, c’est que Fred Cavayé peine à nous impliquer dans ses enjeux dramatiques et à donner de l’épaisseur à ses personnages. Vincent Lindon et Gilles Lellouche sont impeccables mais c’est plutôt du côté des seconds rôles que le bât blesse. La complicité entre les deux protagonistes principaux est très bien représentée et Cavayé nous présente deux flics à l’ancienne mais on s’attarde malheureusement plus sur les scènes d’action que sur leur évolution, ce qui n’était justement pas le cas dans Miami Vice. Il manque juste à Cavayé ce léger équilibre pour véritablement s’imposer comme la nouvelle référence de l’action à la française.

A une époque où l’on voit beaucoup de comédies réchauffées et de drames faussement intimistes sortir en salles, on se réjouit de la fraicheur que propose Cavayé, comme Riad Sattouf a su le faire avec ses comédies. On vous recommande donc Mea Culpa qui, s’il n’est pas exempt de défauts, s’avère généreux et offre à son public ce pourquoi il a payé sa place.

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Une réponse à Critique : Mea Culpa – Tandem

  1. dasola dit :

    Bonjour, j’avais aimé les deux premier Cavayé. Pour celui-ci, je suis un peu plus réservée, c’est un peu toujours la même chose, l’histoire est très ténue et c’est vraiment trop « speed ». Moi, spectatrice, je suis sortie un peu épuisée de l’expérience. Sinon, j’ai eu une pensée émue pour le TGV (il en bave). Bonne fin d’après-midi.

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