Critique : Monuments Men – L’art se barre

Affiche du film Monuments Men de George Clooney sur laquelle nous voyons tous les personnages masculins principaux en tenue de soldats.

Depuis les premières projections presse, toute la blogosphère ciné dézingue le nouveau Clooney, attendu comme l’un des meilleurs films de l’année. Mister Nespresso n’est apparemment pas un grand metteur en scène et son nouveau long métrage manquerait de rythme et passerait même à côté de son sujet.

Si nous avions beaucoup apprécié Confessions d’un homme dangereux, Good night and good luck et Les marches du pouvoir, ce n’est pas pour leur réalisation certes appliquée mais pour leur sujet passionnant et leurs réflexions intéressantes.

C’est une nouvelle fois le cas avec Monuments Men, long métrage très classique qui relate le parcours d’un commando chargé de préserver les œuvres d’art durant la Seconde Guerre Mondiale. Une œuvre vaut-elle la vie d’un être humain ? Est-il nécessaire de préserver notre patrimoine en période de guerre ? Clooney a réalisé un film pour rendre hommage à cette équipe hors du commun mais également pour mettre en avant l’importance de l’art, témoin de l’évolution de l’humanité, de son histoire et de ses questionnements.

Comme toujours, le cinéaste croit en son sujet et nous touche par la sincérité de son entreprise. La mise en scène est trop académique, c’est certain, le découpage manque clairement de fluidité et l’on retrouve quelques longueurs ici ou là. En revanche, sa reconstitution est exemplaire, son casting est irréprochable et Clooney a le mérite de ne jamais prendre son spectateur de haut. Monuments Men n’est jamais moralisateur et s’impose comme un film populaire à la fois drôle, subtil et accessible.

Photo du film Monuments Men de George Clooney. Nous le voyons aux côtés de Matt Damon, John Goodman, Bill Murray et Bob Balaban marcher en tenue de soldats.

L’objectif n’est pas d’égaler des pointures comme Robert Aldrich (Les douze salopards), David Lean (Le pont de la rivière Kwai) ou John Frankenheimer (Le train). George Clooney n’a pas leur talent et il en est conscient. Le réalisateur n’est pas prétentieux et préfère rendre hommage à ses modèles tout en dévoilant une part de l’histoire méconnue.

Au niveau de l’interprétation, c’est un sans faute. Avec sa moustache et son air nonchalant, Clooney nous rappelle Clark Gable. Il est entouré du fidèle Matt Damon, sobre comme à son habitude. On retrouve également l’humour pince-sans-rire de Bill Murray et les mimiques de John Goodman qui apportent de la légèreté sans jamais trop en faire. On pourra discuter de la qualité du français de Cate Blanchett. Dans tous les cas, il est toujours plus crédible que celui de Mélanie Laurent.

L’autre élément qu’il faut absolument mettre en avant est l’excellente partition d’Alexandre Desplat que n’auraient pas renié certains maîtres tels que Malcolm Arnold, Jerry Goldsmith ou Dimitri Tiomkin.

Au final, Monuments Men est exactement ce à quoi il fallait s’attendre, une œuvre extrêmement intéressante portée par des comédiens géniaux qui n’est malheureusement pas traversée de coup d’éclat au niveau de la réalisation. Dans un cas comme celui-ci, est-ce vraiment dérangeant ?

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