Critique : Paddington – Un ourson dans la ville

Paddington_Poster

L’ourson le plus célèbre d’Angleterre a fait sa première apparition au cinéma fin 2014. Après de nombreuses aventures racontées dans des ouvrages et séries animées, la créature imaginée par Michael Bond s’est appropriée le grand écran avec panache. Paddington est probablement l’un des meilleurs longs métrages pour enfants de ces deux dernières années.

Pour le réalisateur Paul King, il n’était pas question de dénaturer le mythe apprécié dans le monde entier. Paddington est toujours le petit ours du Pérou qui entreprend un grand voyage à Londres pour retrouver l’explorateur accueilli par sa famille bien des années plus tôt.

A partir de l’arrivée de l’ourson dans le royaume, King trouve un bel équilibre entre les gags qui s’enchaînent à vive allure et le côté touchant de son personnage, qui devra s’adapter à la famille Brown. Les Brown ont des traits de caractère très prononcés. Le père ressent un besoin constant de protéger ses enfants au point de les étouffer, la mère est une artiste accomplie et rêveuse, la fille traverse l’âge bête et le fils est un inventeur hors pair. Paddington est évidemment irrésistible et la gouvernante de la famille interprétée par l’excellente Julie Walters rattrape avec un naturel déconcertant les maladresses de l’ours. Rapidement, les liens se créent et Paddington trouve sa place dans une famille aussi farfelue et attachante que lui.

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Les péripéties s’enchaînent très vite et l’on retrouve dans les gaffes et la présentation de la méchante incarnée par Nicole Kidman les éléments qui faisaient le charme des bons films de Chris Colombus. Lorsque Paddington tente d’infiltrer une confrérie d’explorateurs ou affronte Kidman, l’inventivité de Maman j’ai raté l’avion et des premiers épisodes de la saga Harry Potter ressurgit.

Visuellement, Paddington est impeccable et les images de synthèse, aussi réussies que dans les deux Ted, sont parfaitement intégrées aux prises de vue réelles. La séquence où l’ourson découvre un environnement bien trop sophistiqué pour lui dans la salle de bains impressionne, au même titre que l’utilisation des décors de la demeure, représentatifs de l’état d’une famille joyeuse ou mélancolique.

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Ces idées relancent constamment le rythme et offre aux adultes des références bien senties, où le second degré et le décalage sont totalement assumés. Cela se ressent également à travers la prestation de Nicole Kidman, qui a rarement autant cabotiné mais qui semble prendre un véritable plaisir à jouer une taxidermiste sadique. Le spectateur est tour à tour inquiet pour l’avenir de Paddington, rassuré par les membres de la famille et ne cesse jamais de rire des gaffes de l’ourson, à mi-chemin entre Peter Sellers et Pierre Richard. Sa naïveté étouffe quelque peu la lourdeur d’une morale formatée que King place suffisamment en retrait pour qu’elle soit comprise par les plus petits sans être martelée. La tolérance et l’acceptation de l’étranger sont abordées de façon explicite mais ne prennent jamais le pas sur la notion de découverte et le parcours initiatique de l’ours.

Paddington est un joli film pour enfants, sincère, drôle et qui n’a jamais la prétention de révolutionner le genre. Paul King a réussi à rester fidèle aux travaux de Michael Bond tout en dynamisant les aventures et en faisant faire à l’ourson ainsi qu’au spectateur un voyage très agréable dans les plus beaux quartiers londoniens.

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