Critique : Shaun le mouton – Fantastic Mr. Shaun

Affiche du film Shaun Le Mouton. Nous voyons Shaun courir à un rythme effréné, entouré de ses amis. Ils sont poursuivis par un humain.

20 ans après sa première apparition dans Wallace et Gromit : Rasé de près, Shaun le mouton débarque au cinéma dans la nouvelle production des studios Aardman. On connaissait la série éponyme et ses épisodes de sept minutes et l’on se demandait si la transposition sur grand écran allait tenir le rythme.

Sans grande surprise, Shaun le mouton est une belle réussite. Techniquement, le long métrage est parfait. Les studios Aardman prouvent une nouvelle fois qu’ils sont les meilleurs, avec Henry Selick (L’étrange Noël de Monsieur Jack), dans l’animation en pâte à modeler. Comme dans La grande aventure Lego sorti l’an passé, les réalisateurs Mark Burton et Richard Starzak profitent de leur technique atypique pour donner un rythme parfois saccadé qui fait tout le charme des films du studio à l’origine de Chicken Run. 

Comme ses prédécesseurs, Shaun le mouton rend hommage aux classiques du cinéma burlesque et à certaines figures telles que Buster Keaton et Harold Lloyd. Sans dialogue, le long métrage est rempli d’onomatopées et de bruitages savoureux. Les expressions de chaque personnage, à commencer par Shaun et son ami Bitzer, se suffisent à elles-mêmes pour mettre en place des échanges. Film « muet », Shaun le mouton est cependant bavard sur le fond et cette histoire de sauvetage met habilement en avant des valeurs universelles.

Photo du film Shaun Le Mouton. Nous y voyons le mouton courir dans une prairie avec ses amis.

Au lieu de se contenter de remettre au goût du jour un cinéma artisanal, Burton et Starzak l’associent à des références actuelles et à une présentation de la ville moderne croustillante. Le méchant, employé de la fourrière animale ayant raté le concours de la BAC, est une parodie irrésistible du citadin stressé et en manque d’autorité. On se souviendra de ses frasques, de la séquence en prison et d’une tentative d’évasion foireuse. On est séduit par la bêtise de ces moutons confrontés à la jungle urbaine et les cinéastes s’amusent à briser le mythe de la grande ville pleine de possibilités et de rêves accomplis.

On retrouve dans Shaun le mouton de nombreux clins d’œil à la pop culture, qui vont des Beatles jusqu’à la saga X-Men, utilisés avec intelligence pour permettre l’évolution du héros. Chaque hommage sert un récit qui laisse peu de place au superflu et vante la solidarité et la ruse du plus petit de la bande.

Shaun le mouton est probablement le film d’animation le plus dynamique et le plus drôle que l’on ait vu en ce début d’année. Le long métrage est une réussite à tous les niveaux. Sa simplicité, l’attachement que l’on porte aux personnages et le style unique des studios Aardman en font une œuvre complète et un passage au grand écran réussi d’un personnage habitué au format court.

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