Critique : Solo, A Star Wars Story – L’Étrange Incident

Affiche de Solo : A Star Wars Story sur laquelle tous les personnages avancent alignés vers l'objectif. Han Solo est au centre de l'affiche.

Petite frappe et magouilleur, le jeune Han Solo ambitionne de devenir le meilleur pilote de la galaxie. Après avoir échappé à l’Empire, il trouve la possibilité de faire ses preuves sur un gros coup auprès d’une équipe menée par le charismatique Tobias Beckett. C’est à cette époque que le héros que l’on connaît bien fait la connaissance de Chewbacca, Lando Calrissian et de son futur bébé, le Faucon Millenium.

Handicapé par sa production calamiteuse, Solo : A Star Wars Story souffre avant même sa sortie d’une réputation peu reluisante et de critiques assassines. Présenté au Festival de Cannes hors compétition, le long-métrage est loin d’avoir fait l’unanimité et est d’ores et déjà considéré comme l’un des pires épisodes de la saga.

S’il est effectivement l’un des moins marquants, le film n’est en revanche pas la catastrophe annoncée et offre même des séquences honnêtes et bien emballées. C’est notamment le cas des scènes d’ouverture, qui nous présentent un jeune héros à l’avenir incertain mais déjà bourré d’assurance.

La remise en question de l’utilité de ce spin-off est tout à fait légitime. Néanmoins, il a au moins le mérite de dévoiler les origines d’un personnage qui sont cohérentes avec tout ce que l’on sait de lui. Avec Solo : A Star Wars Story, on découvre en effet comment le contrebandier en est venu à ne jamais accorder sa confiance, notamment dans ses relations amoureuses, et à vivre comme un électron libre dans les coins les plus sombres de la galaxie tiraillée par la lutte entre l’Empire et la Rébellion.

Photo tirée du film Solo : A Star Wars Story sur laquelle on voit Han Solo et Chewbacca observer l'horizon de dos. Chewbacca pose sa main sur l'épaule de Han Solo.

L’autre élément de l’identité de Solo que l’on prend énormément de plaisir à découvrir est sa relation avec Chewbacca. Le wookie s’impose comme le personnage secondaire le plus attachant de cet épisode. La disparition de son espèce est abordée succinctement à travers quelques passages réussis, à commencer par sa première apparition qui fait écho à une scène du Retour du Jedi durant laquelle Luke Skywalker et Chewie tentent de libérer Solo.

En reprenant le film de Phil Lord et Christopher Miller, Ron Howard, faiseur capable du meilleur comme du pire, évite le naufrage grâce à ce duo de personnages, pour lequel il semble avoir énormément d’affection. Au bout de quelques minutes, le réalisateur parvient également à faire oublier les doutes sur la performance d’Alden Ehrenreich, accusé d’être mauvais comme un cochon durant le tournage. Le regard rieur et la désinvolture de Solo, le comédien a su se les approprier tout en insufflant au personnage la naïveté propre à sa jeunesse.

Ron Howard nous offre quelques séquences spectaculaires, à l’image d’une course folle dans l’espace durant laquelle Solo prouve qu’il est le seul à pouvoir piloter le Faucon Millénium. Le cinéaste bénéficie également de la photographie de Bradford Young, qui n’a aucun mal à faire ressortir l’ambiance poisseuse de certains lieux, tout comme il réussit à nous plonger au Far West lors d’un duel final, qui est hélas traité de façon expéditive.

Photo tirée du film Solo : A Star Wars Story, qui est un gros plan sur la jambe de Han Solo, prêt à dégainer son pistolet laser lors d'un duel final.

Le dernier acte empile d’ailleurs les révélations sans grande conviction et de façon extrêmement rapide, alors que le long-métrage se sortait tout juste d’un gros ventre mou. En effet, si l’on suit les péripéties sans s’ennuyer, Solo : A Star Wars Story ne propose malheureusement aucune implication émotionnelle à son spectateur une fois que les héros ont été présentés.

Il dévoile néanmoins quelques protagonistes intéressants, à commencer par la partenaire de Lando Calrissian, droïde doublée par Phoebe Waller-Bridge, et le vieux briscard fatigué et roublard interprété par Woody Harrelson. Leur présence éclipse aisément le méchant caricatural incarné par Paul Bettany, ainsi que l’héroïne particulièrement peu crédible campée par Emilia Clarke.

Certaines séquences manquent par ailleurs d’ambition, à l’image d’une partie dans les tranchées où l’atmosphère brumeuse peine à masquer le manque d’audace de la mise en scène. En dépit de ces gros défauts, Solo : A Star Wars Story n’est pas le nanar décrié. Ses soucis d’écriture, en particulier sur la fin, impactent finalement peu le portrait du jeune héros, qui n’hésite déjà pas à tirer le premier et dont les fascinantes ambivalences sont tout à fait perceptibles.

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