Critique : Star Wars, Les derniers Jedi – Les Adieux à la reine

Affiche de Star Wars : Les derniers Jedi de Rian Johnson sur laquelle on découvre tous les personnages principaux sur un montage qui utilise des tons rouges.

Les derniers Jedi débute à peu près là où Le Réveil de la Force se terminait. La Rébellion est de plus en plus en difficulté face au Premier Ordre, tandis que Rey est partie à la recherche de Luke Skywalker, l’ultime espoir pour une éventuelle victoire.

S’il reprend les thématiques et questions lancées par son prédécesseur J.J. Abrams, Rian Johnson a pour ambition avec cet épisode 8 d’instaurer de nouvelles bases dans une franchise colossale. Il est temps pour la mythologie Star Wars d’évoluer, même s’il faut pour cela faire table rase du passé et l’éliminer. C’est en tout cas ce que laisse entendre Kylo Ren, personnage qui s’étoffe et dont la trajectoire est de plus en plus définie.

Le spectateur devra néanmoins patienter avant d’apercevoir une once de changement dans ce nouvel épisode. Pourtant, la tentative de renversement des idées préconçues que l’on avait vis-à-vis de l’avenir de la saga est mise en place dès la première apparition de Luke Skywalker. L’émotion ne prend malheureusement pas directement et les retrouvailles avec le Jedi sont quelque peu amères, voire décevantes.

Photo de Daisy Ridley dans Star Wars : Les derniers Jedi de Rian Johnson, sur laquelle on aperçoit Rey de dos sur l'île de Luke Skywalker.

Dans sa première partie, Les derniers Jedi se concentre sur des sous-intrigues dans lequel le spectateur peine à s’impliquer, et ce malgré des personnages attachants. C’est notamment le cas du parcours de Finn, interprété par John Boyega, ainsi que celui de Rose, nouvelle venue dans la saga brillamment incarnée par Kelly Marie Tran. Certaines péripéties paraissent anecdotiques et n’ont au final que peu d’importance sur la finalité du récit, bien plus riche dans la deuxième moitié.

Lorsque Rey, héroïne censée créer sa propre légende loin des mythes existants, prend une décision capitale après une première heure fastidieuse, le long-métrage de Rian Johnson devient réellement captivant. La dualité de Kylo Ren devient alors palpable mais le réalisateur ne veut pas faire durer le suspense sur sa nature indéfiniment.

Il en va de même avec d’autres enjeux cruciaux du film. Après avoir pris le temps d’attribuer une mission précise à tous ses protagonistes, Rian Johnson s’attaque enfin aux thèmes fondamentaux. Il se concentre notamment sur le poids de l’héritage familial qui pèse sur Kylo Ren, et qui pesait autrefois de la même manière sur son oncle Luke. Le cinéaste parvient alors à susciter l’excitation du spectateur, notamment grâce à des confrontations extrêmement efficaces. Le combat dans une pièce rouge en est le parfait exemple et s’impose comme l’une des séquences les plus mémorables du long-métrage.

Photo du combat entre Finn et Captain Phasma dans Star Wars : Les derniers Jedi de Rian Johnson.

Bon nombre de personnages secondaires sont malheureusement sacrifiés, mais l’intensité ne faiblit pas jusqu’à la conclusion. On regrette néanmoins que l’émotion de certains passages charnières soit désamorcée par quelques blagues inoffensives et inutiles. Les sentiments réussissent tout de même à arriver, en particulier lors du final sur une planète de minerais qui permet à Rian Johnson de faire des propositions visuelles inédites et réussies.

Au premier abord, les longueurs de Star Wars : Les derniers Jedi donnent l’impression que le film manque clairement de consistance. Cependant, il serait dommage de passer à côté de cet opus qui s’efforce, parfois avec difficulté, de poser de nouvelles bases sur une franchise où le changement semble désormais être le maître mot.

Il faudra encore de nombreux efforts pour que Disney réinvente totalement une saga qui ne peut s’empêcher de surfer sur la nostalgie. C’est le cas à chaque apparition de Carrie Fisher et Mark Hamill, deux vétérans extrêmement touchants malgré les cafouillages de l’ensemble. Tuer le père n’est pas une épreuve facile et si Rian Johnson ne l’a réussie que partiellement, il a néanmoins emmené Star Wars vers de nouvelles frontières prometteuses.

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