Critique : Taken 3 – L’alarme fatale

Affiche de Taken 3 d'Olivier Megaton. LIam Neeson tient une arme au premier plan alors que des hélicoptères survolent Los Angeles au second plan.
Il était temps que tout s’achève. Les prises de krav-maga mal montées, les « bonne chance » assénés de manière ironique, le découpage en dix plans/seconde… Si le premier épisode réalisé par Pierre Morel laissait une agréable sensation, la prise en main de la saga par Olivier Megaton s’est avérée fastidieuse. Le troisième épisode est le digne successeur du second et condense tout ce qui nous agace dans les actionners Europacorp.

Comme son prédécesseur, Taken 3 reprend certains codes de mise en scène brillamment instaurés par Tony Scott (Man on Fire) sans jamais lui arriver à la cheville. Megaton continue de nous perdre dans des scènes d’action illisibles et jamais impressionnantes. On ne peut même pas se contenter d’une explosion finale tant Liam Neeson paraît doué et surpuissant par rapport à ses adversaires.

C’est d’ailleurs le deuxième gros problème du film. Exempt de suspense, Taken 3 bénéficie du scénario le plus mou et le plus prévisible de ce début d’année. La mort de Famke Janssen est expédiée en quelques secondes. Le spectateur a l’espoir de la voir ressuscitée grâce à un superbe twist mais ses attentes sont rapidement brisées lors d’une scène à la morgue tout aussi invraisemblable que le reste du long métrage. La plupart des personnages sont sacrifiés au profit d’un Liam Neeson qui traîne ses baskets sans grande conviction. On ne peut même pas apprécier les compétences sportives du comédien tant le montage rappelle celui d’un Direct To Video produit spécialement pour Steven Seagal.

Photo de Liam Neeson dans le film Taken 3. L'acteur vient de sortir d'une Porsche dans un paysage désert et braque son arme sur un ennemi.

On sent que les scénaristes ont tenté de délaisser la surenchère qui caractérisait le deuxième opus afin de développer une intrigue plus dramatique et « réaliste ». Hélas, les incohérences sont toujours présentes, les protagonistes traversent Los Angeles en quelques minutes et Bryan Mills a le don de se foutre dans le pétrin pour ensuite trouver une solution dans la minute.

La présence de Forest Whitaker était l’élément alléchant de cette conclusion. Elle est finalement aussi anecdotique que le reste. L’inégal interprète de Ghost Dog nous joue la carte du flic stressé et intransigeant en lançant des regards ahuris à ses collègues beaufs, avant de révéler nonchalamment lors de la conclusion qu’il avait tout deviné depuis le début. Taken 3 ne tombe pas dans le ridicule parce qu’il en fait trop mais parce qu’il tente de justifier l’absence d’originalité de son script avec des détails complètement insignifiants.

On ne peut même pas se ravir de l’arrivée d’un méchant sadique et caricatural car ce dernier est lui-même victime d’une supercherie. La trahison que vit Bryan Mills est amenée avec toute la subtilité déjà présente dans des longs métrages comme Colombiana ou Banlieue 13 : Ultimatum. A l’image du carton planétaire Lucy, Taken 3 redéfinit le mot recyclage et parvient même à ennuyer son public. Alors que Bryan Mills aurait dû terminer sauvagement la trilogie dont il est le héros, il prend son temps, ne s’affole pas et ne nous laisse jamais croire qu’il a une chance de se faire coincer. On espère vraiment que le massacre d’un concept efficace mais réutilisé à l’excès s’arrêtera quelques années, avant de voir débarquer le reboot d’une trilogie qui n’aurait pas dû en être une.

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