Critique : The Amazing Spider-Man 2 – Calme blanc

Affiche du film The Amazing Spider-Man : Le destin d'un héros. Spider-Man s'apprête à combattre Electro à Times Square.

On a beau y mettre toute notre bonne volonté, les nouveaux Spider-Man ne sont vraiment pas faits pour nous. En faisant un petit tour sur le web, on s’est rendus compte que les aficionados de la saga de Marc Webb continuent de se battre virtuellement contre les fans de l’excellente trilogie mise en scène par Sam Raimi. On ne va pas revenir sur toutes les comparaisons et sur la légitimité par rapport aux comics, on n’y connaît pas grand chose.

Nous nous sommes profondément ennuyés devant Le destin d’un héros qui ressort les mêmes enjeux, les mêmes blagues, les mêmes séquences spectaculaires que la plupart des productions Marvel du moment, qui s’enchaînent à toute vitesse. A vrai dire, même si l’on a été agréablement surpris par le deuxième volet de Captain America, le seul long métrage du genre qui nous intéresse cette année est X-Men : Days of Future Past que l’on pourra découvrir à la fin du mois.

Les studios réussissent à créer l’attente de leurs fans avec des œuvres passerelles dont la principale ambition est de vendre des jouets et des popcorns à des marmots jamais rassasiés par les aventures de leurs héros préférés. En dehors de cela, on a beau fouillé, on ne trouve quasiment rien.

Evidemment, on va nous dire que l’on exagère, que cette nouvelle saga Spider-Man aborde parfaitement les traumas d’un adolescent qui ne sait que choisir entre sa vie personnelle et ses responsabilités envers la ville de New York. Vous avez sûrement raison. Mais on a déjà vu cette histoire plusieurs fois et en bien mieux.

Photo du film The Amazing Spider-Man 2. Sur un passage de piéton, Spider-Man discute avec une femme déguisée en Statue de la Liberté.

On pourrait se consoler avec les nouveautés, la pluralité des méchants, la relation tumultueuse et passionnée de Peter et Gwen, les découvertes du héros sur ses parents… En ce qui concerne les vilains, on oublie immédiatement Electro, caricature abusive du nerd incarné par un Jamie Foxx cabotin et jamais dans le bon ton. On ne parle pas du Rhino que l’on voit très peu. Paul Giamatti en fait des tonnes et c’est un euphémisme. Lorsqu’il est drôle, c’est malheureusement involontaire. Heureusement, Dan Dehaan relève le niveau. Extrêmement torturé, ce Norman Osborn est l’une des rares choses à retenir de ce deuxième opus. A l’aise dans la peau du Bouffon Vert, on ne le voit finalement pas assez dans ce costume. C’est dommage mais volontaire. Encore une fois, The Amazing Spider-Man 2 est un film passerelle qui ne tient pas ses promesses et en amène de nouvelles pour exciter le spectateur. Cela débouchera sûrement sur du vide. Mais ce n’est que notre avis.

Dans cette suite, Peter découvre des éléments importants sur ses parents. On aurait dû être passionnés par ses recherches et ses trouvailles. Mais à aucun moment The Amazing Spider-Man 2 ne nous a pris aux tripes. Jamais durant plus de deux heures nous ne sommes sortis de cet état de passivité qui revient de plus en plus devant les films de super-héros. En revanche, on apprécie les séquences entre Andrew Garfield et Emma Stone, couple attachant à l’écran comme à la ville. Marc Webb a les épaules pour mettre en scène des comédies romantiques, c’est certain, pas des blockbusters de cet acabit. On se consolera légèrement avec l’humour d’Andrew Garfield toujours aussi crédible dans le rôle de l’homme-araignée.

The Amazing Spider-Man 2 paraît très long malgré ses scènes d’action spectaculaires que l’on a déjà oubliées. Faire un film propre et soigné qui divertira des millions de spectateurs, c’est bien. Réaliser une œuvre avec une âme et une véritable sensibilité, nécessaire pour le personnage, c’est bien plus compliqué.

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