Critique : The Equalizer – Le dernier samaritain

Affiche de The Equalizer d'Antoine Fuqua. Il s'agit d'un portrait en contre-plongée de Denzel Washington sous la pluie, un air déterminé et une arme à la main.

Treize ans après Training Day, Antoine Fuqua et Denzel Washington se retrouvent pour l’adaptation d’une série des années 80. Denzel y joue le rôle de Robert McCall, un agent secret retraité qui va reprendre les affaires pour protéger une jeune prostituée à la solde de mafieux russes.

Ce qu’il y a de fascinant avec Denzel Washington, c’est qu’il parvient à faire la même chose depuis maintenant 25 ans sans jamais nous lasser. Là où des comédiens comme Liam Neeson (Taken) n’arrivent plus à se renouveler et n’essayent même plus de surprendre leur public ou de simplement prendre du plaisir, Denzel continue d’enchaîner les longs métrages comme un jeunot et a l’air de s’éclater. The Equalizer représente un pur condensé de tout ce qu’on connaît et ce que l’on aime de l’acteur.

Le côté solitaire et réservé de Man on Fire est la première chose marquante reprise dans le film. D’ailleurs, le pitch a de nombreuses similarités avec celui du long métrage de Tony Scott. Mais Fuqua n’a pas la prétention d’égaler l’ancien compagnon de route de Denzel. Il préfère mettre en scène une série B classique mais solide et délaisse toute la mélancolie et la fureur de son prédécesseur. A l’inverse de Man on Fire, The Equalizer est une œuvre profondément cool, remplie de punchlines et de situations ironiques. On pense évidemment à la dernière demi-heure du film, durant laquelle Denzel se déchaîne et élimine ses ennemis de façon assez astucieuse. Dans le choix des décors et des effets, nous ne trouvons rien d’original mais Fuqua a toujours su filmer l’action avec panache (Shooter, La chute de la Maison Blanche).

Photo de Denzel Washington dans le film The Equalizer d'Antoine Fuqua. L'acteur est assis sur un fauteuil dans une villa, une arme à la main.

Ainsi, lorsque l’on voit Denzel rouler des mécaniques sous la pluie, on ne peut que ressentir la montée de testostérone. On irait même jusqu’à crier victoire de manière virile à l’image des autres kékés venus prendre, comme nous, leur dose de courage dans la salle. On appelle ça l’effet Washington, ou le syndrome Denzelien.

Si The Equalizer est rempli de défauts, on préfère ne pas trop s’attarder dessus et profiter du numéro du comédien. Oui, Denzel Wahsington fait toujours la même chose et ne change pas spécialement de registre. Will Ferrell et Woody Allen non plus. Et c’est bien pour ça que l’on apprécie ces artistes. Après l’excellent drame Flight qui avait mis tout le monde d’accord, Denzel est de retour avec sa cool-attitude, à l’aise dans ses New Balance et son bomber noir, prêt à dézinguer n’importe qui pour rétablir la justice. On en oublierait presque ses côtés réactionnaire et puritain. Tout ce que l’on veut, c’est retrouver le héros d’Inside Man et Déjà vu qui paraît plus en forme que tous les Expendables réunis.

On regrettera l’essoufflement dans la deuxième partie, le personnage sacrifié de la talentueuse Chloé Gräce Moretz (Hugo Cabret) et la présence d’un méchant trop peu effrayant. Au final, beaucoup de choses sont bâclées dans The Equalizer, qui est en fait une ode à son acteur principal, symbole d’un cinéma décontracté totalement assumé. Si ce vigilante movie au scénario digne des meilleurs Steven Seagal ne tombe jamais dans le ridicule, c’est uniquement grâce à Fuqua et Washington. L’énergie du premier s’allie parfaitement avec la classe du second, et le résultat est un plaisir qui surpasse un bon nombre de blockbusters récents soi-disant funs.

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