Critique : The Jane Doe Identity – Corps et âme

Affiche de The Jane Doe Identity sur laquelle on ne voit que le corps sans vie de Jane Doe, allongée, avec du sang qui lui coule du nez.

Lorsqu’ils reçoivent le corps sans vie d’une femme dont on ignore l’identité, Tommy Tilden et son fils Austin, médecins-légistes, sont convaincus que l’autopsie se déroulera sans difficulté. Peu à peu, ils découvrent que la jeune victime a subi d’horribles sévices alors que son corps ne présente aucune blessure. A mesure que leurs recherches avancent, des éléments surnaturels surviennent dans leur crématorium.

Film d’horreur malin et bien troussé, The Jane Doe Identity suscite immédiatement l’attention du spectateur grâce au cadre dans lequel l’histoire se déroule. Le crématorium où Tommy et Austin travaillent paraît aussi inquiétant vu de l’intérieur que de l’extérieur. Le mystère ainsi que la grisaille des lieux et du temps rappellent certaines œuvres de David Fincher, influence revendiquée par André Övredal. Les murs ternes, l’absence totale de décoration dans l’immense demeure et la froideur clinique de la salle d’autopsie créent quant à eux le malaise.

Photo de Brian Cox et Emile Hirsch analysant le corps de Jane Doe dans The Jane Doe Identity.

L’arrivée de Jane Doe dans le bâtiment, dont le corps intact a été retrouvé près d’une scène de massacre, ne fait que renforcer cette sensation. Le cinéaste, à qui l’on doit Trollhunters, n’a aucun mal à instaurer un climat oppressant qui ne semble en rien perturber les deux médecins-légistes. Pour eux, l’autopsie de la jeune femme ne constitue qu’une formalité ne demandant pas vraiment d’efforts.

Le réalisateur expose, à travers leur méthode de travail dévoilée en quelques scènes, leurs différents traits de caractère. L’estime et l’amour qu’ils se portent sont totalement perceptibles. L’exigence et la rationalité du père s’accordent parfaitement aux doutes et au soutien du fils. L’attachement que le spectateur ressent pour eux se crée donc rapidement.

Avant que les premiers phénomènes ne débutent, André Övredal prend le temps de familiariser le spectateur avec des lieux qui vont progressivement étouffer ses personnages. La mise en scène est efficace et le cinéaste ne cessera de jouer habilement avec les différentes pièces, même si cela débouche parfois sur des effets prévisibles.

Photo de Brian Cox examinant le visage de Jane Doe dans The Jane Doe Identity.

S’il use notamment de jump-scares attendus, le réalisateur réussit également à provoquer la peur avec les plans sur le visage de Jane Doe. La souffrance qu’elle a éprouvée ne se perçoit qu’à travers son regard, qui va peu à peu évoluer à mesure que les médecins-légistes analysent son corps. La partie du film où Tommy et Austin n’ont pas réalisé l’impact de l’arrivée de la victime est la plus captivante.

Avant que les décevantes révélations n’arrivent, le père et le fils doivent surmonter leurs traumatismes à travers des scènes souvent terrifiantes. Leur évolution est l’aspect le mieux développé de The Jane Doe Identity, long-métrage doté de personnages consistants brillamment interprétés par Brian Cox et Emile Hirsch. La succession d’événements auxquels ils font face n’est pas vide de sens, et ce malgré la fin expéditive qui ouvre sur une éventuelle suite inutile.

Sans tomber dans la surenchère, André Övredal réussit tour à tour à oppresser et effrayer le spectateur. Son film est à découvrir pour son efficacité et sa justesse, jamais plombées par le manque d’originalité de l’ensemble.

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