Critique : The Walk – Les pieds dans le vide

Affiche de The Walk assez minimaliste sur lesquels nous retrouvons le bleu du ciel, l'élévation du World Trade Center et l'équipe menée par Philippe Petit.

Dans les années 70, l’artiste funambule Philippe Petit s’entraîne dans les rues de Paris et effectue des numéros pour les passants. Après avoir façonné sa technique, l’homme découvre que la construction du World Trade Center touche à sa fin. Il voit en ces deux immeubles la possibilité de réaliser une prestation unique, dangereuse et spectaculaire.

Robert Zemeckis est un auteur qui n’a cessé d’expérimenter durant sa carrière sur d’énormes succès comme la trilogie Retour vers le futur ou Forrest Gump mais également dans des œuvres plus discrètes à l’image du très beau Contact. Tout comme le personnage qu’il met en scène, le réalisateur possède une volonté d’innover afin de progresser et de se perfectionner dans son art. Après avoir développé la performance capture sur Le Pôle Express, Le Drôle de Noël de Scrooge et le sous-estimé La Légende de Beowulf, le cinéaste nous offre avec The Walk l’une des meilleures utilisations de la 3D au cinéma.

Photo de Clément Sibony et Joseph Gordon-Levitt dans le film The Walk : Rêver plus haut. De dos, l'équipe menée par Philippe Petit observe le World Trade Center depuis la rue. Petit lève les bras comme pour imaginer le fil entre les deux tours.

En s’intéressant à la prestation de Petit et surtout à son métier d’artiste, Zemeckis joue avec la profondeur et la hauteur en permanence. Son personnage s’élève et paraît à la fois immense et minuscule face au vide. Tenace, prêt à se sacrifier pour sa passion et à repousser sans cesse ses limites, le funambule impressionne et s’impose comme un modèle subversif de son époque. Le long métrage présente également la part sombre de sa personnalité, l’incapacité de Philippe à conserver ses relations proches et son égocentrisme dans certaines situations.

La performance, la transmission et le spectacle restent les maître-mots de The Walk. Si l’on ne peut revenir en arrière, l’art permet néanmoins de sublimer des lieux symboliques comme le World Trade Center. La prestation ambitieuse et folle de Philippe Petit contribue, au même titre que le travail époustouflant de Robert Zemeckis, au souvenir de cet endroit unique. L’hommage est sous-jacent et rend The Walk encore plus émouvant. Il passe par le coup ingénieux mais parfois naïf monté par Petit, les plans au dessus du vide durant lequel le funambule effectue son tour ou la simplicité et la solidarité d’une équipe extrêmement attachante.

Photo de Joseph Gordon-Levitt dans le film The Walk : Rêver plus haut. L'acteur est au dessus du vide, pris de haut, sur un fil situé entre les deux tours du World Trade Center.

A travers la présentation de Petit planté sur la Statue de la Liberté s’adressant directement au spectateur, Zemeckis mise sur la théâtralité, assume entièrement l’aspect caricatural de son œuvre et construit son film comme un numéro de cirque vertigineux et tendu.

The Walk est une déclaration d’amour au cinéma mais surtout au besoin de s’exprimer des artistes. Beau, optimiste et prônant la liberté créative, le film est un grand spectacle sincère et immersif capable de nous faire vivre la peur et le dépassement d’un pionnier.

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