Critique : Thor: Ragnarok – Outland

Affiche de Thor : Ragnarok de Taïka Waititi sur laquelle tous les personnages sont alignés devant un fond très coloré et rétro. L'affiche rend hommage à l'univers de Jack Kirby.

Dans ce troisième opus, Thor va une nouvelle fois devoir combattre une force maléfique. L’enjeu sera de taille pour le dieu du tonnerre puisque ce nouvel ennemi est en réalité sa sœur Hela, déesse de la guerre. Privé de son marteau, Thor va devoir s’allier avec de vieilles connaissances pour venir à bout de celle qui menace de détruire Asgard.

Durant l’ouverture dans laquelle Chris Hemsworth rappelle qu’il est probablement le plus drôle des Avengers, Taika Waititi donne immédiatement le ton de Ragnarok. Contrairement à ses prédécesseurs, ce troisième épisode joue ouvertement la carte de la comédie et souhaite s’imposer comme un délire rétro rendant hommage au travail de Jack Kirby.

Malheureusement, avant de voir le long-métrage basculer dans le défouloir vendu par la campagne marketing, le spectateur devra patienter durant une longue première partie. Le réalisateur fait tout pour planter son cadre rapidement et introduire l’antagoniste interprétée par Cate Blanchett.

Photo tirée de Thor : Ragnarok sur laquelle la déesse interprétée de Cate Blanchett est de dos, prête à combattre les Walkyries qui chevauchent dans un ciel enflammé.

Balancé en permanence entre le registre comique et les enjeux dramatiques plus sérieux, Taika Waititi peine à créer l’émotion dans ce premier acte. Le spectateur comprend également qu’il faudra encore attendre avant de voir débarquer un méchant à la hauteur dans le Marvel Cinematic Universe, et ce malgré tous les efforts de la grande Cate Blanchett.

Néanmoins, lorsque la deuxième partie où Thor est privé de son précieux marteau débute, le ton régressif est enfin pleinement assumé. Ne cherchant plus à creuser l’animosité entre le héros et son frère Loki, Taika Waititi se contente de mettre en scène leur rivalité à coup de farces et de vannes bien senties. Si les personnages ne gagnent jamais en épaisseur, l’envie de ne pas se prendre sérieux se ressent clairement, notamment grâce à Chris Hemsworth et Tom Hiddleston qui semblent enfin totalement à l’aise.

Thor : Ragnarok bénéficie également de seconds rôles qui se greffent parfaitement à l’univers asgardien. C’est le cas de Tessa Thompson, qui s’impose comme le protagoniste le plus marquant malgré, là encore, un manque de développement évident. La présence de Mark Ruffalo dans les rôles de Hulk et Bruce Banner permet au cinéaste de creuser la bromance entre le super-héros et Thor, ce qui donne lieu à des échanges parfois très drôles.

Photo tirée de Thor: Ragnarok sur laquelle Thor s'apprête à combattre Hulk dans l'arène.

Les digressions permanentes du film sont bien plus intéressantes que celles de ses prédécesseurs, étant donné que le cinéaste apporte sa fibre comique sans difficulté. La tragédie grecque ratée instaurée par Kenneth Branagh dans le premier épisode disparaît, au même titre que la romance désincarnée entre le héros et la scientifique interprétée par Natalie Portman. 

Le long-métrage manque en revanche d’audace visuelle. Certaines séquences spectaculaires sont dénuées d’intensité à cause d’un montage hasardeux. C’est le cas de la bataille entre Hela et les Walkyries ou du combat dans l’arène entre Thor et Hulk, deux moments forts du film que Taika Waititi élude très rapidement. Le spectateur se console cependant avec un dernier acte qui, s’il ne réinvente absolument rien en termes d’action, remplit ses promesses de destruction et d’enchaînement de punchline.

Malgré la présence de personnages attachants et badass, jamais Thor : Ragnarok ne s’écarte du schéma habituel des œuvres du Marvel Cinematic Universe. Néanmoins, Taika Waititi parvient à combler l’épaisseur qui manque au film par des dialogues toujours efficaces. A l’image d’Ant-Man, ce troisième opus s’impose comme un divertissement futile mais plaisant, qui n’a aucun mal à surpasser les deux premiers épisodes.

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