Critique : X-Men Days of Future Past – Apocalypse Now

Affiche d'X-Men : Days of Future Past sur laquelle nous retrouvons tous les personnages principaux.

La saga X-Men est au meilleur de sa forme. Avec First Class, Matthew Vaughn avait ressuscité les mutants enterrés par Brett Ratner (X-Men : L’affrontement final) et Gavin Hood (X-Men Origins : Wolverine). En nous faisant découvrir le passé de certains personnages (Xavier, Magneto), il nous offrait un divertissement accessible et intelligent dont les péripéties s’imbriquaient parfaitement avec certains faits historiques incontournables du XXème siècle.

Le fait de donner un rôle capital aux mutants dans les événements majeurs de notre société est remarquablement repris par Bryan Singer dans Days of Future Past. On comprend notamment que Magneto est lié au meurtre du président Kennedy. Mais le cinéaste va au delà de ce concept et signe avec ce nouvel opus un film plus ambitieux, plus complexe et plus abouti que tous les autres épisodes de la saga.

Papa des deux premiers X-Men, Singer avait posé les bases d’une franchise qui s’était perdue en cours de route dans des incohérences difficilement rattrapables. Pourtant, le réalisateur réussit à remettre les choses en ordre, à lier le reboot à la première trilogie et à donner à cette dernière une conclusion digne de ce nom. On retrouve ainsi une grande partie des comédiens que l’on avait tristement quittés avec L’affrontement final.

Days of Future Past s’ouvre en effet avec des personnages emblématiques tels que Tornade, Wolverine ainsi que Xavier et Magneto. Perdus dans un monde dévasté où ils doivent affronter des sentinelles envoyées pour les exterminer, les mutants continuent à lutter malgré les effectifs réduits. Le long métrage débute sur la résistance redoutée par Xavier, dont le combat pour l’acceptation des mutants a échoué.

Photo de Nicholas Hoult, James McAvoy et Hugh Jackman dans le film X-Men : Days of Future Past de Bryan Singer. Les trois mutants attendent l'ouverture de Cerebro.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, c’est bel et bien ce dernier et non Wolverine le personnage principal de ce nouvel opus. C’est lui qui fait le lien entre les deux univers. En effet, l’immortel est envoyé dans le passé car il est le seul à pouvoir supporter le voyage. Mais l’idée vient de Xavier. Une fois arrivé dans les années 70, Wolverine tombe sur un professeur accro à la drogue qui a préféré renoncer à ses pouvoirs afin de retrouver sa mobilité. A partir de ce moment, James McAvoy vampirise l’écran. Xavier a toujours représenté l’équilibre dans la saga. Le fait de le voir complètement anéanti apporte un enjeu dramatique énorme. Days of Future Past est, en plus du film de science fiction ultra maîtrisé, un parcours initiatique passionnant durant lequel Xavier devra trouver sa propre voie mais également redonner la foi à Mystique et son vieil ami Magneto, tous deux brillamment interprétés par Jennifer Lawrence et Michael Fassbender.

Le plus fort, c’est que Singer n’oublie pas les autres mutants à commencer par Wolverine, plus en retrait et plus confiant que dans les autres épisodes. Quand il est bien dirigé et n’enchaîne pas les punchlines en allumant son cigare, Hugh Jackman gagne énormément en charisme et sait être touchant, ce qui n’était pas du tout le cas dans Le combat de l’immortel de James Mangold. Si l’on ne voit pas assez les acteurs de la trilogie originale ainsi que certains nouveaux comme Omar Sy, tous ont leur importance. Pour la première fois dans l’histoire de la franchise, on a l’impression que chaque scène est nécessaire et que chaque péripétie est fondamentale pour aboutir à ce final exemplaire qui clôt une aventure débutée quatorze ans plus tôt et annonce l’ultime épisode de la nouvelle trilogie, Apocalypse.

Si Days of Future Past est un film de science fiction époustouflant, il ne faut évidemment pas oublier tout le propos symbolique de la saga et du comics, celui de la résistance contre l’oppression représentée ici par le génial Peter Dinklage, un homme déterminé à éradiquer les mutants pour assurer la survie des humains, des êtres inférieurs voués à la disparition. Bryan Singer vient de réaliser un blockbuster impeccable qui trouve une cohésion parfaite entre ses scènes d’action, son développement des personnages, son scénario complexe, son humour juste et ses idées de mise en scène époustouflantes. On en a la preuve avec la séquence de Quicksilver, combinaison idéale de tous ces éléments qui prouve l’évolution visuelle de la saga et le talent que possède Singer dans sa maîtrise du temps et de l’espace. L’année est loin d’être terminée mais nous sommes persuadés que dans son genre, X-Men Days of Future Past sera difficilement détrônable.

Ce contenu a été publié dans Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *