Critique : De l’autre côté du périph – Double détente

Affiche du film De l'autre côté du périph de David Charhon sur laquelle Omar Sy et Laurent Lafitte posent face à l'objectif. Sy rit alors que Lafitte est très sérieux. Au second plan, nous distinguons Paris et sa périphérie.

Un peu plus d’un an après la sortie du phénomène Intouchables, Omar Sy revient dans les salles accompagné d’un nouvel acolyte, Laurent Lafitte (Les petits mouchoirs). Mais cette fois-ci, il change de registre puisque De l’autre côté du périph est un buddy movie à la française. Le dernier souvenir que l’on a du genre, c’est Protéger et servir, immondice qui a fait baissé la vue de tous les malheureux qui sont tombés dessus. Il n’était donc pas difficile de livrer un résultat supérieur. Mais avec un comédien aussi apprécié, il est également facile de se mettre en pilote automatique puisque le long métrage est destiné à faire un carton.

Ousmane Diakité est un flic de la section financière de Bobigny. Depuis plusieurs mois, il s’acharne à démanteler un réseau de jeux clandestins dans lequel des gros bonnets sont mouillés. Lorsqu’il retrouve la femme du premier patron de France morte dans les environs du trafic, Diakité doit faire équipe avec François Monge, un policier de la criminelle. Venant de deux mondes différents, les enquêteurs vont devoir user tour à tour de leur méthode respective pour découvrir de nouveaux éléments.

Du côté du scénario, rien de neuf. Les rebondissements s’enchaînent avec convenance, les découvertes sur l’enquête ne sont jamais surprenantes et le spectateur assiste bien sagement à un déroulé de péripéties réchauffées mais pas forcément ennuyeuses. Après le très mauvais Cyprien, qui réduisait les geeks au rang de puceaux baveux bouffeurs de pizzas, David Charhon utilise mieux ses références. Nous avons le flic comique et le tombeur sérieux. Le black et le blanc. Les Stan Smith et les Weston. Hommage aux œuvres des années 80 qui ont bercé notre enfance telle que les sagas L’arme fatale, Le flic de Beverly Hills ou 48 Heures, De l’autre côté du périph n’oublie pas son patrimoine national, représenté par toutes les œuvres du Belmondo cascadeur façon Le professionnel ou Peur sur la ville. En revanche, ce qu’il n’a pas pris de ses prédécesseurs, c’est le sens du cadrage et du montage. On se retrouve ainsi avec des plans dégueulasses et des scènes d’action foireuses.

Photo d'Omar Sy et Laurent Lafitte dans le film De l'autre côté du périph. Les deux acteurs sont face à l'objectif devant un très grand immeuble de la région parisienne.

Le plus réussi dans le film est évidemment le duo principal. Omar Sy fait son numéro habituel, ses pas de danse, ses éclats de rire et autant vous prévenir, si vous commencez à être agacé par le personnage, évitez de vous rendre au cinéma. Ce qui est énervant, c’est le côté pathétique du protagoniste qui n’était pas nécessaire. Ousmane est présenté comme une ancienne victime et ce propos démago gâche notre plaisir car le comédien n’avait pas besoin de ça pour rendre Diakité attachant. Face à lui, Lafitte est impeccable. Pervers, raciste, ce petit fils à papa détestable est sans doute la meilleure surprise du film. Evidemment, la rédemption finale est un passage obligatoire mais l’on aurait préféré que l’aspect politiquement incorrect soit assumé jusqu’au bout.

Pour les personnages secondaires, ils sont délaissés au profit des acteurs principaux qui prennent toute la place, comme c’est souvent le cas dans les comédies françaises. La présence de Zabou Breitman (Narco) est assez anecdotique. Les méchants patrons sont joués par des tronches de dispensés de sport, à commencer par Lionel Abelanski (Mais qui a tué Paméla Rose ?), le second rôle dégarni le plus sympathique du cinéma français.

De l’autre côté du périph, c’est pas terrible du tout mais c’est porté par deux types talentueux qui s’échangent des punchlines parfois bien senties. Après, il y a des longs métrages bien plus intéressants qui méritent le coup d’œil en ce moment.

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3 réponses à Critique : De l’autre côté du périph – Double détente

  1. Lionel Abelanski dit :

    Merci pour le commentaire très sympathique à mon égard mais je fais du sport ! Joyeux Noel et Bonne Année !

    • Kévin Romanet dit :

      Nous n’en doutons pas Lionel 🙂

      Merci beaucoup pour votre commentaire !
      Très bonne année à vous aussi !

  2. PKCiné dit :

    « S’il existe des casiers vierges, le tien a dû faire quelques tournantes » XD J’ai ri. Mais pas trop quand même.
    Je retrouve le sens de mon article à lecture du tien. On a donc vu le même film : plutôt rassurant !

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