Critique : Do not disturb – I love you man

Affiche de Do Not Disturb d'Yvan Attal sur laquelle François Cluzet et Yvan Attal sont côte à côte dans un lit. Cluzet regarde Attal avec interrogation alors que ce dernier n'ose à peine le regarder.

Les acteurs français sont bien décidés à remettre en cause leur orientation sexuelle. Gilles Lellouche et Jean Dujardin se sont lâchés avec le féroce film à sketches Les Infidèles dans lequel une poignée de mâles enchaînait les conquêtes avant de se rendre compte de l’arnaque et de commencer à se poser de sérieuses questions. Aujourd’hui, c’est au tour d’Yvan Attal (Ma femme est une actrice) et François Cluzet (Les petits mouchoirs) de se prêter au jeu dans une comédie où la gay attitude s’apparente à un univers créatif dans lequel les deux compères ont envie de pénétrer.

Ben et Jeff sont des amis de longue date. Un soir, le second débarque chez le premier. Ils ne se sont pas vus depuis des années et ils sont contents de se retrouver. Tellement contents que lorsqu’à une soirée le festival Hump qui privilégie les films pornographiques « arty » est abordé, Ben et Jeff décident de se lancer dans un projet unique, celui de tourner un moyen métrage dans lequel deux hétéros tentent une expérience homosexuelle.

On pensait vraiment qu’Attal allait se défouler avec Do not disturb. On ne voulait pas que l’acteur-réalisateur tombe dans la vulgarité et la facilité mais qu’il nous propose une comédie méchante et cruelle, ce qui n’est pas du tout le cas. Au contraire, l’artiste préfère se concentrer sur les relations entre ses protagonistes plutôt que sur les ressorts comiques que lui permet son sujet et même si certaines répliques sont très bien senties, le spectateur ne rit jamais aux éclats. Do not disturb traite davantage du couple et de l’amitié que de l’homosexualité en elle-même et on a l’impression qu’Attal s’offre avec ce film une thérapie comme Judd Apatow l’a fait sur la grossesse avec En cloque mode d’emploi ou la crise de la quarantaine avec son nouveau bébé, This is 40.

Photo de François Cluzet et Yvan Attal dans le film Do Not Disturb d'Yvan Attal. Côte à côte, les deux acteurs observent un troisième personnage et lui sourient dans une maison.

Même s’il est le remake de Humpday, on sent que Do not disturb n’en reste pas moins une œuvre personnelle et l’on comprend que les questions abordées sont chères à l’auteur. La réalisation est soignée, Attal fait un travail propre, dirige des comédiens qui sont tous excellents, de François Cluzet à Laetitia Casta , en passant par le couple barré Gainbourg-Argento. Mais le spectateur reste en surface. On voit l’amusement général mais l’on n’y participe pas. On s’attend à la fin prévisible et même si beaucoup de spectateurs ont été déçus, il faut admettre que c’est ce que l’on a préféré du film car elle résume très bien le tendre message qu’a voulu nous faire passer Attal.

Sans être complètement inintéressant, Do not disturb est un long métrage qui nous laisse passif et qui ne restera pas dans nos mémoires. On vous conseille de le voir pour vous faire une idée car nous n’en avons pas vraiment finalement et c’est dommage car le sujet du film aurait pu soulever des débats bien plus croustillants.

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