Critique : Echange Standard – Le bonheur des uns fait le malheur des autres

Affiche du film Echange Standard sur laquelle nous découvrons Jason Bateman et Ryan Reynolds face à l'objectif sur deux photos différentes. Le premier tient deux enfants dans ses bras alors que le deuxième est entouré de deux filles.

Les comédies qui parlent du changement soudain d’un corps, il y en a eu un paquet à Hollywood. On a donc vu l’évolution prématurée comme dans Big (1988) avec Tom Hanks mais aussi l’échange de corps comme Dans la peau d’une blonde (1991) réalisé par le grand Blake Edwards ou Freaky Friday (2003) de Mark Waters. C’est ce dernier concept que reprend Echange Standard, comédie potache et vulgaire bien moins régressive qu’elle n’y paraît.

Il faut le dire, le film commence plutôt bien. La mise en place des personnages est sympathique et l’on prend plaisir à retrouver un casting pas désagréable du tout, comme Jason Bateman, Leslie Mann ou encore Olivia Wilde (vue récemment dans Time Out). Pour ceux qui s’attendent à une comédie toute mignonne et subtile, ce ne sera pas vraiment le cas. Les trois quarts des blagues se situent en dessous de la ceinture et il y aura des prouts et du caca pendant tout le film. Les deux héros, meilleurs amis, sont deux hommes complètement opposés et vont devoir faire face à leur quotidien respectif. L’un devra donc changer les couches pleines des enfants et l’autre se mettre dans la peau de son pote frimeur et dragueur.

Les scénaristes essayent de faire de l’humour trash mais on ne se retrouve qu’avec des situations bien grasses. Au fond, ce n’est pas qu’on aime pas ça mais 90% des comédies américaines suivent ce schéma et beaucoup ne méritent pas forcément le coup d’œil. C’est un peu le cas d’Echange Standard. Le ressenti que l’on a n’est pas totalement négatif mais on a déjà vu ça. Beaucoup (énormément ?) de fois.

Le film contient tout de même des passages tendres obligatoires qui prouvent l’évolution des protagonistes. On tombe donc dans les bons sentiments mais l’on n’est jamais vraiment ému ou attaché à ces deux bonhommes comme c’est par exemple le cas dans Funny People (2009) ou I Love You Philip Morris (2009). La faute n’est pas celle des acteurs mais plutôt du manque d’originalité du script qui aurait pu pourtant nous amener sur des sujets plus vastes avec un concept comme celui-ci. Jason Bateman et Leslie Mann sont certes deux grandes figures de la nouvelle comédie américaine, cela ne suffit pas forcément. On croyait à l’explosion de Ryan Reynolds lors de la sortie de Buried (2010) et à son attachement pour des projets moins calibrés. Mais l’on devra encore attendre.

On ne passe pas un mauvais moment, mais au final tout ça se révèle un peu trop… Standard.  Avec une idée telle que celle-ci, le résultat aurait pu être un peu plus poussé. En cette période festive, vous pourrez vous laisser tenter par un divertissement gentillet ou vous reporter plutôt sur le DVD de l’excellent Mes Meilleures Amies qui vient tout juste d’atterrir dans les bacs.

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